• Ce géant américain "Monsanto empoisonneur"

    Ce géant américain "Monsanto empoisonneur"

    CategoriesCe géant américain "Monsanto empoisonneur". Le mastodonte est sous les feux des projecteurs : dans la rue, avec la «marche mondiale contre Monsanto» ce samedi 21 mai, et sur la planète finance alors que l'allemand Bayer vient de lui faire une offre pour l'avaler. Le point sur ce géant américain valorisé 44 milliards de dollars selon Marine Rabreau du figaro.

    Monsanto est en ce moment au cœur de plusieurs actualités. D'un côté, le mastodonte américain est convoité sur la planète finance: le géant allemand de l'agrobusiness Bayer voudrait l'avaler -une opération qui pourrait se chiffrer à plus de 60 milliards d'euros. De l'autre, une mobilisation contre Monsanto et autres «multinationales de l'empoisonnement» se tiendra ce samedi 21 mai: elle se la 4e «marche mondiale contre Monsanto», qui se déroulera dans environ 400 villes du monde dont une trentaine en France. Le tout alors qu'il y a deux jours, l'Europe, pressurisée entre les intimidations lobbyistes (emmenées par Monsanto), les tensions politiques et les enjeux économiques colossaux, a dû reporter un vote (très attendu et déjà repoussé) sur le glyphosate, cet herbicide présent notamment... dans le Roundup de Monsanto.

    Cette concentration d'actualités sont l'occasion de faire le point sur Monsanto.

    Le patron de Monsanto

    - Hugh Grant, né en Écosse
    - 58 ans, dont 35 ans chez Monsanto
    - Diplômé des universités de Glasgow et d'Édimbourg
    - Il entre chez Monsanto en 1981 dans la branche agrocilture. Il devient manager en 1991 et gravit les échelons jusqu'à être nommé PDG en 2003. Il a été reconduit à son poste en 2012.

    - Rémunération en 2015: 12 millions de dollars

    • Monsanto, une société qui a 115 ans

    Monsanto a été créé en 1901 par John Francis Queeny qui choisit le nom de famille de sa femme pour son entreprise. Entre 1901 et les années 1970, Monsanto est passé par la production de lasaccharine, des l'aspirine, de détergents, de savons, de plastiques, a participé à la recherche sur l'uranium dans le cadre du Project Manhattan, puis s'est lancé dans les herbicides et lesinsecticides... L'entreprise a été impliquée dans de multiples accidents industriels et scandales sanitaires, notamment concernant l'agent orange utilisé pendant la guerre du Vietnam.

    C'est en 1960 que Monsanto créé sa division Agriculture, spécialisée dans les engrais. En 1975, le Roundup est mis sur le marché: il s'agit du premier herbicide à base de glyphosate. En 1982, Monsanto parvient à modifier génétiquement une cellule de plante et réalise ses premiers essais cinq ans plus tard. En 1996, Monsanto lance le Roundup Ready, des plantes transgéniques tolérantes... à son propre herbicide, le Roundup. En 1997, l'entreprise réalise plusieurs acquisitions majeures dans les semences. À la fin des années 1990, Monsanto est devenue une société de biotechnologie à part entière. En 2000, le groupe fusionne avec Pharmacia et devient sa filiale Agriculture, avant de s'en séparer en 2002 et de devenir la «Monsanto Company» telle qu'elle est connue aujourd'hui, spécialisée dans l'agro-industrie. Depuis, elle est devenu le leader mondial des semences, à coups de rachats dans les entreprises semencières.

    • Monsanto, un mastodonte de l'agrochimie

    Selon les dernières chiffres publiés dans son rapport annuel 2015, Monsanto c'est:

    - 22.500 employés, dans 66 pays
    - Un chiffre d'affaires de 15 milliards de dollars
    - Un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars

    • Une capitalisation boursière de 44 milliards de dollars

    Lorsque le groupe s'est introduit en Bourse le 31 décembre 2001, l'action valait 13,53 dollars. Le titre a atteint son plus haut niveau en juin 2008, à 126,44 dollars. Aujourd'hui, il vaut presque 100 dollars à Wall Street, portant la capitalisation boursière de Monsanto Company à presque 44 milliards de dollars.

    Ces dernières années, le groupe a investit massivement dans le nouvel eldorado du Big Data: Monsanto vise le traitement des données, notamment les systèmes de prévisions météorologiques. Objectif: s'adapter aux changements climatiques, qui peuvent avoir des effets sur les maladies et les insectes. Et explorer les marchés encore peu exploités dans le monde, notamment l'Afrique ou l'Amérique du Sud. L'entreprise s'est également lancée dans les pesticides bio, pour s'adapter aux évolutions de l'opinion publique et des pratiques des agriculteurs.

    • Un géant convoité

    Le secteur de l'agrobusiness, déprimé par la chute des cours des matières premières, est en pleine concentration. Monsanto, dont le chiffre d'affaires et le bénéfice net ont été en repli en 2015 (ce qui n'était pas arrivé depuis 2010) est au cœur des mouvements et rumeurs actuelles de rachat et autres fusions. Dernière offre en date, celle (non sollicitée) du géant chimique et pharmaceutique allemand Bayer. Il s'agirait pour Bayer (qui pèse 80 milliards d'euros) de la plus grosse acquisition de son histoire: selon les estimations des analystes, l'opération pourrait se chiffrer entre 50 et 65 milliards d'euros. Un autre allemand, BASF, serait également sur le coup pour avaler Monsanto.

    Récemment le chinois ChemChina a proposé 43 milliards de dollars pour s'emparer du suisse Syngenta (numéro un mondial), que Monsanto convoitait l'an dernier. Les régulateurs sont en train de vérifier l'opération. En ce moment, deux autres gros du secteur, les américains DuPont et Dow Chemical sont en train de fusionner.


    En octobre prochain, un tribunal international, baptisé «Tribunal Monsanto», fondé par un collectif de juristes, d'avocats et d'ONG à La Haye aux Pays-Bas, jugera la multinationale pour «écocide», autrement dit pour «destruction de l'environnement». Ce tribunal, emmené notamment par Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement sous le gouverment d'Alain Juppé, et Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice du documentaire «Le Monde selon Monsanto». n'aura toutefois pas de reconnaissance institutionnelle.

    Mais qu'est-ce qui pousse ces gens à manifester?

    La malbouffe arrive pas à pas sur le devant de la scène des préoccupations humaines. Alors que les Etats à l'échelle mondiale ne font rien pour régler le problème, de simples gens descendent dans les rues de leurs villes pour dénoncer la multinationale Monsanto, les pesticides et les OGM. Eclairage de Sputnik, en plein manifestation à Paris.

    Bienvenus à la marche mondiale contre Monsanto. Dans la capitale française, les rues sont pleines de manifestants cet après-midi. Les pancartes dans leurs mains disent "Monsanto entreprise criminelle", "OGM, j'en veux pas", "Monsanto coupable d'écocide", "LeurSanto n'est pas MONsanto", "Monsanto, casse-toi ou je te pique!", "Monsanto empoisonneur" et d'autres slogans éloquents. Sputnik a donné la parole à des participants pour décrypter les raisons de cette indignation transformée en manifestation.

    Monsanto, en tant que plus grand producteur de produits chimiques, de pesticides et de produits génétiquement modifiés, est par conséquent le plus gros producteur d'aliments malsains, explique une des manifestantes.

    "Je suis là pour résister, car je me rencontre que les Etats à l'échelle mondiale ne font rien pour résister à l'hégémonie, à l'emprise des multinationales sur l'industrie agroalimentaire", affirme la jeune femme. "L'enjeu sanitaire, l'enjeu alimentaire, l'enjeu économique ne les intéressent absolument pas… Il n'y a que la mobilisation humaine, citoyenne, spontanée qui essaye de résister face à ce drame sanitaire et alimentaire".

    Cette année, il y a au moins 5.000 Parisiens venus crier leur colère face à Monsanto. La marche est totalement spontanée, à l'initiative originelle du collectif d'engraineurs.

    "Ce n'est pas une association, pas un organe, pas un parti politique, pas un syndicat, c'est vraiment un mouvement citoyen de personnes qui s'inquiètent, se réunissent et essayent de réagir", poursuit l'interlocutrice de Sputnik.

    Ces gens se mobilisent pour défendre leur droit à l'agriculture écologique, à une alimentation transparente, de manger d'une manière saine pour l'être humaine et pour la terre aussi, car ils prennent conscience que l'Etat ne fera rien. Il s'avère que la seule chose que gère l'Etat, c'est l'enjeu économique, et en ce qui concerne les problèmes écologiques et sanitaires, ils sont déjà au-delà de ses intérêts.

    "Les Etats du point de vue politique sont tellement pollués par les multinationales qui ont une emprise de pouvoir… Et c'est à nous, nous humains, de réagir", résume la jeune femme.

    Ce samedi, pour la quatrième année consécutive, des gens de tous les coins du monde se lancent dans les rues pour participer aux marches et aux actions contre le géant américain Monsanto. Année après année, les rassemblements prennent une ampleur de plus en plus impressionnante, avec de plus en plus de gens alarmés par le problème.

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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