• Loi Travail : Enfin ! La grève générale prend forme

    grece

    CategoriesLoi Travail : Enfin ! La grève générale prend forme. Code du travail : appels à la grève et mobilisation étudiante le 9 mars. Un mot d’ordre de grève générale est en train de gagner les réseaux sociaux, pour le 9 mars, date de présentation en Conseil des ministres de la réforme du Code du travail rappel mes billets d'humeur.

    Un « appel citoyen et militant », initié par des militants CGT notamment, a recueilli l’adhésion sur Facebook de 19 000 participants, encore virtuels. Ses auteurs appellent à la « convergence des luttes (…)avec ou sans les directions syndicales », le 9 mars. Voire après :

    Le 10 on remet ça (avec les retraités qui ont déjà prévu de manifester) et les jours suivants jusqu'au retrait total de ce projet de loi !

    L’appel a été repris par le syndicat Info’Com CGT.

    Journée d'action intersyndicale le 31 mars

    Réunie mardi soir au siège de la CGT, l’intersyndicale n’a pas établi de mot d’ordre commun de mobilisation. La CFDT, qui critique le texte, attend une réponse du gouvernement sur ses demandes de révision « en profondeur », avant de passer à l’action. Le syndicat soutient en revanche la proposition de création de référendums pour dépasser le véto des syndicats majoritaires lors d’une négociation d'entreprise. Un point de désaccord avec les autres organisations de salariés.

    Dans un texte commun, 9 syndicats (1) demandent le retrait du plafonnement des indemnités prud'homales pour licenciement abusif et des « mesures qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs ». Concernant les mesures sur les licenciements économiques (que la future loi veut étendre aux entreprises bénéficiaires qui perdent en « compétitivité »), le forfait jours, l’organisation du travail et l’apprentissage, les signataires concluent seulement qu’ils entendent « travailler ensemble sur la construction de droits nouveaux ». A suivre donc.

    Les syndicats se sont séparés en se fixant un nouveau rendez-vous jeudi 3 mars. La date du 31 mars, soit quatre jours avant le début de l'examen du projet de loi à l'Assemblée nationale, a été évoquée pour « une journée d’action », sur proposition de la CGT. « FIDL, FO, FSU, SUD, UNEF et UNL partagent cette idée », affirmait ce mercredi la CGT, dans une note interne qu'elle a rendue publique.

    L’Unef, syndicat étudiant, ainsi que deux syndicats lycéens sont en revanche déterminés à ne pas attendre pour lancer la mobilisation. Des initiatives doivent être prises pour le 9 mars et une « campagne » est lancée dans les universités.

    La bande à Martine Aubry se fâche !

    Un appel de rupture avec le gouvernement. 

    L’ancienne première secrétaire du PS et une série de personnalités signataires d’un appel paru hier dressent un constat au vitriol de l’état du pays, de la gauche et la responsabilité écrasante de l’exécutif selon mes billets d'humeur.

    «Il est des vérités désagréables à dire, mais il est des moments où il faut savoir les mettre en pleine lumière. » Pour Martine Aubry, un de ces moments est venu. Dans le Monde daté de ce jeudi, son nom ressort parmi les premiers signataires d’une tribune assassine pour ceux de ses camarades socialistes qui gouvernent aujourd’hui le pays. À côté de sa signature figurent celles des eurodéputés écologistes Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot, du généticien Axel Kahn, des économistes Claude Alphandéry et Daniel Cohen… mais on y trouve surtout la garde rapprochée de l’ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin et ex-première secrétaire du Parti socialiste : les députés Jean-Marc Germain et Christian Paul, les anciens ministres de François Hollande Benoît Hamon et François Lamy, l’eurodéputé et ancien premier secrétaire de la fédération socialiste du Nord Gilles Pargneaux, ou encore l’ancienne présidente du Mouvement des jeunes socialistes Laura Slimani.

    La loi travail aura mis le feu aux poudres

    Ces tensions n’ont jamais été un secret. On se souviendra entre autres des charges de la maire de Lille contre le travail dominical, ou un retentissant « Macron ? Comment dire ? Ras-le-bol » au moment où le très libéral et arrogant ministre de l’Économie présentait la loi qui porte son nom. Mais après la fronde d’une quarantaine de députés, c’est bien une nouvelle rupture au sein de la majorité qui se manifeste ainsi. Mais jusqu’à quel point et dans quel but ?

    Le texte, publié hier par le quotidien du soir, est long et les griefs précis. Les auteurs datent le commencement de la dérive à janvier 2014, quand « la gauche avait déjà assisté, incrédule, (…) au pacte avec le Medef, qui se révéla un marché de dupes ». Le pacte de responsabilité et de solidarité, comme l’avait dénommé le gouvernement, avait coûté au budget de la nation « 41 milliards d’euros mobilisés pour rien, ou si peu », rappelle la tribune.

    Les auteurs visent aussi « ce désolant débat sur la déchéance de nationalité » qu’ils se sont « vu infliger », ainsi que « la meurtrissure de l’indécent discours de Munich, à propos des réfugiés », quand le premier ministre Manuel Valls avait déclaré, à l’inverse de la chancelière allemande, Angela Merkel, que « l’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ».

