• Fête de l'Humanité 2016 : Jean-Luc Mélenchon : « la conscience est l’enjeu de la lutte ! »

    Fête de l'Humanité 2016 : Jean-Luc Mélenchon : « la conscience est l’enjeu de la lutte ! »

    CategoriesFête de l'Humanité 2016 : Jean-Luc Mélenchon : « la conscience est l’enjeu de la lutte ! ». A l’Agora de la Fête de l’Humanité, le candidat à l’élection présidentielle a appelé à une grande mobilisation contre la peur et contre les forces de la finance. « Je ne suis pas candidat contre les partis », a-t-il assuré rapporte JEAN-JACQUES RÉGIBIER du journal l'Humanité.

    D’entrée de jeu, Jean-Luc Mélenchon a tenu à faire une mise au point sur le fond de ses intentions politiques, au moment où il se lance dans une nouvelle campagne présidentielle qu’il considère comme « décisive » : « où bien je suis élu, ou bien il me faudra changer de poste de combat ! » a-t-il asséné devant une Agora surchauffée. Son constat fondamental sur l’état de la société française au moment où débute cette campagne, c’est la désorientation complète dans laquelle se trouve la majorité des gens, aussi bien à gauche qu’à droite.

    Une situation explosive, conséquence, selon lui, de dix années de règne sans partage de la finance sur toutes les sphères de la société, et qui frappe toutes les catégories sociales, c’est ce qui est nouveau. Aussi bien celui qui travaille mais ne peut pas vivre de son salaire, que le cadre supérieur mis à la porte pour être remplacé par un jeune qui sera doté d’un contrat au rabais, et sous-payé. « Les gens ne s’y retrouvent plus », résume Jean-Luc Mélenchon, « neuf millions de personnes vivent dans la pauvreté », et pourtant, ce n’est pas la parole progressiste qui a la main. La seule chose qui est en mesure de rassembler, « c’est l’insoumission », scande-t-il sous une salve d’applaudissements, reprenant le titre du mouvement qui porte aujourd’hui ses couleurs.

    Samedi 10 septembre à 15h00, suivez en direct le discours de Jean-Luc Mélenchon à la fête de l'Humanité. N'hésitez pas à partager cette vidéo sur les réseaux sociaux afin d'assurer sa diffusion.

    Mélenchon repousse la critique qui lui a été adressée d’une candidature en solo qui se ferait en marge des autres forces de gauche, et sans concertation avec elles. « Je ne suis pas candidat contre les partis », veut-t-il convaincre, et il énumère, « je suis écologiste, républicain, socialiste… »

    Quelle chance sa candidature a-t-elle de déboucher sur un résultat qui changerait la donne politique et la situation dans laquelle le pays se trouve englué ? Jean-Luc Mélenchon a fait ses calculs. Rappelant que Jean-Marie Le Pen était parvenu au second tour de la présidentielle de 2002 avec 4 millions huit cent mille voix, il considère en disposer de son côté déjà de 4 millions et pense qu’il est possible de convaincre deux millions de personnes supplémentaires, « il faut aller chercher les résignés, les abattus (…)Nous pouvons y arriver. »

    Même s’il considère qu’à l’heure actuelle, ce n’est pas le camp progressiste qui a la main (une situation commune à toute l’Europe où c’est la droite et l’extrême-droite qui dominent), il veut qu’on la reprenne, et en est convaincu : « on sera au deuxième tour ! » Discours militant, mobilisateur, largement applaudi, mais comment rassembler suffisamment dans la conjoncture ? C’est sans doute là que Jean-Luc Mélenchon se distingue actuellement de tous les autres candidats déclarés à gauche.

    Il rejoint aussi une préoccupation parfois confuse, souvent en recherche de la bonne formulation, mais qu’on entend un peu partout ce week-end dans les débats, les textes ou les simples discussions qui se déroulent à la Fête de l’Humanité : c’est du côté des gens, de tous les gens, dans leur multiplicité, leur variété, dans leurs différentes manières de voir le vivre-ensemble, que la politique, c’est-à-dire, la démocratie, doit passer.

    Vidéo: Fête de l'Humanité 2016 - Discours de Pierre Laurent aux personnalités

    Discours aux personnalités du monde associatif, syndical, culturel et politique. Samedi 10 septembre 2016 - Stand national des communistes.

