• Martine Aubry a-t-elle tué Manuel Valls, la gauche ou... personne (car tout le monde s'en fiche au final...) ?

    Martine Aubry a-t-elle tué Manuel Valls, la gauche ou... personne (car tout le monde s'en fiche au final...) ?

    CategoriesMartine Aubry a-t-elle tué Manuel Valls, la gauche ou... personne (car tout le monde s'en fiche au final...) ? Pour le monde des affaires qui suit avec scepticisme la situation politique, Martine Aubry peut toujours parler, ça tombera à plat puisqu'elle n'a pas de plan B. En attendant, quel désordre...

    Martine Aubry et quelques intellectuels voudraient détruire la crédibilité des professionnels de la politique qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.

    Ils n'y sont pas allés de main morte. Pour qui ? Pour quoi ? Nul ne le sait. Martine Aubry n'a aucune alternative. Elle travaille donc pour elle et rien que pour elle.

    Sur le terrain politique, un tel réquisitoire venant d'une des plus grandes personnalités de la gauche devrait normalement faire exploser l'équipe gouvernementale et sa majorité. C'est Manuel Valls qui est ciblé.

    "Trop c'est trop, écrit-elle.

    Oui, et elle explique en substance qu'avec le pacte de compétitivité, le débat sur la déchéance de nationalité, et aujourd'hui la réforme du code du travail, François Hollande et Manuel Valls trahissent les idéaux et les valeurs de la gauche socialiste". Très bien !

    Alors oui, l'équipe dirigeante trahit les valeurs sur lesquelles elle s'est fait élire. Oui, bien sûr. Mais ce que Martine Aubry ne dit pas, c'est que face au mur des réalités, François Hollande et Manuel Valls ont essayé de développer une stratégie qui réponde aux contraintes qui s'imposent.

    Quand, sur une suggestion et une proposition de Louis Gallois, (un ami de Martine Aubry), le gouvernement a sorti le CICE, le contrat d'investissement, compétitivité emploi, on a entendu les Verts et les frondeurs grogner, mais on n'a pas entendu Martine Aubry protester et proposer autre chose pour renforcer la compétitivité de l'appareil industriel qu'elle connaît très bien. Elle ne s'interroge pas sur les vraies raisons du redressement exceptionnel des constructeurs automobiles français Renault et PSA Peugeot-Citroën. Ce n'est qu'un exemple.

    Quand, au lendemain des attentats terroristes, le président a pris des mesures d'exception pour répondre à cette urgence, personne ne s'y est opposé. Pas plus les frondeurs que Martine Aubry. 

    Ajoutons à cela qu'au moment des élections régionales, la grande région du Nord pilotée indirectement par Martine Aubry, a failli passer au Front National. Ça veut dire que cette région pilotée par les amis de Madame Aubry n'avait pas donné les résultats et les projets que les habitants attendaient. Qu'a-t-elle fait ? Qu'a-t-elle dit ? Pour protéger ce bastion de gauche. Rien ! Elle s'est enfermée dans un conservatisme vieillot qui a été balayé par les électeurs. 

    Aujourd'hui, elle part en guerre contre le projet de réforme du code du travail. Très bien. C'est un projet qui doit permettre plus de flexibilité, plus de souplesse et plus de possibilités d'adaptation et par conséquent plus d'emplois.

    Alors les initiatives de François Hollande ne sont pas idylliques. Loin s'en faut. Elles sont bourrées de maladresses mais elles s'intègrent à une ligne stratégique qui vise à restaurer l'économie française et sa capacité à créer de la richesse.

    La ligne stratégique tient compte des contraintes de la mondialisation, essaie de respecter les codes de bonne conduite de l'Europe et de positionner les entreprises dans le jeu concurrentiel pour qu'elles puissent créer des emplois. Alors bien sûr, cette ligne a de gros défauts, elle ne ménage pas assez les demandes de sécurité par exemple, pas assez les contre-pouvoirs, etc., etc.

    Mais aux yeux de la gauche traditionnelle, cette politique a un grave défaut, c'est qu'elle aurait pu être conçue et votée par une grande partie de la droite libérale. La droite aurait d'ailleurs dû voter la loi Macron sur la déréglementation du travail le dimanche et les autocars.

    Le fait nouveau depuis 3 ans c'est qu'une partie des dirigeants socialistes, François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron ont compris que la meilleure des sécurités était le plein emploi et la croissance. Ils essaient donc de mettre la France en position de créer des emplois et de la croissance.

    Le problème c'est qu'ils n'ont pas de majorité pour appliquer une politique sociale libérale.

    Martine Aubry vient de se designer comme leader de cette gauche morale, gardienne des textes sacrés. Par conséquent, elle demande aux dirigeants actuels de changer de cap ou alors … de partir.

    La position de Martine Aubry serait crédible si elle avait une politique alternative, mais elle n'a rien. Les 35 heures, encore ? Les emplois aidés, encore ? Rien sur la compétitivité, rien sur l'Europe, elle, la fille de Jacques Delors… Rien sur le progrès technologique.

    N'ayant rien à proposer, l'opinion ne peut pas adhérer à sa charge. L'opinion, et tous les sondages le disent, en a "marre" des débats de droite ou de gauche, marre des débats sur les valeurs ou sur l'identité de la gauche.

    Martine Aubry, ne fait rien d'autre qu'une opération politique, politicienne.

    François Hollande et Manuel Valls vont donc aller jusqu'au bout de leur logique. Dans ce cas-là, de deux choses l'une :

    Ou bien ça passe à l'Assemblée moyennant quelques aménagements indispensables et François Hollande peut se représenter sans aucune garantie d'être réélu.

    Ou ça casse et la majorité sera fracturée. Alors François Hollande peut tenir jusqu'en 2017, mais Manuel Valls sera contraint de partir et de présenter la démission de son gouvernement. C'est la ligne dont il est porteur qui est en cause. Dans ce cas-là, Manuel Valls partirait avec l'image d'un Premier ministre qui s'est battu pour la modernisation du parti socialiste. Un peu comme Mendes-France autrefois.

    Martine Aubry a sans doute voulu tuer Manuel Valls. Elle n'a sans doute réussi qu'à souligner le divorce de la famille de gauche avec :

     - d'un côté, une gauche morale, traditionnelle, respectueuse des grands principes forgés au début du siècle, mais très mal adaptée au 21e siècle.

    - de l'autre côté, une gauche ouverte sur l'international, le progrès technologique, l'Europe, une gauche sociale-libérale, plus pragmatique.

    La première gauche est enlisée dans la crise économique et sociale, embourbée dans un déficit budgétaire et un endettement insoluble avec un cortège de 6 millions de chômeurs, alors que la majorité des pays européens sont au plein emploi.

    La nouvelle gauche essaie d'agir pour regagner des marges de compétitivité, par des mesures qui paraissent transgressives par rapport au dogme mais des mesures qui ont apporté des résultats dans d'autres pays, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne.

    par Jean-Marc Sylvestre

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