• France 2 : Enfin un reportage objectif sur la Syrie ?

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    CategoriesMise aniveau le 1 mars 2016. France 2 : Enfin un reportage objectif sur la Syrie ? Une fois n’est pas coutume, nous relayons l’information sur ce reportage de France2 diffusé hier soir sur le conflit en Syrie : "Un Œil sur la planète. Syrie : le grand aveuglement". Ce revirement éditorial de la chaine publique marque-t-il un virage à prévoir dans la position française vis-à-vis de ce conflit ? Le récent départ de Laurent Fabius du ministère des Affaires étrangères a-t-il quelque chose à voir avec un changement vers une posture plus médiatrice de la France ? Toujours est-il Il fatto quotidiano que nous vous conseillons vivement de regarder ce reportage de Samah Soula.

    Migrants: l'Autriche instaure un quota quotidien, ultimatum des pays d'Europe centrale. Face à l'afflux de migrants, l'Autriche a décidé de limiter à 80 le nombre de demandeurs d'asile autorisés à entrer sur son territoire par jour, quand les pays d'Europe centrale ont averti qu'ils prendraient des mesures à leurs frontières sans résultats du plan EU-Turquie d'ici mi-mars rapporte le courrier Picard.

    Mais l'Autriche, avec laquelle l'Allemagne avait agi en tandem pendant des mois sur la questions des réfugiés fin 2015, a continué mercredi de durcir sa politique.

    Elle a annoncé mercredi qu'elle limiterait à partir de vendredi l'entrée des migrants sur son territoire à 80 demandeurs d'asile par jour, et à 3.200 personnes en transit.

    La veille, elle avait décidé d'introduire des contrôles généralisés à ses frontières avec l'Italie, la Slovénie et la Hongrie pour "freiner" les entrées de demandeurs d'asile.

    "L'Autriche compte parmi les Etats membres de l'UE les plus sollicités et arrive à la limite de ce qu'elle peut endurer", a justifié la ministre de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner.

    Après avoir accueilli quelque 90.000 migrants en 2015, soit plus de 1% de sa population, l'Autriche a décidé de plafonner le nombre de nouvelles demandes d'asile à 37.500 cette année et le nouveau quota permet de ne pas dépasser ce chiffre.

    Principal pays de passage en Europe centrale, la petite république alpine a appelé de ses voeux un "effet domino" qui verrait les pays des Balkans en amont du flux refermer à leur tour leurs frontières aux migrants.

    Le chancelier autrichien social-démocrate Werner Faymann a tenu à assurer que son pays continuait de soutenir les efforts de ses partenaires européens pour trouver une solution commune. Mais, a-t-il déclaré au quotidien Kurier, "nous devons nous préparer" à un échec en envisageant des fermetures de frontières.

    Les dirigeants de onze pays européens devaient se retrouver jeudi à Bruxelles, avant l'ouverture du sommet européen, pour évoquer le projet d'Angela Merkel de répartir davantage de réfugiés en Europe, en échange d'une lutte accrue d'Ankara contre la migration illégale. Leur réunion, à laquelle devaient notamment participer le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a cependant été annulée mercredi soir après un attentat meurtrier à Ankara.

    - Ultimatum -

    La plupart des Etats membres de l'EU ont montré peu d'enthousiasme devant ce projet, les dirigeants du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Rép.tchéque et Slovaquie) allant jusqu'à promettre ouvertement à la Macédoine et à la Bulgarie de les aider à verrouiller leur frontière avec la Grèce.

    Cette option aurait pour effet de laisser la Grèce en grande partie seule face à l'afflux des migrants, la laissant en fait en dehors de l'espace Schengen de libre circulation

    Ces pays ont encore monté le ton mercredi, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Tomas Prouza, qui préside le groupe de Visegrad, avertissant qu'Ankara avait jusqu'à "la mi-mars" pour "tenir ses promesses".

    "Si un afflux permanent de 1.500 - 2.000 personnes par jour se poursuit à la mi-mars, il sera clair que la Turquie manque à ses promesses et que nous aurons besoin d'un autre type de protection de la frontière européenne", a-t-il ajouté.

    La Turquie et l'UE ont signé fin novembre un "plan d'action" qui prévoit une aide européenne de 3 milliards d'euros aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les passeurs.

