• Coups de matraques et de gazeuses, l’évacuation brutale de l’université de Tolbiac

    Coups de matraques et de gazeuses, l’évacuation brutale de l’université de Tolbiac

    CategoriesCoups de matraques et de gazeuses, l’évacuation brutale de l’université de Tolbiac. Ce jeudi 17 mars, plusieurs dizaines d’étudiants s’étaient réunis pour une assemblée générale de protestation contre la loi El Khomri. En fin d’après-midi, les CRS ont violemment évacué l’université et ses abords selon Steet Press.

    18h, rue de Tolbiac – Plusieurs dizaines de CRS pénètrent dans la fac, sous les cris des étudiants :

    « Police nationale, milice du capital ! » 

    Depuis 17h30 environ, une trentaine d’étudiants est réunie dans un amphi de l’université Paris 1 « pour une assemblée générale », nous explique l’un d’entre eux. Un peu plus tôt dans la journée, ils défilaient dans les rues de Paris pour protester contre la loi El Khomri. A peine une demi-heure après leur arrivée, les CRS font irruption dans la salle. Selon les étudiants présents, l’évacuation est brutale. Plusieurs d’entre eux témoignent de coups de matraques.

    Une fois à l’extérieur, la trentaine de jeunes est entourée par les forces de l’ordre. Après quelques minutes, ils tentent de forcer le passage. La réponse des CRS est brutale. Plusieurs étudiants sont violemment plaqués au sol. Pour arrêter ceux qui tentent de s’échapper, les hommes en bleu n’hésitent pas à employer la matraque. 

    Vers 19h, les pompiers arrivés 30 minutes plus tôt repartent avec les blessés. Les fourgonnettes de police ne tardent pas à les suivre avec, à leur bord, des étudiants menottés.

    A la suite de ces événements, les cours ont été suspendus jusqu’à lundi.

    VIOLENCES POLICIÈRES : BRISONS LE SILENCE

    Pendant 18 mois, l’ACAT a réalisé un état des lieux des violences policières en France. Au terme de son enquête, elle publie un rapport intitulé « L’ordre et la force » pour briser le silence autour de cette question rapporte ACAT France.
     
    Ce rapport repose sur l’analyse de 89 cas d’utilisation excessive de la force par la police et la gendarmerie. Il met en évidence dans quelles conditions, avec quelles méthodes et quelles armes sont commises les violences policières. Au regard du bilan humain de l’utilisation de certaines armes (Flashball, Taser) et gestes d'immobilisation, l’ACAT considère que des réformes doivent être engagées pour les encadrer plus strictement.

    Si les violences policières sont relativement rares au regard du nombre d’interpellations quotidiennes, leur fréquence est loin d’être anodine, et les victimes se comptent par dizaines. Aujourd’hui, les forces de l’ordre françaises jouissent d’une relative impunité lorsqu’elles sont responsables de violences qui violent les principes de proportionnalité et de nécessité.

    Sur les 89 situations examinées, seules 6 ont fait l'objet de condamnations à ce jour. Difficulté de déposer plainte, d’obtenir une enquête effective, disparition d’éléments probants, déclarations manifestement mensongères des forces de l’ordre, durée excessive des procédures pénales, menace de condamnation pour outrage et rébellion… Obtenir justice est souvent un parcours du combattant. Lorsque les agents sont condamnés, les sanctions sont faibles au regard d’autres condamnations pénales prononcées en France.

    Les dégâts causés par différentes armes intermédiaires, comme le Flashball ou le Taser, sont importants. Au moins 39 personnes ont été grièvement blessées et un homme est mort à la suite de tirs de lanceurs de balles de défense depuis 2005, dont 12 mineurs. Certains gestes d'immobilisation utilisés par les forces de l’ordre sont parfois mortels, comme le plaquage ventral ou le pliage. L’ACAT a recensé 8 décès depuis 2005 dus à ces techniques. Ce lourd bilan humain impose que des réformes soient engagées pour encadrer plus strictement ces armes et gestes.

    Le ministère de l'Intérieur fait preuve d’une opacité flagrante concernant les violences commises par ses agents. Aucun chiffre n’est rendu public sur le nombre de personnes blessées ou tuées lors d’opérations de police ou de gendarmerie, et aucune donnée exhaustive n’est publiée sur l’utilisation des armes ou le nombre de plaintes contre des agents des forces de l’ordre pour des faits de violences.

    Il n’est pas question de retirer des moyens à la police, mais d’augmenter son efficacité en faisant en sorte que la population lui accorde plus de confiance. Ce n’est que dans le respect de la déontologie et des droits de l’homme qu’un lien de confiance s’établit entre la population et les forces de police .

    Nos demandes :

    • la création d’un organe d’enquête indépendant
    • l’interdiction des lanceurs de balles de défense
    • la publication annuelle de chiffres relatifs à l’usage de la force par les policiers et gendarmes : sur les utilisations d’armes, les sanctions disciplinaires pour des faits de violences et le nombre de personnes blessées ou tuées dans le cadre d’opérations de police ou de gendarmerie.


    par Eugénie Yvrande , Barbara Hinderholtz

    Illustration Capture d'écran ©Youtube Sans langue de bois

    URL de l'article

    "Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d'auteurs et d'organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens."

    Categories

    « Les très étranges priorités de la Mairie de ParisEcologie : Militants écologistes placés sur liste « S » par les dictateurs »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , ,