• Le danger est parmi nous : les chrétiens occidentaux soutiennent le terrorisme

    Le danger est parmi nous : les chrétiens occidentaux soutiennent le terrorisme

    CategoriesLe danger est parmi nous : les chrétiens occidentaux soutiennent le terrorisme. Depuis des années, on nous dit que les valeurs occidentales sont celles de la démocratie et des droits de l’homme. Des sondages choc prouvent que c’est faux.

    De récents sondages d’opinion publique effectués aux États-Unis et au Royaume-Uni révèlent qu’un nombre alarmant de Britanniques et d’Américains soutiennent le terrorisme et le massacre de masse de civils.

    Selon une enquête de la BBC, 28 % des Britanniques estiment qu’un homme responsable du bombardement d’une ville allemande qui a tué jusqu’à 25 000 civils, soit 10 fois plus que le nombre de victimes du 11 septembre 2001, était la plus grande personnalité de l’histoire du pays.

    Malgré les nombreuses atrocités que les historiens lui ont attribuées, la pire de toutes étant la famine du Bengale de 1943, au cours de laquelle trois millions de personnes sont mortes de faim lorsque la nourriture a été exportée et que les zones côtières ont été détruites sur ordre du Premier ministre britannique, des millions de personnes croient encore que Winston Churchill est un héros national.

    Le soutien pour le terrorisme approuvé par l’État est partagé par des millions de chrétiens en Amérique, dont plus d’un tiers ont encore exprimé leur soutien à la destruction de l’Irak par George W. Bush, alors même que l’ampleur de la catastrophe et les centaines de milliers de morts étaient bien connues. D’importantes minorités continuent de soutenir la guerre américaine en Asie du Sud-Est qui a causé la mort de millions de civils.

    Au cas où certains penseraient que seule une minorité conservatrice soutient de telles atrocités, des sondages montrent que le soutien pour un tueur de masse libéral bien connu s’élève actuellement à 51 %. Ainsi, plus de la moitié du pays donne son soutien à un leader qui utilise une « kill list » pour toucher des ennemis présumés dans des pays aussi éloignés que le Yémen, la Somalie, le Pakistan et la Syrie – aucun d’entre eux n’a passé la moindre journée au tribunal et aucune preuve légale n’est venue attester de leur culpabilité pour un crime. Beaucoup n’étaient que des spectateurs innocents d’un système fou d’assassinat depuis les airs, pour lesquels les pilotes de drones rémunérés sont récompensés avec des enveloppes leur indiquant combien de personnes ils ont contribué à tuer en service. (Pendant ce temps, la plupart des Israéliens ordinaires – nos alliés – soutiennent l’exécution de civils et la moitié d’entre eux sont en faveur du nettoyage ethnique.)

    Ah, je vous entends dire qu’on ne peut pas comparer le soutien pour « leur » terrorisme, celui dont l’État islamique ou al-Qaïda ont fait la démonstration dans les rues de Paris et de Bruxelles ou sur les plages de Tunisie, avec les actes occidentaux menés au fil des ans dans le but de nous défendre contre des ennemis mortels.

    Mais cet argument ne tient pas debout. Le massacre de masse de civils est illégal en vertu des Conventions de Genève et de toutes les lois de la guerre, comme nous le rappellent les groupes de défense des droits de l’homme qui rendent compte chaque semaine des morts de civils au Yémen ou en Syrie. Il n’y a donc pas de clause de sortie pour le terrorisme d’État. Si vous soutenez le massacre de personnes sans procès ou justifiez des dommages collatéraux infligés à des civils innocents, moralement parlant, vous êtes du même acabit que ceux qui soutiennent l’État islamique. La seule différence réside dans le fait que les guerres occidentales ont tué bien plus de gens que chacune des marques terroristes les plus célèbres. Une décapitation par un bombardement ou un tir de drone est toujours une décapitation.

    Vous répondrez que la violence étatique est légitime, puisque nous vivons dans un système où l’État a le monopole de la violence et où les groupes d’insurgés qui prennent les armes agissent illégalement. Cela se vérifie jusqu’à un certain point ; toutefois, le droit international humanitaire a évolué pour rendre les États responsables des atrocités commises au cours des dernières années, même si les moyens légaux pour faire appliquer cela sont limités. Cela ne rend pas les choses moins terribles pour les victimes tuées en Palestine, en Irak ou au Yémen et leurs familles.

    Un soutien aussi généralisé pour la torture et le massacre de masse, favorisé par les principaux candidats républicains, Ted Cruz et Donald Trump, n’est peut-être pas surprenant dans une culture qui glorifie la violence à travers des jeux de tir à la première personne et des films dans lesquels on grimpe à des centaines de morts, voire à des millions de morts dans le cas de blockbusters grand public populaires.

    En revanche, le soutien pour le terrorisme chez les musulmans britanniques n’est que de 4 %, selon le sondage le plus récent de Channel 4. Malheureusement, cela n’empêche pas les éditorialistes alarmistes de déformer les résultats pour attiser la peur. Peut-être que maintenant, nous pourrons avoir une enquête tout aussi biaisée auprès des Britanniques ou des Américains non-musulmans en ce qui concerne les crimes de guerre récents et historiques de leur nation.

    Et c’est là que les sondages sur le soutien des musulmans pour le terrorisme adoptent leur nature la plus insidieuse en mêlant conscience politique et sympathie pour le terrorisme. Si un enfant dans une école britannique exprime sa sympathie pour les Palestiniens et leur lutte contre l’occupation israélienne ou un sentiment d’horreur face à la guerre en Syrie, celui-ci doit être signalé à la police par l’enseignant dans le cadre du programme « Prevent ». Les questions légitimes sur l’occupation et la politique étrangère deviennent une affaire policière.

    Plutôt que de rechercher des sympathisants terroristes parmi les musulmans ordinaires, nous devrions nous demander pourquoi tant d’Occidentaux sont aussi silencieux pendant aussi longtemps face à une culture normalisée de massacre approuvé par l’État. Derrière cette vision repose une politique du deux poids, deux mesures : si un terroriste tue un civil, c’est une atrocité, mais si des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants meurent dans un raid aérien (que ce soit d’Assad, de la Russie ou des États-Unis), ce sont juste des dommages collatéraux.

    Pour être juste envers les musulmans comme envers les chrétiens, les accusations globales de sympathie pour le terrorisme sans contexte politique peuvent être très trompeuses. C’est quelque chose que les musulmans accusés d’avoir de la sympathie pour le terrorisme (ou les personnes d’une certaine apparence que les sectaires accusent d’être musulmans) ne connaissent que trop bien. Et dans la mesure où des nations chrétiennes ont bombardé au moins sept pays musulmans au cours des deux dernières décennies, le fait qu’une petite minorité de musulmans soit en faveur des attaques violentes n’est pas particulièrement surprenant.

    Ne serait-il pas préférable d’avoir un débat entre adultes sur la violence étatique et non étatique dans le monde moderne et ses causes profondes, politiques et socio-économiques, plutôt que d’insulter des religions ou des groupes ethniques entiers ? Nous devrions au moins être d’accord sur ce point.

    par Joe Gill

    Joe Gill a vécu et travaillé en tant que journaliste à Oman, à Londres, au Venezuela et aux États-Unis, pour des journaux tels que le Financial Times, Brand Republic, Morning Star et le Caracas Daily Journal. Il a poursuivi des études de maîtrise en politique de l’économie mondiale à la London School of Economics. @gill_joe

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

    Traduction de l’anglais (original)

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