    Mais l’étincelle qui aura mis le feu aux poudres, c’est évidemment la loi travail portée par la ministre ­Myriam El Khomri. Comment aurait-il pu en aller autrement pour celle qui, au même poste dans le gouvernement de la « gauche plurielle » sous Lionel Jospin, y a instauré la semaine de 35 heures de travail, aujourd’hui gravement mise à mal par le projet du gouvernement ?

    Pour l’exécutif usé par la fronde, déséquilibré par le départ retentissant de Christiane taubira et aujourd’hui contesté de manière inédite sur la loi El Khomri, il y a avec cette nouvelle rupture péril en la demeure. « Que le patronat institutionnel porte ces revendications, pourquoi pas, même si elles nous paraissent en décalage avec ce que nous disent les entreprises sur le terrain. Mais qu’elles deviennent les lois de la République, sûrement pas !

    Pas ça, pas nous, pas la gauche ! » s’indignent les signataires. Avec ce projet de loi, « c’est toute le construction des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant l’accord dans l’entreprise dans un pays où le taux de syndicalisation est faible et où le patronat n’a jamais aimé la négociation », analysent-ils. Quant à la méthode – dans une interview de Myriam El Khomri au JDD, le gouvernement affirmait explicitement ne pas exclure un nouveau recours au 49-3 pour adopter la loi sans vote des parlementaires –, elle ne passe pas. À demi-mot, la tribune laisse entendre que la réponse logique des parlementaires serait alors de voter la censure du gouvernement.

    Le jugement global sur l’exercice du pouvoir durant le quinquennat est sévère : « Prendre le monde tel qu’il est n’est pas renoncer à le transformer (…). Encore moins l’éloigner de toute idée de justice. » Suivent quelques lignes qui semblent directement adressées à Manuel Valls : « Il ne suffit pas de se revendiquer du réformisme social pour en mériter le titre. Il n’y a ni vraie réforme ni social dans nombre de politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des propositions puisées dans le camp d’en face, qui n’ont rien de moderne, et qui sont inefficaces. »

    François Hollande n’est pas épargné : « Puisqu’on nous parle du serment de Versailles, rappelons-nous de celui du Bourget, mis à mal une fois de plus, et qui pourtant fonde la légitimité au nom de laquelle le pouvoir est exercé depuis 2012. » Sans surprise, les défenseurs de la ligne gouvernementale, comme le ministre des Finances Michel Sapin, n’ont pas manqué de dénoncer des postures. Interrogé par l’Humanité, Yannick Jadot balaie la critique : « Si les politiques menées par François Hollande et Manuel Valls étaient efficaces, on pourrait dire que l’on serait dans des jeux de posture. Mais elles ne le sont pas. Alors qui est dans un jeu de posture ! Ceux qui prétendent engager la France sur une dérive libérale et autoritaire ou ceux qui rappellent les responsables politiques à leurs promesses ? »

    Le constat est clair :

    « Trop c’est trop. » Mais que veulent les auteurs de cette tribune ?

    Le constat est clair : « Trop c’est trop. » Mais que veulent les auteurs de cette tribune ? C’est là que les choses sont moins nettes. « Il faut de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique. » Un peu léger… À quatorze mois de l’élection présidentielle, l’espoir n’est pas bien grand de voir l’exécutif défaire ce qu’il a fait depuis 2012 et reprendre une nouvelle route un peu plus à gauche.

    D’où cette question que beaucoup se posent : avec cette tribune devenue pétition (elle est signable en ligne sur un site Internet dédié), Martine Aubry ne serait-elle pas en train de se préparer un rôle de premier plan dans la perspective de la présidentielle ? « On veut alimenter le débat et mettre en avant la remobilisation de la gauche plutôt que les candidatures », dément Jean-Marc Germain dans le Monde.

    Des signes semblent tout de même montrer que quelque chose se prépare : Martine Aubry est notamment annoncée ce soir dans un débat à Lille organisé par les promoteurs de la primaire à gauche. Pour Yannick Jadot, signataire à la fois de la tribune et de l’appel à une primaire, les deux démarches « répondent au fond à la même urgence et au même besoin, bien que les objectifs ne soient pas les mêmes. On essaie de produire un débouché politique qui oblige chacun à débattre, à considérer que même si les choses sont très tendues, il y a encore un espace ».

    L’espace existe, c’est sûr. Mais beaucoup veulent l’occuper et il semble bien désorganisé. L’arrivée éventuelle de Martine Aubry dans le jeu de la primaire participera-t-elle à le clarifier ou au contraire compliquera-t-elle encore la situation ? À suivre, mais le temps presse.

    Illustration CC0 Public Domain Pas d’attribution requise Sans langue de bois

    URL de l'article

    "Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d'auteurs et d'organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens."

    Categories

    « Bolloré, l’homme qui se rêvait écolo, détruit les forêts d’Afrique pour l’huile de palmeUNE RUE INTERDITE « AUX ARABES ET AUX NOIRS » À NIORT ? J’AI DÉPOSÉ UNE MAIN COURANTE »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , ,