• François Hollande, c'est le moment de faire dérailler le Tafta !

    François Hollande, c'est le moment de faire dérailler le Tafta !

    CategoriesFrançois Hollande, c'est le moment de faire dérailler le Tafta ! Le Président français a un coup à jouer, maintenant : stopper les négociations du traité commercial transatlantique qui de toute façon ne mènent nulle part.

    Pourquoi s’accroche-t-on à ce Tafta kafkaïen, ce complexe projet de traité commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis, en négociation depuis 2013, mais dont personne ne veut ? Dans de nombreux pays, les peuples, déjà pressurés par une mondialisation violente, rejettent toute nouvelle libéralisation commerciale. Et le Tafta est considéré comme une machine bien peu démocratique : le processus de négociation est opaque (des discussions quasi-secrètes entre la Commission et Washington, sous pression des lobbies) tandis que certaines mesures vont clairement à l'encontre de la souveraineté des Etats, comme cette procédure de règlement des différends qui serait confiée à des instances arbitrales.

    La négociation s’embourbe depuis l’origine. Et alors que le treizième round entre Américains et Européens doit s’ouvrir ce lundi 25 avril, il est fort probable qu’elle termine aux oubliettes de l’histoire des relations transatlantiques. Aux Etats-Unis, la plupart des candidats à la présidentielle, quel que soit leur bord, ont pris leur distances avec le Tafta, qu’on appelle là-bas TTIP. Même Hillary Clinton, qui avait manifesté, lorsqu'elle était secrétaire d’Etat, de fortes convictions libre-échangistes, a émis des réserves. En Allemagne, la chancelière Angela Merkel est certes très "taftaiste", mais son opinion publique l’a lâchée sur le sujet.

    En France, les syndicats et la plupart des grands partis rejettent le traité. Le Medef le soutient comme la corde soutient le pendu : il lui est officiellement favorable, mais avec une batterie de conditions qui dément la réalité de cette adhésion. A la Commission européenne, enfin, le traité divise : beaucoup le considèrent déjà comme mort. Pourtant, comme des souris dans un manège, les négociateurs font mine de croire encore aux chances de succès du traité...  dont plus personne n'ose vanter les vertus économiques supposées.

    Un coup à jouer

    Dans ce contexte, François Hollande a un coup à jouer : il devrait, au nom de la France, bloquer un processus qui de toute façon ne va nulle part. Il suffit de dire que la France n’est plus d’accord et qu'elle refusera ce traité. Les partenaires de l’UE et la Commission ne pourront que s’incliner (certains le feront probablement avec soulagement).

    Hollande enverrait un message progressiste fort (ce qui plaira à la gauche) mais aussi un message de souveraineté politique. Il apparaitra comme celui qui aura su dire "stop" à un processus bureaucratique opaque affectant la vie de tous les citoyens. Il affirmera le rôle des Etats face à la puissance des lobbies industriels ou agricoles, qui sont parfois plus au courant que les gouvernants des détails des pourparlers. Une telle décision bousculera la relation franco-allemande, certes, mais n’est-ce pas ce dont ce couple fatigué a besoin aujourd’hui ?

    C'est le moment

    C’est le bon moment : Barack Obama doit se rendre dimanche à Hanovre, et il risque de s'entendre avec Angela Merkel pour accélérer le processus, quitte à abandonner certains pans importants des pourparlers. Or, toute accélération nuirait particulièrement aux intérêts français. Les points importants pour Paris (accès aux marchés publics américains, protection de l’agriculture et notamment des appellations, services financiers…) nécessitent en effet une négociation longue.

    Si François Hollande hésite, il peut se souvenir d'un précédent. En 1998 Lionel Jospin avait ainsi précipité le déraillement de l’AMI (l'accord multilatéral sur l’investissement). Il lui avait suffi de dire que la France "ne reprendrait pas les négociations dans le cadre de l'OCDE" pour que tout s’arrête. Il avait alors ressoudé sa majorité (verts, communistes et socialistes), il avait réjoui les ONG et certains secteurs menacés, comme le cinéma.

    Et personne aujourd’hui ne regrette l’AMI... 

    par Pascal Riché

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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