• La république de la honte des Républicain & Socialiste

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    CategoriesLa république de la honte des Républicain & Socialiste. Prisons l'éducation national la honte. Maison d'arrêt de Troyes : «C'est la honte de la République». Ils ne voulaient pas y croire avant de plonger entre les murs de la prison, au cœur de ce monde parallèle gangrené par la violence, la corruption et les règlements de compte selon Céline Tillier.

    Ecoles à Marseille: la honte de la République, en effet, Élus, enseignants et parents s'alarment du délabrement des écoles dans les quartiers nord de Marseille, une question soulevée notamment par une institutrice outrée par l'état de sa salle de classe et à l'origine d'une pétition qui comptait plus de 15 000 signatures en ligne. Aujourd'hui, le quotidien Libération y consacre sa une et un dossier de cinq pages rapporte Caroline Paré de RFI. Pour en parler, Carole Gelly, secrétaire départementale Bouches-du-Rhône du syndicat des enseignants (SE-UNSA) au micro de Caroline Paré.

    Depuis le coup de sang d’une enseignante, la grogne prend corps contre la municipalité, accusée de laisser ses établissements à l’abandon selon Stéphanie Harounyan et Marie Piquemal journaliste a Libération.

    Des murs décrépis, des préfabriqués du siècle dernier, des soupçons d’amiante, des salles de classe qui débordent, du mobilier de récup, une gestion des travaux, ubuesque et même une pénurie organisée de papier toilette… Bienvenue dans les écoles publiques de Marseille, la deuxième ville de France. Si la situation n’est pas nouvelle, la municipalité fait face, depuis quelques semaines, à une nouvelle fronde. Professeurs et parents en appellent cette fois à l’Etat, considérant que la municipalité, seule compétente légalement dans la construction et l’entretien des écoles, est défaillante.

    Pourquoi cette mobilisation maintenant ?

    Charlotte Magri, une enseignante affectée jusqu’à la semaine dernière dans une école des quartiers Nord de Marseille, a écrit une lettre ouverte fin novembre, relayée par plusieurs médias dont Libération, pour dénoncer les conditions de travail et d’accueil de ses élèves dans l’école. Sans réponse de la ministre, elle lance une pétition mi-janvier. Au compteur lundi soir, 15 000 signataires. «Tant que ces injustices ne seront pas médiatisées, il n’y aura aucune réaction des pouvoirs politiques, écrit-elle. Madame la ministre, par votre non-réponse, vous reconnaissez que malgré vos discours, notre éducation n’est plus nationale et que vous n’y pouvez plus rien.» L’enseignante dénonce le manque d’entretien de son école, les chauffages qui tombent régulièrement en panne, la présence d’amiante notamment dans les dalles du sol dégradées, établie par un rapport datant de 2007. Sur ce dernier point au moins, Danièle Casanova, l’adjointe à la mairie de Marseille en charge des écoles, veut bien répondre : «La commission de sécurité se tient à la disposition des directeurs d’école, chaque année, pour établir un diagnostic. Dans ce cas précis, l’amiante, en dose infinitésimale dans les dalles, n’a aucun effet nocif sur la santé des enfants, sinon des mesures auraient été prises.»

    Depuis le coup de sang de l’institutrice, la mobilisation a pris de l’ampleur dans la ville. Lundi, le collectif Castellane, réunissant plusieurs écoles des quartiers Nord, a lancé un appel demandant la mise en place d’un «état d’urgence dans les écoles marseillaises». «Nous exigeons de la municipalité qu’elle donne les moyens qui sont dus à tous les enfants de la République française. Nous exigeons de l’Etat, et plus particulièrement des services de l’Education Nationale, qu’ils prennent leurs responsabilités pour que le principe républicain d’égalité soit respecté», réclament ces enseignants. La contestation était latente, épidermique tant les problèmes durent depuis longtemps. Les tensions s’étaient réveillées au moment de la mise en place des activités périscolaires, en 2014, notamment sur les réseaux sociaux où de nombreux parents ont créé des groupes de témoignage et de vigilance (lire notre récit).

    Un problème limité ou généralisé ?

    Lise Massal, une parent d’élèves qui s’était énormément impliquée par le passé, résume la situation : «A Marseille, l’état des écoles dépend de la capacité des parents d’élèves et ou des directeurs à se mobiliser. Dans les quartiers favorisés, les familles sont parfois plus armées pour faire pression sur les élus, et l’école de leur enfant a plus de chance d’être mieux entretenue. Mais malheureusement, les plafonds qui s’écroulent, les cafards, les locaux vétustes, cela n’a rien d’exotique à Marseille…» Il y a deux ans, elle avait rédigé un Manifeste des écoles qui «reste malheureusement d’actualité». Mais depuis, Lise Massal a baissé les bras. «La fatigue de lutter contre un système malade, bien trop ancré.»Annie Lévy-Mozziconacci, conseillère municipale et communautaire PS, enrage. «L’école est un parent oublié de la politique municipale quel que soit l’arrondissement. En matière éducative, la politique de la municipalité est atone. On a l’impression qu’il n’y a pas de stratégie et, surtout, aucune transparence.»

    Face aux critiques, et après plusieurs relances de Libération, Danièle Casanova sort ses chiffres, lundi soir. «En 2015, 31,6 millions ont été investis pour les travaux dans les écoles.» Comment expliquer alors l’état de délabrement ? «Nous avons beaucoup d’écoles à entretenir, 444, c’est énorme, contre 250 à Lyon. Et surtout, la mairie centrale gère tout, là où dans d’autres grandes villes, les mairies de secteur ont une partie de la gestion.» Ensuite, se défend-elle, «nous avons beaucoup d’actes de vandalisme, et à chaque fois, cela ajoute des frais.»

    Que font l’État et le gouvernement ?

    Le ministère de l’Education nationale reconnaît être informé depuis longtemps. «Bien avant la lettre de Charlotte Magri, la ministre était préoccupée par la situation à Marseille», indique l’entourage de Najat Vallaud-Belkacem. Elle a encore appelé cette semaine le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin (LR) pour en discuter. «L’Education nationale met des moyens très importants à Marseille : 330 nouveaux postes d’enseignants sont ouverts pour la rentrée prochaine, et 7 millions d’euros sont versés pour les activités périscolaires», précise le cabinet. Par ailleurs, le ministère de la Ville rappelle que 2,5 millions d’euros ont été versés à la mairie de Marseille depuis 2014 pour la rénovation des écoles dans le cadre de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Auxquels s’ajoute environ 1,4 million supplémentaire, toujours depuis 2014, pour les «petits travaux urgents» au nom de la dotation de la politique de la ville, surtout pour les quartiers prioritaires. Mais dans l’entourage du ministre Patrick Kanner, on reconnaît que la situation est tellement inquiétante qu’un rapport vient d’être commandé pour dresser un état des lieux précis des écoles marseillaises.

    En attendant, le rectorat d’Aix-Marseille rappelle le droit. «Le code de l’Education est clair. Les communes ont la charge des écoles maternelles et élémentaires : elles sont propriétaires des locaux, en charge de la construction […], des réparations, de l’équipement, et des frais de fonctionnement.» Le rectorat assure être en contact fréquent avec la ville, notamment au sujet d’une «dizaine d’écoles dans un état préoccupant». «La municipalité nous a depuis assuré que les décisions de travaux avaient été prises. Notre compétence s’arrête là. Nous ne pouvons pas faire plus.» Il reste pourtant une possibilité, prévue par le code de l’Education, dans son article L211-3 : le préfet peut faire exécuter les travaux «dans le cas où la collectivité compétente refuse de pourvoir à une organisation convenable du service public.» Cette procédure, lourde à mettre en place, n’a jamais été utilisée.

    A Marseille, un « Gaudin Tour » pour vanter le bon état des écoles. Pour tenter de prouver que les écoles primaires de Marseille ne sont pas, comme l’a titré Libération en « une » de son édition du mardi 2 février, une « honte de la République », la municipalité de Jean-Claude Gaudin (LR) a choisi une méthode étonnante : mettre une quarantaine de journalistes dans un bus et leur faire visiter, au débotté et sans laisser le choix du parcours, une série d’établissements scolaires selon le monde.

    Le matin de ce lundi 8 février, en introduction au conseil municipal, le maire de Marseille a commencé par dénoncer « une manipulation des faits, truqués, tronqués, déformés ». Pour clore une polémique qui dure depuis une semaine sur l’état de délabrement des écoles marseillaises, sa majorité accuse la presse nationale de se complaire dans le « Marseille bashing » et le gouvernement, ministre de l’éducation nationale en tête, de « faire de la communication politique sur le dos des petits Marseillais ». Najat Vallaud-Belkacem avait jugé, mercredi 3 février dans La Provence, « la souffrance dans laquelle vivent au quotidien élèves, enseignants et personnels, indigne de la République ».


    C’est un coup de gueule des enseignants et des parents d’élèves de  Marseille que relaye le journal Libération ce mardi, dans un dossier de 4 pages et une Une intitulée « Marseille : la honte de la République », les journalistes y décrivent photos à l’appui, la vétusté, le manque de moyens et la dangerosité (présence d’amiante dans les dalles du sol) de certains établissements scolaires de la ville. Les témoignages y pointent directement la responsabilité de la municipalité. Interrogé par publicsenat.fr, le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin commence par énoncer les chiffres de son budget en faveur des écoles : « Vous avez à Marseille 444 écoles maternelles et primaires. 74 000 enfants qui y sont scolarisés. Dans l’année 2015, nous avons dépensé en travaux ou en construction 31 millions d’euros rapporte public sénat. Depuis que je suis maire (en1995), le budget de l’éducation nationale dans les constructions et dans les travaux représentent 550 millions d’euros. Et Jean Claude Gaudin se défend également de toute inaction : «  sur les dépenses de 2015, c’est près de 3 000 interventions dans les écoles, dès qu’on nous signale que quelque chose ne va pas, bien entendu, nous nous y intéressons ».

    Puis le sénateur LR, vice-président du Sénat éclaire sur les raisons de certains dysfonctionnements. Sa municipalité ne peut pas tout, si certains établissements sont dégradés, c’est aussi à cause « du vandalisme, « des incendies volontaires ». « Vous avez aussi les coups de Kalachnikov ». Et dans ces cas là, Jean-Claude Gaudin l’assure : « immédiatement, nous faisons des travaux, qui représentent quelquefois 200 000 euros et même 300 000 euros ».

    Alors qu’un encadré de Libération détaille des cantines saturées dans certaines écoles. Le maire de Marseille s’étonne lui qu’on ne parle pas de « la générosité » de ses administrés. « 52 000 enfants mangent à la cantine tous les jours. Prix du repas : 3 euros  47. 20 000 gosses ont un tarif réduit. 1500 gosses ne payent rien du tout car on nous a signalé la difficulté des familles. Coût pour la ville de Marseille ? Et pour les contribuables ? 9 euros par enfant ».

    Jean-Claude Gaudin insiste aussi sur les dépenses de sa ville depuis la mise en place des rythmes scolaires : « plus de 22 millions d’euros ».

    Enfin, il déplore la méthode des journalistes de Libération. Même s’il concède « qu’il peut y avoir ici ou là, des travaux encore à effectuer ». « On les fera rapidement» assure-t-il. « Mais, il est très facile de prendre, dans une ou deux ou trois écoles sur 444, ce qui ne va pas et de le mentionner de manière extraordinaire. Encore une fois c’est très excessif par rapport à la réalité des choses ».

    Le vice-président du Sénat précise aussi « que personne n’est venu le voir » avant la publication de ce dossier. Peut être qu’à Libération on se souvient de ces propos de 2007 où il décrivait les journalistes du quotidien comme portant  des « pull-over serpillières », et arborant « cheveux longs » et « ongles sales ».

    Samia Ghali répond à Gaudin sur les écoles insalubres

    Jean-Claude Gaudin, le sénateur maire de Marseille a répondu à publicsenat.fr en se défendant et en accusant Libération de livrer « une vision apocalyptique exagérée ». Présente au Sénat pour les questions d’actualité au gouvernement, la sénatrice PS et maire du 8ème secteur répond à Jean-Claude Gaudin et fustige son inaction. [...]

    "Je nous accuse" : la lettre au vitriol d'une enseignante, en effet, Une enseignante de Marseille Nord dresse un état des lieux cinglant de ses conditions de travail, dans une lettre à Najat Vallaud-Belkacem sur Europe 1.

    "Je nous accuse d’aggraver les inégalités sociales. Je nous accuse de produire sciemment de l’échec scolaire et des délinquants. Je nous accuse de jouer avec la santé des enfants des classes sociales les moins favorisées". Ce cri de colère est celui d'une enseignante des quartiers Nord de Marseille, qui vient d'écrire une lettre à la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkace (la lettre en intégrale est à retrouver ici). Cette professeure des écoles y déplore un dépérissement des conditions de travail dans les zones d'Education prioritaire (ZEP), situés dans les quartiers jugés "difficiles". Et derrière ce "nous" qu''elle "accuse", c'est plutôt une situation qu'elle pointe du doigt. Situation que seul le gouvernement serait en mesure de combler.

    "Vous détenez l'autorité politique". "Si l’école est au bord du gouffre aujourd’hui c’est que s’y télescopent plusieurs crises profondes que notre société et notre monde traversent depuis quelques décennies déjà. Crises économique, sociale, politique, morale, identitaire… dont l’école devient la caisse de résonance Il serait vain et bien trop facile d’incriminer un coupable. Nous en sommes tous responsables, chacun à notre niveau. Je ne remets en question ni votre engagement personnel ni votre éthique professionnelle. Mais vous êtes ministre, vous détenez donc l’autorité politique à ce jour en matière d’Éducation nationale en France, et vous en êtes responsable devant le parlement et face aux citoyens", écrit ainsi l'enseignante.

    Des planches pointues et de l'amiante. Au travers d'une plume franche, élégante et efficace, parfois sarcastique, Charlotte Magri décrit dans sa lettre l'environnement dans lequel elle évolue au quotidien : des salles de classes surchauffées l'été et glaciales l'hiver, insalubres, avec "des trous tout à fait ludiques qui égayent le revêtement au sol et qui nous rappellent que sous les dalles se trouve l’amiante" ou encore des escaliers avec de "grosses planches pointues qui menacent de choir lamentablement sur les enfants".

    Les professeurs qui s'en sortent sont rares et suscitent l'admiration 

    L'enseignante dénonce un manque de moyen matériel (pas assez de tables ou de chaises…) mais aussi humain, notamment lors de la pause du midi. "La cantine vous promet en effet de nombreux conflits à régler quotidiennement sur votre temps de classe, puisque le taux d’encadrement municipal y est si bas qu’il permet aux enfants de défier les règles de l’école, souvent avec violence, malgré l’implication du personnel".

    L'heure n'y est plus à la pédagogie. Dans un telle cadre, poursuit Charlotte Magri, l'heure n'est même plus à la pédagogie avec les élèves. "L’urgence est d’abord de rétablir un semblant de cadre, d’ordre, et pourquoi pas de sérénité". Du coup, les crises de vocation se multiplient. Et les enseignants, surtout les plus jeunes, préfèrent fuir dès qu'ils le peuvent. "Ceux qui s’en sortent, généralement au prix du deuil de leur vie privée, de leur sommeil, et bien souvent aussi de leur santé, sont rares et forcent l’admiration", regrette l'enseignante.

    Si Charlotte Magri écrit à la ministre, c'est pour demander une reprise en main de l'Etat. Elle dénonce le système actuel, où la qualité des écoles dépend du quartier dans lequel elles se situent. "Nous autres enseignants savons bien à quel point d’une école à l’autre vous changez de monde. Et la triste réalité, […] c’est que le quotidien scolaire de nos élèves est dépendant des montants perçus et alloués par les services municipaux de leur quartier. En d’autres termes, dépendante du niveau de vie de leurs parents".

    "Les discours et les tweets ne nous apportent rien". La professeure demande donc, pour ces écolés des "équipes d'enseignants stables et expérimentés", et des locaux salubres. Anticipant une éventuelle réponse de la ministre, elle conclut : "je sais que ces deux axes font partie des priorités affichées de votre politique. Mais depuis le terrain, les discours et les tweets ne nous apportent rien, et les mesures prises ou annoncées ne sont que des cautères sur une jambe de bois, quand elles n’aggravent pas une situation déjà dramatique".

    Contactés, les services de Najat Vallaud-Belkacem assure que la ministre a lu cette lettre "avec un grand intérêt", assurant préparer des mesures sur les problèmes de salubrité dans les écoles.

    Après plusieurs jours dans une classe à 13°C, devant des élèves en doudoune et avec les lèvres bleues, Charlotte Magri, enseignante dans une école des quartiers nord de Marseille, a écrit à la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, lettre ouverte restée pour l'instant sans réponse. L'institutrice et les parents d’élèves réclament d’importants travaux de rénovation pour cette école délabrée. La mairie de Marseille, responsable des établissements scolaires du premier degré, estime faire ce qu'elle peut.

    Illustration aucun Copyright  Sans langue de bois

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