• Les réfugiés : une nouvelle monnaie d’échange entre Kiev et ses chefs ?

    Les réfugiés : une nouvelle monnaie d’échange entre Kiev et ses chefs ?

    CategoriesLes réfugiés : une nouvelle monnaie d’échange entre Kiev et ses chefs ? Vous souvenez-vous du choc qu’avaient éprouvé les Pays Baltes quand ils conçurent enfin qu’on ne pouvait avoir le postérieur entre deux chaises et que quand bien même ils pouvaient faire mine de chercher noise à la Russie avec la bénédiction des grands-frères de l’OTAN, quand bien même ils pouvaient se permettre de cautionner des défilés d’anciens nazis, leur payer des retraites exclusives et fabriquer des apatrides tout leur saoul, ils n’échapperont pas à la corvée des clandestins parce que, quand on est un bon Européen, on n’échappe pas à l’impératif du Grand Remplacement?

    Cette fois, c’est aux autorités ukrainiennes de gémir. En septembre 2015, S. Reschinski, conseiller du ministre de l’Intérieur, versait dans une sorte d’ironie tant amère que mordante en liant l’espoir fugace d’une « semi-intégration » à l’UE avec l’irréversibilité d’une ouverture des frontières. N’avez-vous pas l’impression, interpelle-t-il ses lecteurs, que des millions de réfugiés du Moyen-Orient – et il y en aura bien plus – vont tôt ou tard se retrouver en Ukraine ?

    Cela en échange d’un emballage de bonbon qu’est une semi-eurointégration boiteuse ! Notre territoire est grand, c’est avec grand plaisir que l’UE nous balancera du pognon pourvu de ne pas avoir à côtoyer ces gens-là chez elle ». Reschinski était beaucoup trop optimiste. Aux dernières nouvelles, l’Ukraine aura en effet à affronter une importante marée humaine mais l’UE n’allongera pas un seul kopeck ! On peut comprendre : autant la Grèce, membre malheureux de l’UE, compense tant bien que mal l’austérité imposée à ses frères unionistes, autant l’Ukraine doit payer les largesses à première vue assez incompréhensibles du FMI.

    Seulement voilà ! L’Ukraine n’apprécie pas. Non pas qu’elle soit truffée de vilains « racistes » pro-Trump ou pro-Marine, c’est juste qu’un clandestin, il faut le loger, le nourrir et le soigner. C’est juste que la donne est telle qu’un nombre colossal d’anciens maïdanophiles souhaitent le retour express de Ianoukovitch malgré les travers extraordinaires qu’ils lui connaissent … car si corrompu qu’il était, ce n’est pas lui qui faisait la guerre à son propre peuple, ce n’est pas sous sa présidence que tous les médias alternatifs ou d’opposition avaient été fermés, enfin, ce n’est pas lui qui avait plongé le pays dans une misère qui progresse.

    Pluies de cercueils et récession galopante s’alternant, il ne manquait plus que des Calais dans les régions de l’Ouest, il est vrai, un peu moins touchées. Armen Shakhariants, député de l’oblast’ de Kiev, est en ce sens très explicite : « Bien que riche, l’UE ne veut plus accueillir de demandeurs d’asile. Par contre l’Ukraine, un pays vraiment pauvre, est tenue de le faire. Yahotyn est une petite ville. 250 réfugiés chez nous, ça vire au cauchemar !

    Des maladies dont nous n’avons ici aucune connaissance, le trafic de stupéfiants répandu dans les pays orientaux, des attitudes inadéquates comme on en a vu en Europe, voilà autant de facteurs qui vont exciter plus que de raison les têtes chaudes dont regorge le terroir si bien qu’on va se retrouver taxés de racistes. Plus d’un million de réfugiés ont déjà quitté l’Ukraine, les gens rêvent d’émigrer. Comment voulez-vous que nous accueillions les réfugiés ? (…). Mais enfin, de toute façon, depuis quand est-ce que les autorités s’intéressent à ce que pense le peuple ?

    Merci à M. Shakhariants. Délibérément ou pas, il a mis le doigt sur la touche. Primo, il a découvert que les oligarchies au pouvoir étaient déconnectées du peuple. Secundo, il a montré à quel point l’idée même de faire adhérer l’Ukraine à l’UE était ridicule cette dernière n’étant ni Crésus ni Emmaüs. Tertio, comme les dirigeants européens ne sont pas sans savoir que l’Ukraine actuelle est bourrée de nazillons assoiffés de sang et porteurs jusqu’au-boutistes d’une idéologie qui n’a rien à voir avec le souverainisme sain et saint que revendiquent certains partis occidentaux diabolisés, il va de soi que l’initiative votée par le Parlement bruxellois sous l’égide de son Tuteur yankee vise à déstabiliser davantage encore un pays non membre de l’UE, économiquement assisté et de plus en guerre.

    La folie humaine n’ayant pas sa place en politique, je n’ai pas d’autre explication. Il ne s’agit pas de le déstabiliser pour embêter un gouvernement fantoche de plus en plus détesté mais d’attiser le feu aux frontières de la Russie en stimulant ce que Hobbes avait si justement nommé la guerre de tous contre tous. Le problème, c’est que l’Ukraine n’est ni en Afrique ni au Moyen-Orient mais en plein centre de l’Europe. Les fonctionnaires technocrates occidentaux qui ne valent pas mieux que leurs homologues ukrainiens ne comprennent visiblement pas qu’exporter le chaos qu’ils sont en train de semer dans les frontières de Schengen ne rime à rien sinon accélérer l’éclatement d’une foultitude de guerres civiles.

    Alors au lieu de troquer les larmes et le sang des peuples contre d’obscurs projets géopolitiques, les manitous du Nouvel Ordre ou plutôt du Nouveau Désordre implantés en Europe feraient mieux de tendre une oreille un peu plus attentive à des experts en sécurité tel que le Hongrois Lazlo Földi qui parle d’invasion et non pas d’immigration ou, dans le cas de la France, à la grande muette qui, extraordinairement, accuse les autorités de la République d’abandonner des pans du territoire français à des gens qui portent atteinte à son intégrité (voir lettre adressée par trois généraux à l’Elysée).

    Les peuples ne sont pas des troupeaux et l’UE est menacée plus que jamais … ce que même M. Liashko du parti radical ukrainien a compris en réagissant à la promesse pleine d’humour des technocrates bruxellois de faire adhérer l’Ukraine à l’UE dans vingt-cinq ans. Dans vingt-cinq ans, rétorqua-t-il, il n’y aura plus d’UE. Dieu sait qu’il a raison et d’ailleurs, vu ce qu’elle est, tant mieux. Ce qui compte, c’est que dans un quart de siècle, il y ait l’Europe. La vraie. Celle d’hier, de demain mais surtout pas celle d’aujourd’hui.

    par Françoise Compoint

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