• Loi Travail: deux mois de violences policières présumées, résumés en un tableau

    Loi Travail: deux mois de violences policières présumées, résumés en un tableau

    CategoriesLoi Travail: deux mois de violences policières présumées, résumés en un tableau. Depuis le début du mouvement contre la loi Travail et la naissance de «Nuit Debout», plus de 30 personnes se disent victimes de violences policières. BuzzFeed News les recense.

    «Une mobilisation nationale pour dénoncer ceux qui dénoncent des prétendues violences policières.» C’est en ces termes que Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance Police Nationale, a annoncé une manifestation des forces de l’ordre le 18 mai prochain. D’après ce syndicat, les violences policières n’existeraient pas. Et d’après les préfectures, le nombre de manifestants blessés serait infime.

    Pourtant, si certains manifestants s’en prennent régulièrement et violemment aux forces de l’ordre (un policier a notamment été grièvement blessé après avoir reçu un projectile à la tête fin avril), certains policiers se sont aussi rendus coupables de violences depuis le début de ce mouvement social.

    Loi Travail: deux mois de violences policières présumées, résumés en un tableau

    Illustration CC/flickr termes

    BuzzFeed News a donc tenté de réaliser un premier bilan des violences policières présumées depuis ces contestations contre la loi Travail en les recensant dans un tableau. Nous avons retenu les cas de violences les plus caractérisés et sourcés sur des manifestants ou des journalistes. Dans chaque situation retenue, les victimes étaient désarmées ou ne présentaient selon les témoignages aucun danger pour les forces de l’ordre.

     

    BuzzFeed News / Via docs.google.com

    Pour pouvoir lire le tableau dans son intégralité avec les dates, les lieux et les sources, cliquez sur ce lien: http://bit.ly/1TcyquC


    34 victimes de violences dont 12 mineurs

    Depuis deux mois, plus de 30 personnes, des manifestants pour la plupart, se sont dits victimes d’un usage disproportionné de la force par les policiers ou gendarmes lors d’une manifestation. Dans plus d’une vingtaine de cas, elles disposent de vidéos qui pourraient, si la police des polices décide de poursuivre, aider les enquêteurs à savoir si les agents doivent être ou non sanctionnés.

    Le tableau fait également apparaître un nombre important de mineurs puisqu’au moins douze lycéens ou collégiens dénoncent des abus. On compte par exemple le policier qui avait été filmé en train de frapper un élève du lycée Bergson, qui a été interdit ce jeudi d’exercer son métier sur la voie publique jusqu’à la date de son procès, renvoyé en novembre.

    Enfin, si dans la majorité des cas les blessures sont causées par des coups de matraque, un étudiant de Rennes a perdu son œil le 28 avril dernier. L’enquête est encore en cours, mais de nombreux témoins affirment que cette blessure a été causée par un tir de Flash-Ball.

    Combien de plaintes auprès de la police des polices?

    Contacté par BuzzFeed News, le service communication de la police nationale n’a pas souhaité nous donner les chiffres des saisines de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Également sollicité, le ministère de la justice n’a pas non plus souhaité nous répondre pour détailler le nombre de dossiers examinés par la police des polices.

    Cette opacité sur les enquêtes internes est d’ailleurs l’un des points dénoncés depuis longtemps par des associations, et aujourd’hui par le mouvement «Nuit Debout». En mars dernier, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) avait pointé dans un rapport l’opacité entretenue autour des sanctions prises par la police des polices, qui ne communique que très rarement sur les enquêtes administratives.

    Nous avons également sollicité la préfecture d’Ille-et-Vilaine pour avoir des précisions sur une vidéo montrant un conducteur de scooter blessé en marge d’une manifestation à Rennes le 28 avril. En vain. L’auteur de la vidéo et le syndicat Solidaires étudiant-e-sassurent que c’est un camion de police qui a renversé la victime.

    300 policiers blessés

    Depuis deux mois également, BuzzFeed News a sollicité plus d’une dizaine de fois la préfecture de police de Paris pour réagir à certaines vidéos de violences policières. L’institution a systématiquement refusé de nous répondre.