    Mélenchon cite Marx: c'est la conscience qui est l’enjeu de la lutte (pas la richesse). Pour conquérir cette « hégémonie idéologique », il faut tabler sur la richesse de l’histoire de France dans ce domaine, spécialement bien sûr sur ses révolutions, la grande et toutes celles qui ont forgé le XIXème siècle. « La résistance à l’exploitation, c’est culturel » pour Jean-Luc Mélenchon, il en voit la preuve dans la très forte mobilisation contre la loi El Khomri.

    « A la fraternité, à la force du lien social, le capitalisme veut substituer, un nouveau type de sentiment : la peur. La peur à la maison, au travail, dans la rue ». Les meurtres de masse s’inscrivent parfaitement dans ce type de logique contre laquelle Mélenchon se propose de lutter, en s’appuyant justement sur les mobilisations actuelles, dans la mesure ou, en plus de leur propre contenu, elles opposent un démenti puissant à toutes les tendances à la soumission et au repli sur soi. « La politique, ce n’est pas que de la raison pure, c’est aussi des sentiments », ajoute le candidat à la présidentielle.

    "Une candidature commune en 2017" Gérard Filoche, bureau national du PS

    Sur les grands points programmatiques de sa candidature, Mélenchon rappelle sa conviction qu’il « faut sortir des traités européens » qui ont amené à une dégradation constante de la situation économique et de celle de l’emploi depuis plus de 10 ans en France. Il appelle à « produire en France », non pas par nationalisme, mais parce qu’il faut « cesser de tout délocaliser ». « La France doit être capable d’être auto-suffisante sur tous les grands chapitres de la production et de ses besoins », explique-t-il.

    "Faire monter la nécessité de réflexion collective" André Chassaigne

    André Chassaigne participait au débat sur "La lutte pour éradiquer le chômage et sécuriser la vie de nos concitoyens" sur le stand national des communistes.

    Jean-Luc Mélenchon rappelle qu’il est aussi pour que la France sorte de l’OTAN. Il refuse en effet de voir notre pays entraîné par les Etats-Unis dans une guerre contre la Russie, une hypothèse qu’il juge très sérieuse, si l’on finit par se laisser aller – c’est aussi le credo de l’Europe - dans un soutien aux « illuminés de l’Ukraine contre la Russie ». Il assigne au contraire une toute autre place à la France dans le monde : celle d’un pays universel, conformément à sa tradition, se plaçant à la tête d’un nouvel ensemble de « pays non-alignés », indépendants des Etats-Unis, en lien avec tous ceux qui dans le monde, souffrent de l’hégémonie américaine.

    Jean-Luc Mélenchon a tendu la main à tous les autres groupes politiques, rappelant que « la France insoumise » était un mouvement, pas un parti, ni « une camisole ». Le mouvement appartient à ceux qui le font, pas à nous ! » a-t-il conclu sous les applaudissements nourris d’un public très nombreux, auquel il semble offrir une vraie alternative politique dans cette campagne. 

    Jean-Luc Mélen­chon revient sur le buzz de sa vidéo pour Gala

    Quelques jours après la diffu­sion de la vidéo de Jean-Luc Mélen­chon sur Gala, le candi­dat et sa recette de quinoa suscitent beau­coup de commen­taires de la part des inter­nautes mais aussi des autres médias, souvent inter­ro­ga­teurs, parfois critiques voire mépri­sant. Le candi­dat réagit à son buzz et assume sa commu­ni­ca­tion poli­tique sur son blog.

    “La commu­ni­ca­tion poli­tique est-elle soluble dans le quinoa ?”, “Mélen­chon, le candi­dat quinoa”… Voilà autant de titres qui agitent la presse et qui font rire Jean-Luc Mélen­chon, comme il l’ex­plique dans un billet posté sur son blog aujourd’­hui. Amusé par le buzz de sa recette minceur, le candi­dat de “La France insou­mise” tacle les médias bien-pensants et “ ces messieurs dames les impor­tants « jour­na­listes-poli­tiques” selon le magazine GALA. “Quelle jubi­la­tion tout de même de les voir courir en rangs serrés du côté prévu, ajoute-t-il. Jean-Luc Mélen­chon se réjouit d’un article qui lui permet de déli­vrer un message de manière déca­lée : “Recon­nais­sons que le ton léger et narquois aide à la diffu­sion de l’idée prônée.”

