• Manuel Valls et François Hollande touchent le fond dans les sondages

    Manuel Valls et François Hollande touchent le fond dans les sondages

    CategoriesManuel Valls et François Hollande touchent le fond dans les sondages. Après une courte période d'accalmie post-attentats, les deux têtes de l'exécutif suscitent, depuis janvier, une défiance croissante chez les personnes interrogées selon le figaro.

    (Enquête commandée par le site Délits d'Opinion et réalisée en ligne du 23 au 25 février auprès de 1.015 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, ndlr)

    L'année 2016 s'annonce-t-elle comme un nouvel annus horribilis pour l'exécutif? À un an de la présidentielle de 2017, tous les indicateurs semblent au rouge et la popularité des chefs de l'État et du gouvernement est en chute libre. Après la brève accalmie qui a suivi les attentats de novembre 2015, la grogne semble plus forte que jamais, alors que le dossier explosif de la réforme constitutionnelle n'est toujours pas bouclé.

    Confrontés à la crise agricole, Manuel Valls et François Hollande ont reçu un accueil glacial au Salon de l'Agriculture ces derniers jours. Sur le front de l'emploi, l'ambiance n'est guère meilleure: le chômage stagne et le projet de loi Travail suscite un tollé tel que le gouvernementa annoncé ce lundi le report de sa présentation en conseil des ministres au 24 mars prochain. Selon un sondage Harris Interactive publié lundi, la cote de confiance de François Hollande dégringole de sept points en un mois, à 17%, et celle de Manuel Valls en perd trois à 29%. C'est respectivement leur plus bas niveau depuis leur entrée en fonction. 

    Seulement 13% des sympathisants de gauche soutiennent François Hollande

    Cette érosion de la cote de popularité n'a pas cessé depuis le regain de confiance qui a suivi les attentats de Paris, en novembre dernier. Ce sont désormais plus de quatre Français sur cinq, soit 83% d'entre eux qui ne font pas confiance à François Hollande en tant que président de la République. Un chiffre en hausse de 7 points par rapport au mois de janvier.

    Du côté de Matignon les nouvelles sont à peine meilleures: 7 Français sur 10 se déclarent insatisfaits de la prestation du premier ministre Manuel Valls, soit 70% des personnes interrogées. Là aussi, une hausse de points a été enregistrée. Pire encore pour le président de la République, le désaveu s'aggrave chez les sympathisants de gauche. Seuls 13% soutiennent François Hollande, soit une chute de 8 points.

    Si l'on se penche sur les sympathisants déclarés du PS, 55% conservent une opinion favorable, soit une dégringolade de 18 points. Au sein du gouvernement, c'est le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian qui conserve la meilleure image auprès des citoyens interrogés: 51% lui accordent toujours leur confiance.

    Le locataire de la place Beauvau Bernard Cazeneuve dévisse de 5 points avec 45% d'opinions favorables. Même l'étoile montante du gouvernement Emmanuel Macron perd deux points pour tomber à 44%. La moins bien lotie du gouvernement reste la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui n'inspire la confiance qu'à 11% des personnes interrogées.

    Selon un proche de François Hollande, Manuel Valls se préparerait à quitter Matignon

    Valls se prépare à sortir, il ne veut pas rester à Matignon jusqu'à la fin et être coresponsable du bilan", assure un élu proche du chef de l'Etat, cité par le journal Le Monde.

    L'affaire Aubry, la remise en cause de la loi El Khomri, l’immobilisme de François Hollande, et la dégradation de la conjoncture poussent Manuel Valls à préparer un plan de sortie selon Jean-Marc Sylvestre Atlantico.

    "Tant que je peux, je réforme", martelait la semaine dernière Manuel Valls en réponse à la tribune de Martine Aubry contre la loi El Komhri, et plus généralement contre la politique de l'exécutif selon Atlantico. En première ligne sur plusieurs fronts, comme par exemple pour défendre l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution, le chef du gouvernement assure qu'il ira "jusqu'au bout", deux semaines après le remaniement ministériel.

    Mais selon plusieurs observateurs, la détermination apparente du Premier ministre serait surtout une stratégie visant à quitter Matignon la tête haute avant la fin du quinquennat Hollande. 

    "Il constate que François Hollande est démonétisé et il ne veut pas couler avec. Alors il avance ses pions", estime une journaliste habituée de la rue de Varenne, citée par France TV Info.

