• Le trublion Macron agace l'Exécutif

    Le trublion Macron agace l'Exécutif

    CategoriesLe trublion Macron agace l'Exécutif. Ministres et proches du chef de l'État sont nombreux à critiquer les initiatives personnelles du pensionnaire de Bercy. Jusqu'à le pousser à la démission ? Ça chauffe pour Emmanuel Macron. Pour la première fois, les langues se délient. Ministres, anciens ministres et proches de l'Élysée, selon Le Parisien, taclent le ministre de l'Économie et son nouveau mouvement politique En marche ! Beaucoup d'entre eux se demandent comment l'aventure de Macron va se terminer selon OLIVIER PÉROU du Point.

    Même François Hollande, en petit comité, s'agace des velléités de son jeune ministre et garde un œil sur lui, assure Le Parisien. Le président de la République a notamment peu apprécié qu'Emmanuel Macron s'affiche en une de Paris Matchavec sa femme Brigitte le jour du grand oral sur France 2 face aux Français. Une embardée qui a valu au locataire de Bercy un tacle du chef de l'État le soir même : « Il sait ce qu'il me doit. » Une correction digne de celle infligée autrefois par Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy : « Je décide, il exécute. » Ambiance.

    Macron a « chopé le melon »

    Mardi, le collègue de Macron à Bercy, le ministre des Finances Michel Sapin, s'amusait devant les élèves de Science Po : « Il a plutôt une belle gueule et un sourire craquant. Et c'est beaucoup de buzz... » En off, rapporte Le Parisien, les critiques sont encore plus virulentes. On reproche à Macron d'être une « baudruche médiatique » et d'avoir « chopé le melon ». Un ex-ministre hollandais lui conseille même de « limiter son ego ».

    Mercredi, le trublion Macron a de nouveau fait des siennes. Au quotidien belge Le Soir, il avoue travailler à un « projet présidentiel ». Lui qui, il y a deux, dénonçait une « provocation » quand Pierre Gattaz proposait de supprimer l'ISF, s'interroge aujourd'hui sur la pertinence de l'impôt. Des déclarations que Manuel Valls n'a pas acceptées. Sur France Info, le Premier ministre a recadré Emmanuel Macron : « Je demande à chaque ministre, puisqu'il reste encore un an, d'être pleinement attelé à sa fonction, à sa mission. Il y a encore beaucoup à faire pour l'économie française. »

    Alors que Michel Sapin en a remis une couche en affirmant que « faire de la politique quand on est ministre, c'est bien, mais il faut d'abord faire son travail », Jean-Christophe Cambadélis s'est, lui aussi, invité dans la partie. Le patron du PS a sèchement taclé le ministre de l'Économie jeudi dans un tweet après ses déclarations sur l'ISF.

    Hollande en déplacement avec le ministre de l'Economie : «Il est où Macron ?»

    Pour François Hollande, il s'agissait de parler emploi... et d'afficher la loyauté de son ministre turbulent Emmanuel Macron. Ce jeudi matin, le président est en déplacement à Chartres (Eure-et-Loir) sur le thème de l'emploi, accompagné du ministre de l'Economie, et de celle des Affaires Sociales Marisol Touraine selon le Parisien.

    Le président de la République visite l'entreprise danoise Novo Nordisk, leader mondial de la fabrication d'injecteurs d'insuline. Une usine qu'il avait déjà visitée en 2014 et que l'Elysée a choisi pour illustrer les récents propos du chef de l'Etat assurant que sur le plan économique «ça va mieux». Depuis sa visite, il y a deux ans, l'entreprise qui avait déjà en cours un plan pour passer à 900 salariés, a encore embauché 200 salariés supplémentaires.

    «L'économie repart mais pas aussi vite que nous le voudrions, a répété François Hollande dans son discours aux salariés. ça va mieux, c'est vrai, même si cela ne va pas forcément mieux pour tout le monde, il reste beaucoup à faire». 

    Lors de la visite de l'usine, le ministre de l'Economie s'égaye, ce qui agace le président. Emmanuel Macron est parfois 4-5 mètres derrière, tandis que Marisol Touraine, elle, est à côté du président. «Emmanuel n'est pas là ? », interroge-t-il en le cherchant du regard. Puis, devant la maquette de l'usine, à côté du directeur danois de l'entreprise du secteur médical Novo Nordisk, Hollande s'agace franchement: «il est où Macron ?». «Ah il est là», finit-il par sourire.

    Les sondages sont actuellement très élogieux pour Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat, lui, est toujours très impopulaire. Et les initiatives personnelles du ministre de l'Economie agacent fortement au gouvernement. Quand François Hollande croise les journalistes au bout d'un long couloir, ceux-ci lui demandent s'«il y a un sujet Macron». «Non, non, répond-il, je suis là pour l'emploi».

    Interrogé sur le trajet qu'il a fait avec le président pour venir, Macron sourit : «c'était amical comme toujours». A-t-il vraiment l'impression de jouer collectif, comme lui demandent ses collègues ? «Mais qu'est-ce-que je fais là ? fait-il remarquer, ajoutant que le fait d'être 4 mètres derrière le président n'est dû qu'à «une barrière humaine». 

    Pour le journal le monde la machine Macron se met en marche. Emmanuel Macron bénéficie-t-il d’un crédit illimité ou la patience de François Hollande a-t-elle des limites ? Le ministre de l’économie continue chaque jour à accumuler les initiatives personnelles, sans que sa participation au gouvernement ne soit pour l’instant remise en cause. Mercredi 20 avril ce n’est pas une, mais deux interviews polémiques du ministre qui ont été publiées.

    Dans la première, à la revue Risques, il s’en prend à l’ISF, estimant qu’il faut lui préférer une taxation de la succession. Une sortie dont l’Elysée n’avait, une fois de plus, pas été prévenu. Comme si le recadrage de la semaine passée, quand François Hollande avait réaffirmé sur France 2, jeudi 14 avril, qu’Emmanuel Macron était « sous [son] autorité », n’avait jamais existé. Dans le second entretien, au quotidien belge Le Soir, il laisse planer le doute sur ses intentions pour 2017, expliquant que son mouvement est destiné à « nourrir un projet présidentiel », sans s’avancer sur l’identité de celui qui le portera.

    Mais les bons sondages s’accumulent, et avec eux les interrogations. Dans le baromètre Viavoice pour Libération, paru jeudi 21 avril, 38 % des personnes sondées (8 points de plus en un mois) estiment qu’il ferait un bon chef de l’Etat contre 28 % pour Manuel Valls (+ 4 points), et seulement 11 % (+ 1 point) pour François Hollande.

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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