    Accusé de pipo­li­sa­tion, le candi­dat répond en rendant hommage au jour­nal qu’est Gala et en insis­tant sur la “photo magni­fique et le respect scru­pu­leux du texte de [ses] décla­ra­tions, l’am­biance d’in­ter­view sans chichi ni arro­gance.”Fier de sa stra­té­gie de commu­ni­ca­tion, le candi­dat en profite pour rappe­ler le message poli­tique et écolo­gique de son inter­view : la lutte contre la surcon­som­ma­tion de viande. Adepte du quinoa, Jean-Luc Mélen­chon n’en fait cepen­dant pas l’apo­lo­gie :  “Il vaudrait mieux d’ailleurs que le quinoa ne soit pas trop vite ni trop fort demandé par les consom­ma­teurs des pays riches. Car sinon, l’en­vo­lée du prix de ce végé­tal, (…) mettrait le quinoa hors de portée des paysans qui le mangent sur place,” explique-t-il.

    Indif­fé­rent au “qu’en dira-t-on”, Jean-Luc Mélen­chon débute sa campagne sur les chapeaux de roues avec une média­ti­sa­tion qui dépasse cette semaine ceux qui ne jurent que par la presse dite “sérieuse.”

    « Le choix de l’insoumission »

    À la rentrée de septembre paraitra au Seuil un « entretien biographique » que nous avons intitulé : « Le choix de l’insoumission ». C’est le journaliste Marc Endeweld qui mène le dialogue. Comme il est amusant de penser que son précédent ouvrage était consacré à Emmanuel Macron ! Quant à la forme, ce livre change donc des précédents dont j’ai pris la responsabilité puisque je ne n’y suis maître ni des thèmes choisis ni de ceux mis de côté. Tant mieux selon Jean-Luc Mélenchon.

    Car je dois dire que c’est un rude exercice que de revenir sur l’histoire de tant d’années consacrées à l’engagement politique. De plus il est tout à fait évident qu’il faut trier beaucoup dans la masse des évènements petits et grands auxquels j’ai participé de façon plus ou moins centrale. Et comme il ne pouvait être question d’en faire le catalogue des gens que j’ai rencontré et pratiqué, il y en a tant en Europe et dans le monde, il a fallu s’en tenir à l’essentiel de ce qui intervenait directement dans mon parcours. Mais à l’inverse, c’est toujours étrange de se voir enjamber des années, des gens et des circonstances sans s’y arrêter. Je ne le regrette pas. Je pense que les choix de mon interrogateur sont les bons. Ils sont radicalement « extérieurs » et n’impliquent pas de connivence ou de complaisances autres que celles qui surgissent naturellement de la conversation entre deux personnes qui s’intéressent à leur sujet.

    Car ce fut une conversation. Longue. Dense. Ses questions m’ont aussi agacé, parfois, cela va de soi ! Peut-être le sentirez-vous entre les lignes… Je ne sais pas comment il a supporté l’exercice mais je suis certain qu’il a bien gagné ses vacances. Je ressortais de nos séances également épuisé et bizarrement tourneboulé par ces heures passées à raconter tant de choses personnelles. L’engagement politique a occupé toute ma vie. Le fil rouge qui l’a mené ne s’est jamais rompu et pas davantage le ressort qui tend ma manière d’être du fait de cet engagement. Le sentiment étrange et que toute personne peut avoir en se retournant sur son passé pour le raconter aux siens s’aggrave chez moi du souvenir précis de la fuite en avant du monde dans lequel je me suis impliqué depuis l’âge de 16 ans.

    Ce livre est destiné à éclairer l’histoire des idées que je défends par le récit du parcours au cours duquel elles se sont forgées. Il m’a paru important de faire connaitre ma détermination actuelle comme le résultat d’un parcours de vie et d’expériences et non comme une posture de campagne. Ma cohérence vient de loin. Elle mêle les leçons de plusieurs décennies d’implication sur plusieurs continents, plus d’une dizaine de pays, de rencontre avec autant de chefs d’États, de gouvernements et de partis engagés dans la vie démocratique ou dans la lutte armée, et plusieurs milliers de femmes et d’hommes engagés anonymes, parlant quatre ou cinq langues, vivant ou morts de tant de façons différentes.