    En revanche, celle-ci communique régulièrement pour aborder les violences de certains manifestants contre les forces de l’ordre. «Nous pouvons seulement vous donner les chiffres du nombre de forces de l’ordre blessées. Au dernier pointage, 300 policiers et gendarmes ont été blessés», nous confirme les services de la police nationale qui refusera de s’étendre sur les victimes parmi les manifestants.

    Plus de 1000 personnes interpellées

    Si le ministère de l’Intérieur a également refusé de nous répondre, on nous a tout de même précisé que plus de 1000 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement.

    Et côté manifestants? D’après les différents communiqués de la préfecture, il n’y aurait pas plus d’une dizaine de blessés. Hugo Poidevin, membre du service médical des manifestations de Renne, trouve ce chiffre «grotesque». «Pour la seule journée du 28 avril, nous avons soigné 250 manifestants environ, blessés par les forces de l’ordre», assure-t-il auprès de BuzzFeed News. «En tant que StreetMedic, nous avons eu à soigner, rassurer, prendre en charge d’innombrables blessé-e-s», confirme une autre membre qui évoquait, elle, la manifestation du 1er mai à Paris.

    Les autres pratiques controversées de la police

    En plus des violences policières présumées, certaines pratiques lors de différentes manifestations sont aussi régulièrement dénoncées.

    «Saccage d’un local syndical»

    Le 20 avril dernier par exemple, des policiers ont pénétré dans un local syndical à Lille pour interpeller deux personnes accusées d’avoir agressé des forces de l’ordre. Les militants dénoncent le saccage des lieux et l’absence d’autorisation légale pour pénétrer dans le local.

    Des lancers de grenade à «tir tendu»

    Sur les réseaux sociaux, des internautes ou journalistes ont également relevé des lancers de grenades à «tir tendu». L’interdiction de cette méthode avait pourtant été rappelée en 2009, lorsqu’un adolescent de 14 ans avait été plongé trois jours dans le coma.

    Des tirs de Flash-Ball au niveau du visage

    Avec leur LBD40 (le cousin du Flash-Ball), les forces de l’ordre visent très souvent les manifestants à hauteur du visage. Là encore, cette pratique est interdite par différents règlements. En plus de l’étudiant de Rennes qui a perdu son œil, un syndicaliste contacté par BuzzFeed News dit également avoir été visé à la gorge, photo à l’appui.

    Utilisation d’un Taser pour disperser des manifestants

    Le média Taranis News a également noté que des policiers avaient utilisé à plusieurs reprises un Taser (pistolet électrique), arme extrêmement décriée, contre des manifestants à Clermont-Ferrand.

    Des coups de matraque au niveau du visage

    De nombreuses vidéos (recensées dans notre tableau) montrent également des policiers ou gendarmes utiliser leur matraque pour frapper des manifestants désarmés au visage.Mardi 10 mai, une vidéo montre un homme qui refusait de reculer alors qu’il manifestait près de l’Assemblée nationale violemment frappé au niveau de la tête.

    Des journalistes pris pour cible

    Enfin, les journalistes qui couvrent ces manifestations depuis deux mois ne sont pas non plus épargnés. De nombreux reporters indépendants avaient dénoncé être la cible de la police auprès de BuzzFeed News. Encore mardi, un journaliste-stagiaire des Inrocks a dû être hospitalisé après avoir reçu une grenade de désencerclement.

    Dans un communiqué, l’ONG Reporters sans frontières a d’ailleurs appelé le Premier ministre Manuel Valls à «adopter une position claire et à condamner publiquement les attaques ciblées contre les journalistes lors des récentes manifestations du 1er mai et de la “Nuit Debout”».

    CORRECTION

    Elodie, journaliste, a déposé plainte et eu plusieurs jours d’ITT après avoir été menacée et reçu des projectiles d’un CRS. Dans une première version de cet article, notre tableau disait qu’elle n’avait pas porté plainte et qu’il n’y avait pas de suite médicale.

    par David Perrotin journaliste chez BuzzFeed News

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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