• L’état d’urgence au profit du maintien de l’ordre social

    L’état d’urgence au profit du maintien de l’ordre social

    CategoriesL’état d’urgence au profit du maintien de l’ordre social. Dans le cadre de l'état d'urgence, la préfecture de Paris décide d'interdire à de nombreux militants ainsi qu'à un journaliste de participer à la manifestation du 17 mai contre la loi Travail rapporte TRT.

    La préfecture de police de Paris a interdit lundi à de nombreux militants et un journaliste de participer à la manifestation du 17 mai contre la loi Travail, recourant à son droit "d'interdire le séjour" dans le cadre de l'état d'urgence.

    Les militants du collectif Action antifasciste Paris (AFA) ont publié via Twitter l'arrêté de la préfecture de Paris, leur interdisant le séjour dans le périmètre autour de la place de la République à Paris, qui devrait être l'épicentre des manifestations mardi contre la réforme du gouvernement sur le code du Travail.

    D'après l'arrêté, confirmé par la suite par la préfecture, la présence de ces militants "vise à participer à des actions violentes", dont des affrontements avec la police et trouble à l'ordre public. L'arrêté a été notifié à des individus "qui sont à l’origine ou associés à des violentes qui se sont produites", toujours selon la préfecture, citée par le quotidien Libération.

    Peu après la révélation de cette interdiction de séjour, un autre collectif, Social Protest Klub, a fait savoir sur Twitter, que des arrêtés similaires ont également ciblé leurs membres et que c'était le cas pour de nombreux groupes.

    Outre les manifestants, un journaliste a aussi été interdit de couvrir la manifestation du 17 mai sous peine de risquer un an de prison et 15.000 euros d’amende. Le journaliste portant le surnom NnoMan, collaborant pour le magazine français Fumigène, n'a ainsi pas le droit de s'approcher du cortège des manifestants, en raison de sa présence "à de nombreuses reprises, lors de manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de réforme du code du travail". Sa présence, comme celle des militants, viserait à "participer à des actions violentes", selon la préfecture.

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    "Les policiers en manifestation savent très bien qui je suis et il suffit de taper mon nom sur Google pour voir que je publie régulièrement. J’ai du mal à croire que c’est une erreur. Peut-être que le fait que je couvre régulièrement des rassemblements “antifascistes” ou que des militants reprennent mes photos montrant des violences policières, dérange", a estimé NnoMan, dans sa déclaration citée par Buzzfeed France.

    Dans le cadre de l'état d'urgence entré en vigueur le soir des attentats de Paris du 13 novembre 2015, et prolongé à plusieurs reprises depuis, les préfets ont le droit d'"interdire le séjour" des individus dans des zones délimitées à leur gré. Ce dispositif avait été utilisé pour la première fois pour empêcher les militants écologistes de se manifester décembre dernier contre la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP21).

    Pour la ligue des droits de l'homme ces interdictions ne reposent que sur la présence réelle ou supposée de telle ou telle personne à des manifestations, sans que n’ait été retenu à leur encontre aucun fait répréhensible autre que de protester contre les violences policières ou contre la loi travail dont l’Assemblée nationale n’a pu débattre jusqu’au bout en raison de l’usage de l’article 49.3 de la Constitution.

    Déjà lors de la COP 21 et toujours sur les mêmes fondements, le gouvernement avait pris des mesures d’assignation à résidence, validées par le Conseil d’Etat, contre des militants écologistes. En interdisant de manifestation des militants qui ne sont en rien suspectés d’être liés aux raisons invoquées lors de la proclamation de l’état d’urgence, le gouvernement fait, un peu plus, la démonstration que celui-ci est conçu et utilisé à des fins qui n’ont rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. Sans aucun contrôle du juge judiciaire, sans contrôle réel du juge administratif, le gouvernement dispose ainsi, et en use, de pouvoirs exorbitants qui portent atteinte aux libertés publiques et individuelles.

    La LDH condamne totalement cette accumulation de mesures autoritaires et tient à souligner combien les inquiétudes qu’elle avait manifestées dès la première prorogation de l’état d’urgence s’avèrent fondées. Le gouvernement s’apprête à proroger une troisième fois l’état d’urgence. Une nouvelle fois, la LDH appelle les députés à mettre un terme à ce régime d’exception indigne d’une démocratie.

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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