• Le président de la Commission Jean-Claude Juncker est-il encore audible en Europe?

    Le président de la Commission Jean-Claude Juncker est-il encore audible en Europe?

    CategoriesLe président de la Commission Jean-Claude Juncker est-il encore audible en Europe? Crise des réfugiés, tension sur Schengen, référendum britannique, pulsions nationalistes... L’Europe doit faire face à de nombreux défis qu'elle a du mal à gérer ensemble rapporte Challenge.

    Jean-Claude Juncker est-il audible? Le Président de la Commission européenne est passé en France pour distiller la bonne parole. Dimanche 29 mai, il était à Verdun, pour la célébration du centenaire de la bataille, symboliquement aux côtés de François Hollande et Angela Merkel. Ce mardi 31 mai, il prenait la parole porte de Versailles à Paris, pour le Congrès de l’association des maires de France. L’après-midi, il était l’invité d’honneur d’une conférence de prestige donnée dans les salons Hoche à l’initiative de la fondation Robert Schuman. L’homme paraissait fatigué, Et on le sentait énervé de ces grèves qui l’ont contraint à écourter son voyage. Au congrès des maires, il a soupiré sourire pincé: « c’est la France, la France de toujours ».

    Quel message marquant ce Luxembourgeois, Européen convaincu, polyglotte, chaleureux et bon vivant peut-il faire passer? Compliqué devant les maires, alors que 600 municipalités ont déjà annoncé –à son grand agacement- qu’elles sont anti-Tafta (« elles jugent un traité, dont je ne connais pas moi-même le contenu! », dit-il), et alors que son ambitieux plan d’investissement, lancé en novembre 2014 à grand renfort de publicité, n’a jamais pris l’ampleur annoncée. « Il n’est pas la solution miracle », juge même Enrico Letta, ancien premier ministre italien et vice-président de l’Institut Jacques Delors.

    Un tsunami inédit qui secoue l'Europe

    Très compliqué, en effet, pour Jean Claude Juncker, au moment où la Commission paraît tétanisée face au tsunami inédit qui secoue l’Europe. « Ceux qui pensaient connaître The Perfect Storm, la tempête du siècle, n’ont encore rien vu! avertit Jean Pisani-Ferry, Commissaire général de France Stratégie. Crise des réfugiés, tension sur Schengen, référendum britannique, pulsions nationalistes, l’Europe fait face à une conjonction extraordinaire de défis, qu’elle sait résoudre pris isolément, mais qui sont très compliqués à gérer ensemble ». Et Jean-Claude Juncker, depuis sa tour d’ivoire de Bruxelles, ne peut que parler de « polycrise », appeler au sursaut des démocrates, rappeler les fondements et les valeurs de l’Europe, répéter encore et encore : « Je ne me résigne pas, je ne baisse pas les bras »…

    Il n’empêche, ces derniers mois, on a plutôt eu le sentiment qu’il prêchait dans le désert. Ses exhortations, par exemple, pour l’application de l’accord européen sur la relocalisation des réfugiés n’ont pas eu d’effet. La France, -pour ne parler que d’elle !-, n’a accueilli que quelques centaines de réfugiés sur les 30.000 actés en novembre dernier. « La Commission fait son travail, s’est-il défendu cet après-midi, alors que beaucoup d’Etat membres font preuve d’obstination conservatrice voire réactionnaire, y compris des gouvernements de gauche ».

    Et que dire du faux pas de Juncker quand il est allé en janvier aux Pays-Bas pour militer à un « oui » au référendum sur l’accord Europe-Ukraine? Il a brandi en vain la menace: « un «non» néerlandais ouvrirait la voie à une crise à l'échelle continentale». Ulcérée par cet interventionnisme, la majorité a voté « non » ou s’est abstenue! Depuis le chef de la Commission a décidé de rester en retrait dans le débat sur le référendum britannique… Il s’est contenté de se fendre d’une de ces formules dont il s’est fait une spécialité. « Les déserteurs ne seront pas accueillis à bras ouverts ».

    A un mois du vote du Royaume-Uni, Jean-Claude Juncker qui en novembre 2014 avait annoncé triomphalement présider « la Commission de la dernière chance », « une équipe très politique, tournée vers les résultats concrets », paraît en panne de voix. Ou d’oreilles pour l’entendre! D’autant qu’entre-temps le scandale du LuxLeaks a éclaté et entamé le crédit politique de celui qui fut des années durant Premier ministre du Luxembourg. D’ailleurs l’eurodéputée Eva Joly ne mâchait pas ses mots samedi 28 mai sur les ondes belges. « Le business modèle du Luxembourg, c’est le blanchiment et la capture du produit fiscal d’autres pays. Jean-Claude Juncker l’homme des paradis fiscaux placé à la tête de l’Europe ne peut pas être le symbole de l’Europe ! »

    Soucieux de reprendre la main, Juncker vient d’annoncer qu’il a l’intention de rencontrer Vladimir Poutine à la mi-juin, dans le but de faire un peu tomber les tensions entre Russie et UE. Une crise parmi les nombreuses crises qui attisent le désamour et le désintérêt des Européens.

    Juncker défend la Loi travail en France selon le journal le matin. Pour le dirigeant européen, ce n'est «pas un attentat contre le droit du travail».

    La loi travail n'est «pas un attentat contre le droit du travail», a estimé mardi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui a plaidé pour le maintien de son très contesté article 2.

    «Ce n'est tout de même pas une réforme monstre» et «pas un attentat contre le droit du travail français», a-t-il déclaré lors d'un déjeuner organisé à Paris par l'Association de la presse présidentielle (APP) française.

    «Le projet de loi tel qu'il est conçu, à condition que l'article 2 (sur la primauté des accords d'entreprises, NDLR) arrive à survivre, est une réforme qui va dans le bon sens», a-t-il ajouté.

    Rigidités

    Disant connaître «trop bien la France pour être surpris par la réaction» suscitée par ce projet, Jean-Claude Juncker a confié avoir «suivi toutes les évolutions du droit du travail français» depuis des décennies, même s'«il faut dire qu'il n'y en avait pas beaucoup».

    Ainsi, pour Jean-Claude Juncker, «qu'on élimine un certain nombre de rigidités semble être un geste législatif approprié».

    «Il faudrait bien que la France le fasse», a-t-il enchaîné, se disant «impressionné par le fait que tous les États membres de l'Union européenne ou presque, et surtout de la zone euro, ont su corriger vers le bas les niveaux de chômage».

    «Tel n'est pas le cas en France», a-t-il en revanche noté.

    «Arrivant à Paris, je dois tout de même dire: il faut savoir arrêter une grève», a-t-il poursuivi, avant d'assurer qu'il ne s'agissait pas «de donner une connotation d'actualité à des propos qui datent de plus loin», en l'espèce Maurice Thorez et le Front populaire.

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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