• A Paris, après l'évacuation du matin, le mouvement "Nuit debout" reprend


    CategoriesA Paris, après l'évacuation du matin, le mouvement "Nuit debout" reprend. Le démantèlement du campement de la place de la République lundi matin n'a pas douché l'enthousiasme des partisans du mouvement "Nuit debout": lundi soir, ils étaient encore des centaines à refaire le monde au coeur de Paris rapporte Yahoo.

    Indignation à la Nuit Debout à Paris des CRS jettent une marmite de soupe. Cette nourriture était censée être distribuée aux personnes rassemblées sur la place. Les gens s’indignent de ce gaspillage et exigent des explications de la part du gouvernement selon Christophe Reyns.

    Quelques centaines de Parisiens se sont retrouvés ce lundi soir sur la place de la République. Pourtant, ce lundi matin, les forces de l’ordre avaient évacué leur campement. La situation ne pouvait être que tendue avec les policiers. En début de soirée, une polémique, voire un scandale pour beaucoup, a éclaté : vives réactions sur les réseaux sociaux. Les CRS ont renversé une marmite de soupe dans le caniveau. Celle-ci devait être distribuée aux participants du rassemblement à la « Nuit debout  » place de la République.

    Jean-Luc Mélenchon s’est offusqué de ce gaspillage sur son compte Twitter : « Cette soupe #NuitDebout était immangeable par Valls. Jetée au caniveau ! »

    Selon le Huffington Post, la marmite de soupe aurait été renversée par les CRS car ils avaient ordre de bloquer tout ravitaillement. Les policiers bloquent encore à cette heure tout accès à la nourriture ainsi qu’à la sono. Sur Twitter les gens s’en indignent. Ils exigent aussi des explications au sujet de la marmite de soupe renversée.

    "La Nuit Debout ne s'arrête pas, ça doit continuer" a dit à l'AFP Gregory, 24 ans, membre de la commission presse.

    Depuis onze jours, la place de la République est devenue l'épicentre d'un mouvement citoyen inédit, lancé au soir du 31 mars contre le projet de loi travail "et le monde qui va avec", qui a essaimé dans plus d'une cinquantaine de villes.

    Les manifestants se sont retrouvés chaque soir, souvent par milliers, dans une ambiance de kermesse et de forum altermondialiste.

    Mais leur autorisation de se réunir a expiré dimanche soir. L'évacuation de lundi matin, qui s'est déroulée sans heurt, a vidé la place de ses stands, tentes et matelas.

    "Des gens avaient dormi là une semaine, créé des potagers, monté des tentes", "maintenant on ne peut plus" raconte Grégory en désignant les CRS et gendarmes mobiles qui veillent a proximité et ont tenté d'empêcher les militants d'apporter marmites de soupe et sono.

    Finalement, la "cantine" s'est réinstallée, et l'assemblée générale a repris, jeunes et moins jeunes se relayant au micro pour parler droits de l'homme, constitution ou encore éducation devant des centaines de personnes assises par terre autour d'eux.

    "on a besoin de rêveurs, de vous" dit un anti-pub, proposant à son auditoire de recouvrir les publicités des environs par des "affichages beaux, poétiques et utopiques".

    D'autres ont appelé à rejoindre les étudiants mardi à 16H30 à la gare Saint-Lazare pour un rassemblement en soutien aux cheminots.

    De part et d'autre de la place, des petits groupes refont le monde, discutent calmement avec les forces de l'ordre ou dansent au rythme des tamtams ou d'une fanfare.

    "C'est un mouvement citoyen, pacifiste qui vise à ouvrir un débat nouveau", définit avec enthousiasme Grégory. "La force de la chose c'est que c'est une masse critique de citoyens. On espère que ça ne soit pas repris par les politiques" confie l'étudiant à la barbe fournie.

    - 'On n'est pas fatigués' -

    En province aussi, pas question de baisser les bras. "Le désir de tout le monde est de prendre plus de pouvoir sur nos sociétés et nos vies", expliquait Cyril, l'un des organisateurs du mouvement à Lyon.