    Selon un élu proche de François Hollande cité par le journal Le Monde, l'hypothèse du départ de Manuel Valls serait même plus qu'envisageable : "Valls se prépare à sortir, il ne veut pas rester à Matignon jusqu’à la fin et être coresponsable du bilan. Alors il tend au maximum l’élastique pour qu’il finisse par casser. S’il est mis en minorité sur la loi travail, il pourra sortir en disant qu’il n’a pas les moyens de son grand réformisme", déclare cette source citée par le quotidien du soir. "Sa hantise est d’être 'fillonisé' : Fillon était un premier ministre populaire avant 2012, mais il n’a pas su rebondir après la défaite de Sarkozy", observe également un ministre cité par Le Monde. 

    La gauche dure et opposée aux réformes Valls utilise cette tribune de droite comme la preuve que les réformes développées par le Premier ministre ne sont pas de gauche. Facile ! Emmanuel Macron a répliqué dans le JDD qu’il importait assez peu que la réforme soit de droite ou de gauche, pourvu qu'elle soit efficace pour restaurer la confiance des chefs d'entreprise et s'attaquer à cette injustice insupportable qu‘est le chômage. L’urgence des urgences. Pour les 3 millions de chômeurs, ce débat doit leur paraître puéril et même ridicule. Ils attendent un job et se moquent bien de quelle couleur politique il est.

    Ce sentiment n'est pas partagé par tout le monde à l'extrême-gauche, qui est arrivée à penser qu’il vaut mieux être chômeur en France plutôt que salarié non-qualifié. Argument qui vient d'ailleurs d’être conforté par une analyse de l'OFCE, laboratoire de prévisions économiques (plutôt à gauche) et qui a comparé la situation d’un chômeur indemnisé en France à celle d'un salarié précaire aux Etats-Unis. L'OFCE a peut-être raison, sauf qu’il oublie de préciser le coût d'un tel avantage et le poids que cela pèse sur l'appareil de production français. Si le système économique français est aussi poussif, c’est aussi parce que le modèle social handicape la compétitivité.

    Le niveau du débat est tombé bien bas. A Matignon, Manuel Valls a pris le parti de ne pas répondre à Martine Aubry, sauf qu'il a pris acte qu'elle avait creusé la fracture de la gauche en deux. Pour lui, au moins, les choses sont claires. Pour le président qui rêvait d'une réunification, c'est une catastrophe. Cette fracture va désormais complètement empêcher le gouvernement de faire voter une loi. La loi El Khomri peut trouver une majorité avec les apports du centre (pas sûr) et ceux des députes sincèrement libéraux (20 environ), à moins que les grands leaders comme Juppé, Fillon et Sarkozy fassent campagne, ce qui, à ce moment-là, rehaussera leur nombre. 

    A Matignon, on tourne autour de deux scénarii : 

    - Ou bien la loi passe sans être trop démontée, et sera portée au crédit de Manuel Valls ;

    Ou bien la loi ne passe pas et Manuel Valls sera battu. Il aura fait la démonstration qu’il ne peut plus gouverner. Martine Aubry aura réussi son assassinat.

    Ceci étant, tout l'entourage de Manuel Valls explique qu‘il n’aucun intérêt à rester plus longtemps. Quel que soit le scénario. Le plan s’articule sur 3 points : 

    1er point, compte tenu de la situation politique et économique, François Hollande ne pourra pas être réélu en 2017, qu’il y ait primaire ou pas.

    2e point, François Hollande n’a pas intérêt à dissoudre l'Assemblée nationale. " Elle tiendra bien encore un an ", aurait-il dit très récemment à un de ses amis qui s’est empressé de le répéter.

    3e point, François Hollande ne limogera pas son Premier ministre parce qu’il a besoin de responsable ou de bouc-émissaire pour la campagne. En conséquence, Manuel Valls ne peut pas rester au-delà de l'été, sauf à porter le bilan désastreux du quinquennat.

    Son intérêt est d'apparaître comme un socialiste moderne, qui a voulu réformer le pays et qui n’a pas pu le faire compte tenu du conservatisme de la gauche. Ce qui correspond à la réalité.

    Mais s’il se résout à sortir, son intérêt est que Macron sorte avec lui. Ce qu’il fera, même si le ministre de l'Economie essaie de se préparer, de son côté, à entrer dans le jeu présidentiel. 

    Il sera bien temps d’aviser plus tard. Aviser pour savoir ce que les militants ou les cadres de ce qui restera du parti socialiste diront. Aviser pour savoir l'état de l'opinion, et celui des sponsors du monde du business qui commencent à être nombreux à penser qu'un attelage Valls-Macron serait capable de remettre la France dans le jeu de la marche internationale.

    Illustration CC0 Public Domain Pas d’attribution requise Sans langue de bois

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