• France : Le journalisme d’investigation mis à mal

    CategoriesFrance : Le journalisme d’investigation mis à mal. Le magazine « Spécial Investigation » Diffusé hebdomadairement sur la chaîne cryptée Canal + se voit refuser 7 sujets sur 11.Le journalisme d’investigation se voit de plus en plus mal mené depuis qu’un projet de loi devrait ou a été voté allant dans le sens d’interdire aux journalistes de mener des enquêtes si les entreprises concernées estiment que cela pourrait nuire à leurs intérêts rapporte Stéphane Guibert de Finalscape.

      • Enquête sur la répression Made in France
      • Volkswagen « Entreprise de tous les scandales »
      • Le monde selon Youtube
      • François Hollande
      • Attentats « Les dysfonctionnements des services de renseignements »
      • Les placards dorés de la république
      • Nutella  » Les tartines de la discorde »


    On se souvient de la pétition qu’avait lancé Elise Lucet concernant cette loi, pétition qui avait rencontré un franc succès.

    Le message de Bolloré est passé. Le journaliste de Canal+ (Special Investigation) et délégué syndical SNJ CGT Jean-Baptiste Rivoire, ne reçoit "plus aucun projet d'enquête sur le monde bancaire" depuis la censure d'une enquête sur le Crédit Mutuel par Vincent Bolloré selon Arret sur images. Mais la banque n’est pas le seul sujet sensible. "On doit aller voir la direction avec nos petits projets et demander la permission de faire nos enquêtes. En gros, sous l’ancienne direction, ça passait à 80 ou 90% des cas. Depuis que Bolloré est sorti des fougères et a manifesté son pouvoir dans l’entreprise, ça se passe beaucoup plus mal", explique Rivoire sur notre plateau. Sur 11 sujets d’enquête proposés lors du dernier "comité d’investigation", la direction a ainsi retoqué... 7 sujets, selon le journaliste.

    Et il égrène la liste des sujets dont on n'entendra pas parler sur la chaîne cryptée : "Volkswagen, entreprise de tous les scandales", "Le monde selon Youtube", "François Homeland" (une enquête sur le président et les guerres), "Attentats: les dysfonctionnements des services de renseignement", "Les placards dorés de la République" (sur les emplois fictifs dans la haute fonction publique), "La répression made in France" (sur comment la France exporte des matraques électriques, et autres outils de répression, à des régimes pas toujours recommandables), et enfin, "Nutella, les tartines de la discorde", également refusé. Nutella? Peut être un lien avec le fait que le groupe Ferrro, qui détient la marque de pâte à tartiner, figure parmi les 50 plus gros annonceurs de France (avec, de sucroît, 76% de son budget pub destiné à la TV) ? Dans ce top 50 figurent également... Volkswagen et Google, qui possède Youtube.

    "BOLLORÉ ET HOLLANDE ONT UN INTÉRÊT CONJOINT À ÉTOUFFER L'INVESTIGATION"

    La loi sur l'indépendance des médias en débat 

    Garantir l'indépendance des journalistes, en particulier vis-à-vis de leurs actionnaires: c'est l'objectif affiché de nombre de gouvernements depuis trente ans – pour l'essentiel, des gouvernements de gauche selon Arret sur images. Après la tumultueuse prise de contrôle de Canal+ par Vincent Bolloré, l'objectif a ressurgi par le biais d'une proposition de loi, laquelle ne vise plus à limiter la concentration des médias mais à les doter de garde-fous déontologiques. Sera-t-elle efficace? Sera-t-elle suffisante? Nous en débattons cette semaine avec trois invités : le député PS auteur de cette proposition de loi Patrick Bloche, le journaliste de Canal+ et représentant syndicat SNJ-CGT Jean-Baptiste Rivoire, et l'économiste Julia Cagé, auteure de Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie (Seuil, 2015).

    Vincent Bolloré PDG de Canal + a-t-il interdit de traiter certains sujets ? Se pose la question Sarah Lecoeuvre du Figaro.

    Un journaliste de Spécial Investigation a révélé qu'il devait demander la permission à la direction de la chaîne cryptée avant d'enquêter sur un sujet ou une entreprise.

    La ligne éditoriale de Canal+ est-elle muselée par Vincent Bolloré? C'est ce qu'insinue un journaliste de Spécial Investigation. Invité sur le plateau d'Arrêt sur images, Jean-Baptiste Rivoire ne fait pas de langue de bois.

    En mai dernier, Vincent Bolloré avait déprogrammé un documentaire sur le Crédit Mutuel prévu dans Spécial Investigation. Cette enquête contenait plusieurs révélations embarrassantes sur la banque avec laquelle Vivendi, groupe qui a racheté Canal+, a de nombreux intérêts. Depuis la censure de ce document, l'émission ne reçoit «plus aucun projet d'enquête sur le monde bancaire», d'après Jean-Baptiste Rivoire, également délégué syndical SNJ-CGT. Pire: avant d'enquêter sur un sujet, le journaliste doit demander la permission à la direction. «En gros, sous l'ancienne direction, ça passait à 80 ou 90% des cas. Depuis que Bolloré est sorti des fougères et a manifesté son pouvoir dans l'entreprise, ça se passe beaucoup plus mal».

    Protection des annonceurs potentiels

    Un véto aurait également été posé sur certains sujets et plus particulièrement sur des marques telles que Volkswagen, Youtube ou Nutella. Voici les sujets refusés par la chaîne privée selon Arrêt sur images: «Volkswagen, entreprise de tous les scandales», «Le monde selon Youtube», «François Homeland» (une enquête sur le président et les guerres), «Attentats: les dysfonctionnements des services de renseignement», «Les placards dorés de la République» (sur les emplois fictifs dans la haute fonction publique) et «Nutella, les tartines de la discorde».

    En cause: ces marques représentent un intérêt financier pour Canal+ qui diffuse leurs spots publicitaires. Nos confrères soulignent que le groupe Ferrero (qui possède Nutella), Volkswagen et Google (qui détient Youtube) figure parmi les 50 plus gros annonceurs de France.

    Cette sortie ne devrait pas plaire à Vincent Bolloré. Au moment de l'affaire du documentaire sur le Crédit mutuel, Jean-Baptiste Rivoire avait été rappelé à l'ordre par la direction pour s'être plaint de la censure. Il avait été convoqué pour un entretien préalable à un éventuel licenciement.

    Une autre question se pose: Vincent Bolloré contrôle-t-il les magazines d'information mais, aussi les divertissements? En début d'année, après une chronique de Bertrand Chameroy légèrement moqueuse à son égard, l'homme de 63 ans avait demandé aux équipes de Touche pas à mon poste!de ne plus l'évoquer dans le talk-show. Même consigne pour Le Petit Journal où un sketch de Catherine et Liliane avait également dérangé. Il a par ailleurs demandé aux équipes des Guignols de ne pas se moquer de Cyril Hanouna, animateur vedette d'une des chaînes de son groupe, D8. Seulement, la semaine dernière, le Zapping n'a pas respecté ces règles.

    Illustration Montage finalscape Sans langue de bois

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