    "La lutte continue, on n'est pas fatigués", résumait un slogan lancé par les manifestants parisiens place de la République.

    Parmi eux, Françoise, retraitée, est venue tous les soirs depuis le début du mouvement: "Ça me plaît beaucoup de voir un mouvement en pleine construction et qui redonne la parole à tous sans exception."

    Partir? Rester? Occuper un autre lieu?

    De nombreuses questions ont été soulevées par les incidents dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque quelques centaines de personnes ont voulu se rendre au domicile du Premier ministre Manuel Valls. Huit personnes ont été interpellées et des dégradations déplorées par les autorités.

    "On ne veut pas que le mouvement soit montré pour ce qu'il n'est pas, ce n'est pas un mouvement violent", affirme une des initiatrices du mouvement, qui se fait appeler Camille.

    "On peut discuter, dialoguer (?), mais si ça tourne à la violence, on ne peut pas tolérer", a mis en garde lundi le patron du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

    La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (Les Républicains) avait jugé la veille "souhaitable qu'on évacue la place de la République ou alors, si on ne l'évacue pas, que les manifestants eux-mêmes la sécurisent et empêchent la casse, l'agression des policiers, les dérapages".

    Les maires de Paris et des IIIe, Xe et XIe arrondissements ont promis de rester "intransigeants face aux débordements et aux violences": "S'il est légitime de rêver d'un autre monde, il ne l'est pas de dégrader celui-ci."

    Pour Séverin Graveleau et Marine Miller du journal le monde c’était l’une des nouveautés, et l’un des succès, de la Nuit debout parisienne de dimanche 10 avril : l’espace Debout éducation populaire a permis à chacun de débattre et apprendre sur un sujet donné. Comme les autres, le stand a été détruit par les forces de l’ordre, lundi 11 avril au matin, place de la République. Et, comme pour les autres, ses responsables n’attendent qu’une chose : réinstaller, ici ou ailleurs, sa grande bâche bleue.

    Dans cet espace un peu à l’écart de l’agitation et organisé comme un amphithéâtre, il n’y a ni estrade, ni chaise, ni bureau, en cet après-midi de dimanche. Plus d’une centaine de personnes y sont rassemblées, toutes assises sur le bitume, au même niveau. Les intervenants qui se succèdent ont fabriqué un cornet en carton pour faire porter leur voix, avant l’arrivée des micros et d’une sono.

    Sans se concerter, les premiers intervenants ont choisi de parler des révolutions ; la Terreur, 1848, la Commune, Mai 68… Le programme ne précise que leur prénom et le thème qu’ils abordent, mais ce sont majoritairement, pour cette première fois, des professeurs d’histoire. Pourtant pas question de faire un cours magistral. « On ne veut surtout pas parler plus d’un quart d’heure et avoir une posture universitaire. Nous ne sommes pas là pour faire la leçon, ni pour en donner. L’objectif est de provoquer la réflexion et de faire circuler le savoir en répondant aux questions qui sont posées », explique Guillaume Mazeau, maître de conférences en histoire à Paris-I et spécialiste de la Révolution française.

    Faire sortir le savoir

    L’idée de ces débats à ciel ouvert est née dans le sillage de la mobilisation des étudiants de Paris-I contre la réforme du code du travail, notamment après les interventions musclées des forces de l’ordre à Tolbiac (dans le 13e arrondissement de Paris), le 17 mars. « Une première initiative étudiante, Alterfac, a voulu ouvrir l’université à ceux qui n’avaient pas de carte d’étudiant. Il a aussi été demandé aux profs de faire des cours sur les mouvements sociaux », raconte Euan Wall, étudiant en troisième année de licence d’histoire et d’archéologie à Paris-I et coorganisateur de Debout éducation populaire. Ce dispositif rappelle les cours alternatifs organisés lors des manifestations contre la loi sur l’autonomie des universités, qui avaient lieu en dehors de l’université en 2007.