    Dans les Balkans, la Croatie a déployé mardi des policiers supplémentaires à sa frontière orientale "pour renforcer les contrôles" avec la Serbie.

    Le gouvernement slovène a lui annoncé mercredi avoir demandé au Parlement d'autoriser le déploiement de soldats à ses frontières pour aider à contrôler le flux de migrants.

    "La Slovénie va s'adapter aux quotas (pris par l'Autriche) avec de nouvelles mesures", a annoncé le ministre de l'Intérieur Vesna Gyorkos Znidar lors d'une conférence de presse.

    Un documentaire français livre enfin un nouveau regard sur l’opposition "modérée" pour Sputnik News. Alors que les médias occidentaux ne cessent de parler des crimes de Bachar el-Assad et luttent pour les droits des rebelles "modérés", l’émission un œil sur la planète, diffusée sur France 2 le 18 février, propose une vision plus nuancée du conflit et explique que les rebelles syriens ne se différencient pas tant que ça de Daech.

    "Syrie: le grand aveuglement" est le 52ème numéro d'un Œil sur la planète. Samah Soula, grande reportrice à la rédaction de France 2, a rejoint l'équipe du magazine pour lever la voile sur les événements en Syrie.

    "Cinq ans de guerre c'est une éternité et le bilan est édifiant: 260000 tués, 8 millions de Syriens déplacés à l'intérieur de leur pays, 4 millions de réfugiés à l'étranger. Ce qui veut dire qu’en Syrie, un habitant sur deux a dû quitter sa maison", rappelle Samah Soula.

    "Comment une guerre civile dans un petit Etat a-t-elle pu se transformer en conflit mondial impliquant les grandes puissances?", se demande alors la journaliste. "Sans doute, parce que trop d'erreurs ont été commises dès le début et peut-être aussi parce que trop d'acteurs se sont initiés dans le conflit", conclut-elle.

    C'est grâce à des journalistes comme Franck Genauzeau, qui s’est rendu sur place pour dévoiler la nature du conflit dans toute sa complexité, qu'on apprend vite à distinguer le vrai du faux.

    Dès le début, il met en évidence quelle est la répartition des forces en Syrie:

    Le gouvernement contrôle 25% du territoire, la rébellion 20%, les Kurdes au nord 15% et le reste (40%, ndlr) est aux mains de l'Etat islamique. Mais quand on regarde de plus près, on réalise que les deux tiers de la population restée en Syrie se sont regroupés dans le territoire encore contrôlé par le gouvernement syrien, explique Samah Soula.

    Certains groupes rebelles partagent "la même idéologie que le groupe Etat islamique". Grâce à "un reportage très rare, au plus près de ces groupes rebelles djihadistes, les spectateurs vont voir que leur ambition et leur détermination ne laissent aucun doute", constate la journaliste.

    Un des journalistes a pu approcher de près ladite opposition modérée à Alep ou, comment on le comprend par la suite, de vrais rebelles. Qui sont ces dizaines de fractions opposées au gouvernement légal? Leur intention de se débarrasser de Bachar El Assad devient claire après avoir regardé le film: Bachar El Assad les empêche de créer un califat. Plus rusés que le groupe Daech "officiel", ils déclinent toute appartenance à l'Etat islamique mais ne cachent pas pour autant les drapeaux de Daech, qu’ils arborent partout. 

    Le documentaire rappelle l'historique du conflit avec des images extrêmement dures, dès les premiers soulèvements de mars 2011. Les journalistes s'infiltrent dans une batterie d’artillerie artisanale où un combattant de l'opposition modéré confectionne une ceinture d’explosifs dans son propre atelier, puis il explique son idéologie: il est prêt à tuer tous les mécréants, puis se fait exploser dans un bâtiment où se trouvaient les snipers qui empêchaient les djihadistes d'avancer.

    Dans un autre reportage, une ancienne journaliste du Monde qui a vécu 8 ans en Syrie dénonce une "logique financière" dénuée d'idéaux. En combattant "on reçoit un salaire et dans un pays pauvre après cinq ans de guerre ça a du sens", constate-t-elle.

    "L'Arabie Saoudite a dépensé plusieurs milliards de dollars à financer la rébellion, les États-Unis, la Turquie, et nous, la France", déplore-t-elle.

