• L'Otan provoque la Russie

    L'Otan provoque la Russie

    CategoriesL'Otan provoque la Russie. L'Otan se renforce en Europe orientale et cabre la Russie. Davantage d'exercices militaires, une surveillance aérienne renforcée et bientôt des déploiements "par rotations" de plusieurs milliers de soldats en Pologne, dans les pays baltes et en Roumanie: l'Otan a peaufiné mardi son dispositif visant à rassurer les alliés est-européens inquiets de l'expansionnisme manifesté par la Russie.

    Mais "sans vouloir un retour à la Guerre froide", a assuré le secrétaire général de l'Alliance atlantique, l'ex-Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, laissant la porte ouverte à un dialogue "constructif" avec Moscou.

    A trois semaines d'un important sommet à Varsovie, les ministres de la Défense des 28 pays membres de l'Otan ont réaffirmé lors d'une réunion à Bruxelles que la priorité de l'organisation - créée en 1949 pour contrer à l'époque la menace soviétique - était la "défense du territoire" allié et la "protection de leurs populations".

    Quatre "robustes" bataillons

    Ils ont ainsi décidé de muscler la présence militaire alliée en Europe de l'est en déployant à l'avenir quatre "robustes" bataillons multinationaux (de près d'un millier d'hommes chacun) dans les trois pays baltes et en Pologne en réponse aux agissements de la Russie en Ukraine, une mesure qui a immédiatement provoqué l'ire de Moscou.

    Cette présence par rotations de six à neuf mois devrait toutefois être quasi-permanente, "365 jours par an", selon l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Otan, Douglas Lute. La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'Allemagne ont annoncé qu'ils fourniraient le gros des troupes dans un premier temps, respectivement en Estonie, Lettonie et Lituanie. Le Canada pourrait fournir le gros du quatrième bataillon, à déployer en Pologne.

    Les derniers détails de ces déploiements doivent être décidés d'ici le sommet atlantique de Varsovie, les 8 et 9 juillet. Selon M. Stoltenberg, l'Otan dépêchera aussi des unités terrestres pour des exercices et entraînements avec une brigade composée de soldats bulgares et roumains et stationnée en Roumanie.

    "Notre message est que l'Otan va continuer à protéger et défendre tous les Alliés contre toute menace, d'où qu'elle vienne. C'est la raison pour laquelle nous avons mis en oeuvre le renforcement le plus important de notre défense collective depuis la fin de la Guerre froide", a expliqué mardi M. Stoltenberg.

    "Mais en même temps, nous disons avec force que nous ne voulons pas de nouvelle confrontation avec la Russie ou de nouvelle Guerre froide. Nous continuons à oeuvrer pour avoir une relation plus constructive et coopérative avec la Russie", a-t-il assuré.

    L'envoi de troupes en Europe de l'est illustre une partie de la nouvelle posture de défense et de dissuasion de l'Otan décidée en février, la "présence avancée renforcée" (en anglais "Enhanced Forward Presence", EFP), qui sera l'un des thèmes majeurs du sommet de Varsovie.

    Ce renforcement vient compléter une série de mesures prises depuis 2014 -et l'annexion de la Crimé par la Russie- dans le cadre du "plan d'action pour la réactivité" ("Readiness Action Plan", RAP) destiné à rassurer les alliés est-européens. Il implique une présence militaire accrue - terrestre, aérienne et navale - en Europe de l'est ainsi qu'en mers Baltique et Noire.

    La réaction russe n'a pas tardé

    Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mardi que la Russie prendra "les mesures nécessaires" pour assurer sa sécurité si l'Otan déploie ces quatre nouveaux bataillons en Europe orientale.

    "Le ministère de la Défense et les autres agences (gouvernementales russes) concernées suivent naturellement les changements dans la localisation de forces armées étrangères près de nos frontières. Ils analysent tous ces mouvements et changements dans les contingents et prendront certainement les mesures nécessaires pour remplir leurs fonctions, comme la protection des intérêts de la Russie et sa sécurité, a déclaré M. Peskov, cité par l'agence de presse Itar-Tass (officielle).

    Moscou estime que le renforcement de la présence militaire de l'Otan dans ses anciens satellites constitue une violation de l'Acte fondateur Otan-Russie, signé en 1997, qui interdit le "stationnement permanent" de forces de combat "substantielles" sur le territoire des nouveaux alliés. 

    par Belga

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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