    Mieux vaut savoir que je suis donc de ce fait hors de portée des intimidations du présent et des pressions habituelles du monde des importants des médias et de la communication que j’ai vu à l’œuvre dans assez de circonstances et de lieux pour en connaître les ressorts et l’inépuisable arrogance. Cet entretien ne fonctionne donc pas comme une justification des choix qui émaillent mon parcours mais comme un bilan raisonné pour en tirer tout le suc. En tant que tel, l’objet est un défi. Car dans notre temps d’infantilisation de tous les débats, de bipolarisation de toute question en noir et blanc, de vindicte ou d’adoration également sans nuance, l’art des bilans soupesé est bien perdu.

    Publier cet entretien m’a semblé être une contribution utile pour le combat que j’entreprends en étant candidat à l’élection présidentielle de 2017 dans le but de changer le cours de l’histoire de notre pays. J’ai cru tout au long de mon engagement que ce grand retournement du cours de l’histoire était aussi nécessaire que juste. Ce que le monde a fait de lui-même confirme qu’il ne tient aucune des promesses au nom desquelles les choix progressistes ont été écartés. Penser de plus loin que depuis la dernière « Une » sensationnaliste du jour, du titre en teasing d’un article en ligne ou du dernier matraquage audiovisuel est une ardente obligation qui s’impose comme un devoir de musculation permanente pour notre cause.

    Je crois en effet qu’il faut enraciner notre campagne dans une participation de chaque personne qui s’y engagera avec le devoir de garder les yeux grands ouverts. Car nous entreprenons bien davantage qu’une campagne électorale. Il s’agit de construire en commun une conscience et une pratique commune à des millions de personnes. Cela non seulement en vue de leur vote mais en préparation de leur implication personnelle dans le processus qui suivrait notre victoire. Ce que j’ai nommé « la révolution citoyenne » n’est pas un slogan mais un programme concret de gouvernement qui ne peut se mener à la façon traditionnelle du haut vers le bas.

    Je conclus en replaçant ce livre dans le contexte éditorial qui l’inclut. Car ce livre d’entretien prend place dans un ensemble de parutions qui s’épaulent l’une l’autre. Le choix de l’insoumission, est un entretien biographique. Le livre rend compte d’un parcours. Ce n’est ni un livre programme, ni un livre de confidences intimes. Il est destiné à vous permettre de savoir si selon vous je suis ou non capable d’accomplir ce que j’annonce et de tenir bon au vu de ce qu’a été mon parcours et du bilan que j’en fais. Je vous envoie mon CV en quelque sorte. Mais cela n’a de sens qu’en relation avec le reste.

    Le livre L’Ère du peuple reste l’énoncé du projet auquel se réfère mon action. Déjà vendu à 60 000 exemplaires, il existe dorénavant dans une édition sérieusement remaniée en poche au prix très accessible de trois euros. De son côté, Le Hareng de Bismarck, vendu à 70 000 exemplaires, va faire l’objet d’une nouvelle édition en poche aussi cette fois-ci. Je vais le replacer dans le contexte du « plan b » face à l’implosion en cours du modèle libéral de construction européenne. Car à mes yeux, vous le savez, la doctrine « ordolibérale » qui gouverne l’Europe et l’a transformée en une camisole de force contre les peuples a son origine, sa continuité et ses impératifs à Berlin dans un choix commun à la droite et au PS allemands.

    Au mois de décembre paraîtra la version éditée du programme qui fait suite à L’Humain d’abord de 2012. Le texte sera issu des contributions en ligne, depuis février dernier, des auditions menées par Jacques généreux et Charlotte Girard depuis mai et des propositions des organisations politiques participantes à « la France insoumise » en septembre et octobre et enfin du vote de la première Convention de « la France insoumise ».

    Je dis que ces livres s’épaulent. Mais en premier lieu ils font appel à la réflexion, à la connaissance, à la possibilité pour chacun non pas d’adhérer tout ce qui s’y trouve mais de décider si au total la personne qui les aura lus peut s’inclure dans le combat proposé compte tenu du nombre de ses points d’accords sur le projet, la méthode et la capacité du candidat à les mettre en œuvre compte tenu de son expérience. Mon projet avec cette parution c’est qu’en me rapprochant de qui me découvrira de cette façon, je puisse du même coup être mis à distance critique raisonnée par chacun.

    Fête de l'Humanité 2016 - Que demande le peuple ?

    Une question dans les allées de la fête de l'Humanité : "Que demande le peuple ?"
    Réalisation : Titu-anya et le collectif vidéo du PCF

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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