    « Nous avons organisé mercredi [6 avril] une assemblée générale à la Sorbonne, mais il n’y avait personne, peut-être à cause des partiels. D’où l’idée de se transporter à République et de converger avec Nuit debout. La commission éducation populaire a été installée vendredi, notre tente deux jours plus tard », résume Marius Loris, doctorant à Paris-I et premier intervenant de la journée sur « l’histoire de l’état d’urgence ».

    Des débats « source d’inspiration pour le mouvement »

    Atelier de réflexion ou commission sur le travail, la démocratie, le féminisme ou la consommation, assemblées générales en tout genre… de fait la majorité des initiatives participatives mises en place depuis dix jours autour de la place de la République, et dans plusieurs autres villes de l’Hexagone, font, en elles-mêmes, œuvre d’éducation populaire.

    Ludivine Bantigny, historienne, explique :

    « Ici, on ne prétend éduquer personne, on part du principe que tout un chacun dispose d’une forme de savoir lié à son métier, à son milieu, à ses passions ou engagements diverses. »

    Entourée d’un public intergénérationnel « pas seulement limité à des étudiants », elle a animé dimanche un débat à propos de Mai 68. D’abord une prise de parole collective de vingt minutes, avec « des témoignages de gens qui ont vécu 68, d’autres qui connaissaient la période d’avantage via des textes ou des poèmes, une autre forme de culture ». Ont suivi une « petite présentation » issue de son travail d’historienne, puis un débat avec, entre autres, « ceux qui se posaient des questions sur l’héritage de 68 ; en quoi il pouvait être une source d’inspiration pour le mouvement en cours ».

    Si les organisateurs de la Nuit debout ne sont, ou ne se revendiquent, d’aucune structure particulière, l’initiative, qui a fleuri sous la statue de Marianne, s’inscrit dans un mouvement de politisation accrue de l’éducation populaire, selon le chercheur en sciences de l’éducation Nicolas Fasseur. Un mouvement incarné en France par « une bonne trentaine d’acteurs, associations, collectifs moins institutionnalisés », qui « rapproche depuis quelques années l’éducation populaire des mouvements sociaux » et lui donne « une dimension culturelle » nouvelle. Sans doute plus proche de ce qu’elle était avant la phase d’institutionnalisation des acteurs du secteur qui avait suivi la seconde guerre mondiale. Il cite Le Pavé, coopérative d’éducation populaire qui a popularisé les « conférences gesticulées », sorte de spectacle à l’intersection entre le théâtre et la conférence, toujours très politique.

    Financement participatif

    Les grandes associations d’éducation populaire, institutionnelles, et donc pas toujours bienvenues parmi les participants à la Nuit debout, regardent avec intérêt ce qui se joue dans cet atelier à ciel ouvert. « Certains de nos militants, individuellement, y participent d’ailleurs », dit Christian Gautellier, l’un des directeurs nationaux des centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Cemea).

    « Ces mouvements spontanés sont des espaces de formation citoyenne innovants, de vrais laboratoires qui s’enrichissent des débats de la place publique », salue M. Gautellier. Reste à savoir comment « articuler leur action avec nous, associations. Comment faire travailler les deux sphères ensemble », précise-t-il, et ce, afin de ne pas être « satellisé ».

    Debout éducation populaire, qui n’en est qu’à son deuxième jour d’existence, a tout le temps de se poser la question. Après le nettoyage de la place de la République par les forces de l’ordre, le stand de fortune est à reconstruire. Mais l’initiative et la volonté demeurent : « Devant l’enthousiasme des gens et le succès de l’opération, nous avons lancé un financement participatif pour pérenniser notre occupation de l’espace », annonce Euan Wall, l’étudiant coorganisateur de l’événement.

    Incroyable l'individu Jean-François Copé sur la Nuit Debout : "C'est tellement pathétique de voir cela"

    Le député-maire (LR) de Meaux, Jean-François Copé, était l'invité politique de Laurence Ferrari. S'exprimant sur la "Nuit Debout" qui a lieu depuis le 31 mars sur la place de la République à Paris, il a jugé quil était "pathétique de voir cela". "Les revendications de qui ?, a-t-il dit. D'une poignée de personnes, sans doute très respectables mais tellement déconnectées de la réalité."

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