• Bolivie: vers un «non» à un quatrième mandat pour Evo Morales?

    Bolivie: vers un «non» à un quatrième mandat pour Evo Morales?

    CategorieBolivie: vers un «non» à un quatrième mandat pour Evo Morales? Référendum constitutionnel en Bolivie, pour ou contre un quatrième mandat d'Evo Morales rapporte France 24. Plus de 6,5 millions d’électeurs boliviens étaient appelés à se prononcer ce dimanche sur une modification de la Constitution. Et d’après les premiers résultats partiels, le «non» l’emporterait rapporte RFI.

    Son image est écornée par des scandales de corruption, mais le président bolivien Evo Morales, premier président amérindien de Bolivie, compte sur ses succès en matière de réduction de la pauvreté pour obtenir le soutien des Boliviens. Ceux-ci sont appelés aux urnes dimanche 21 février pour un référendum constitutionnel qui décidera si le président socialiste pourra briguer un quatrième mandat pour la période 2019-2025.

    Elections sur fond de corruption en 2015

    De mauvais sondages reflètent les turbulences politiques que traverse en 2015 le parti au pouvoir, le MAS. Et le principal grief se nomme corruption. Depuis le mois de février, plusieurs affaires mettant en cause des personnalités proches du pouvoir ont été révélées et sont en cours d’instruction selon RFI.

    Le principal dossier concerne le détournement de plus de 8 millions d’euros qui étaient destinés à financer des projets de développement dans les communautés indigènes du pays. Autre scandale : dix jours à peine avant le scrutin, le Tribunal Suprême Electoral a éliminé les 228 candidats du parti de droite Unité Démocrate dans la région amazonienne du Beni.

    Et parmi ces candidats, il y avait Ernesto Suarez, un farouche opposant à Morales, et favori pour le poste de gouverneur dans cette région que le MAS n’a jamais réussi à conquérir. C’est la divulgation d’un sondage par un membre du parti Unité Démocratique qui a entraîné la décision du tribunal. Une décision qui suit le règlement à la lettre mais qui a bien sûr jeté un énorme discrédit sur l’indépendance de l’organe électoral et donc sur les pratiques du parti MAS.

    A l'époque déjà le chef d'Etat sous tension

    La campagne s’est clôturée ce mercredi 25 mars 2015 et le président Morales a jeté toutes ses forces dans la bataille, allant même parfois un petit peu loin. Même s’il a affirmé qu’il ne croyait pas aux sondages, Evo Morales était sur tous les fronts électoraux ces dernières semaines. On l’a notamment vu participer aux derniers meetings de campagne de ses candidats en difficulté. Avec parfois des arguments peu élégants. Le chef d’Etat a ainsi, à plusieurs reprises, menacé de ne pas financer de projets dans les villes où la droite l’emporterait, tout en assurant qu’il ne s’agissait pas là de chantage mais d’une question de loyauté des électeurs envers sa personne. Une attitude qui a provoqué la colère de l’opposition mais également de nombreux observateurs. Reste à savoir si cela suffira pour inverser la tendance qui s’est dessinée dernièrement, une tendance à ne pas confier les pleins pouvoirs à Evo Morales pour les cinq ans à venir. 

    Pour 2016 le résultat est très incertain, car la cote de popularité toujours forte du chef de l'État est érodée par l'usure du pouvoir et la baisse des cours de l'énergie.

    Evo Morales a été réélu largement en 2014 avec 61 % des voix.

    "Moi aussi je veux savoir si le peuple m'aime ou pas, c'est ce qu'il y a de plus démocratique", répètait dernièrement cet ancien berger de lamas, né dans la misère de l'Altiplano, pour expliquer la révision de la Constitution.

    Le "oui" et le "non" au coude-à-coude

    Les sondages des dernières semaines laissaient présager la victoire du "oui" à cette prolongation du mandat présidentiel, mais un sondage diffusé la semaine dernière a placé le "oui" et le "non" au coude-à-coude, avec en outre 11 % d'indécis. S'il remporte un quatrième mandat, Evo Morales promet de mener à terme son "Agenda 2025" visant à éradiquer l'extrême pauvreté.

    Le président bolivien, élu pour la première fois en 2006, est reconnu pour avoir réduit la pauvreté dans l'un des pays les plus démunis d'Amérique du Sud en réinvestissant les bénéfices des secteurs pétrolier et gazier, l'une des principales ressources du pays, dans des programmes sociaux, l'éducation et l'amélioration des infrastructures.

    Mais, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer la corruption, le gaspillage et l'autoritarisme de son gouvernement. De récentes allégations à propos d'une ex-petite amie de Morales dont la société aurait remporté de lucratifs marchés publics ont pesé sur la cote du chef de l'État.

    "Cela s'annonce comme le scrutin le plus serré qu'Evo Morales ait jamais eu à affronter depuis son arrivée au pouvoir", estime John Crabtree, politologue spécialiste de l'Amérique latine à l'Université d'Oxford.

    Le référendum proposait de modifier la Constitution pour permettre ou non, au président Evo Morales de postuler pour un quatrième mandat en 2019. Ces derniers mois, le pays s’était polarisé en pro et anti-« Evo ». Pour ses partisans, le leader indigène est un héros du peuple, mais pour ses détracteurs, c’est un dictateur en puissance qui cherche à tout prix à s’accrocher au pouvoir.

    Autour de 52%. C’est le score provisoire du « non » au niveau national, selon les premiers résultats officiels et les sondages à la sortie des urnes. Ces résultats sont encore partiels et les résultats définitifs du référendum constitutionnel devraient être connus d’ici deux ou trois jours.

    Prudence concernant les résultats

    Le pouvoir bolivien a d'ailleurs appelé à attendre les résultats officiels. Le vice-président a en effet jugé prématurée l'annonce par plusieurs médias de la victoire du «non». « Il est hautement probable que ces chiffres se modifient de manière radicale », a affirmé Alvaro Garcia Linera au cours d'une conférence de presse.

    Mais si ces chiffres se confirment, cela signifie que Evo Morales et son vice-président, Alvaro Garcia Linera, ne pourront pas se représenter fin 2019 pour briguer un quatrième mandat à la tête de la Bolivie.

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