    Pour recevoir un salaire, il faut une action d'éclat qu'on fait passer sur Internet. La première enveloppe arrive ensuite. Ces coups d’éclat sont rémunérés 300 à 1200 euros ou dollars côté rebelle. Et les gens passent d'une fraction à l'autre en fonction du salaire, constate la journaliste, car elle en a vu des exemples parmi ses voisins et ses proches. Et c'est la raison pour laquelle on quitte l'armée syrienne: le salaire y est entre 70 et 100 euros. 

    La journaliste souligne que ceux qui sont descendus dans les rues pour réclamer plus de droits et plus de libertés et ceux qui le font actuellement, mais armes en mains, ne sont pas les mêmes gens et n'ont surtout pas les mêmes intentions.

    On ne saurait que recommander le visionnage de "Syrie: le grand aveuglement", très bien documenté et qui vous apportera de nouveaux éclaircissements sur la situation en Syrie, bien plus complexe qu’on ne le pense.

    Un Œil sur la planète. Syrie : le grand aveuglement

    Tout a commencé au début 2011, quand des Syriens ont commencé à descendre dans la rue. Le pouvoir central a rapidement réprimé ce vent nouveau qui s'était levé quelques mois plus tôt en Tunisie ou en Egypte, avant de souffler un temps sur la Libye, Bahrein, le Yémen… Selon les pays, le Printemps arabe a "dégagé" des dictateurs, fait chuter des régimes, obtenu des réformes selon Samah Soula sur France TV Info… 

    Damas a fait tirer sur la foule, a bombardé des positions rebelles, rasé des quartiers, enlevé et torturé des opposants… Le régime baasiste, condamné par de nombreux pays dans le monde pour ses exactions, a tout fait pour se maintenir au pouvoir et défendre ses intérêts économiques.

    Cinq années de chaos

    En cinq ans, la guerre civile a fait plusieurs centaines de milliers de morts. Avec huit millions de déplacés dans le pays et quatre millions de réfugiés à l’étranger, c'est un Syrien sur deux qui a dû quitter l'endroit où il vivait. L'organisation Etat islamique a bénéficié du désordre intérieur, terrorisé des populations, appliqué la charia, trafiqué le pétrole et porté la violence terroriste au-delà même des frontières syriennes.

    Ce 52e numéro du magazine "Un Œil sur la planète" (Facebook, Twitter,#UOSLP) diffusé sur France 2, désormais présenté par Samah Soula, grand reporter à la rédaction de France 2, décrypte ces cinq années de chaos. La Syrie est désormais un champ de bataille impliquant de grandes puissances, avec de gros enjeux énergétiques sous-jacents…

    Au sommaire du magazine "Un Œil sur la planète"

    La passion du jihad 

    En Syrie, les rebelles sont divisés en une multitude de factions qu'une seule cause rapproche : se débarrasser de Bachar Al-Assad. Le magazine "Un Œil sur la planète" est parti en immersion au sein d’un groupe islamiste armé dans la région.
    Un reportage de Yacine Benrabia, Samah Soula et Marie Drouet.

    L'engrenage infernal 

    Manifestations réprimées par le régime de Bachar Al-Assad, exactions de masse commises par l'organisation Etat islamique, bombardements de la coalition internationale… Depuis la révolte populaire de 2011, comment la Syrie est-elle devenue le théâtre d'un conflit aux enjeux devenus mondiaux ?
    Un reportage de Frédéric Crotta, Mathieu Niewenglowski, Bruno Girodon et Gérard Lemoine.

    Les dessous d'un conflit

    La Syrie occupe une place stratégique sur la route de l’énergie. Et quand il y a du gaz et du pétrole, les tensions locales s'exacerbent et les appétits extérieurs s'aiguisent pour se disputer ces sources de profit. Voila pourquoi tant d'acteurs puissants sont impliqués dans le conflit à l'œuvre dans le pays depuis cinq ans.
    Un reportage d'Estelle Youssouffa, Jean-Marie Lequertier et Anne Cohen.

    La vie et rien d'autre

    Aux quatre coins de cette Syrie qui occupe la une des médias depuis 2011, la vie continue pourtant, vaille que vaille. Des élèves continuent à aller en classe, des commerçants à vendre dans les souks et des enfants à jouer au ballon, au pied des ruines...

    Un reportage de Franck Genauzeau, Giona Messina. Voir le reportage

    Illustration Capture d'écran France TV Sans langue de bois

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