• Nouvelles rumeurs de démission de Macron

    Nouvelles rumeurs de démission de Macron

    CategoriesNouvelles rumeurs de démission de Macron. Le ministre de l'Économie confie en off son désaccord avec François Hollande, mais le soutient en public... Au point de quitter le gouvernement ?

    C'est la grande agitation dans les coulisses du pouvoir : à l'Élysée comme autour de Manuel Valls, on s'attend à apprendre la démission d'Emmanuel Macron. En juin, affirmait Mediapart, récemment. En juillet, soufflent d'autres sources proches du ministre de l'Économie. Une ambiance de suspicion alors même que le principal intéressé ne cesse de démentir son départ. Problème : certains journalistes entendent deux sons de cloche. Le « Macron off » et le « Macron on ». « En Algérie, le samedi 9 avril au soir, il a rencontré quelques journalistes et leur a confié : « Avec François Hollande, nos chemins se séparent. » Mais dès le lendemain soir, invité au JT de 20 heures de France 2, il réaffirmait son soutien et sa complémentarité vis-à-vis de François Hollande... Au Point, il assure avec humour en détournant le titre d'un film de Max Pécas : « On se calme et on boit frais. »

    Depuis longtemps, Macron constitue un réseau d'élus qui, le jour venu, se déclareront à ses côtés en brisant le clivage droite-gauche. Des élus de droite comme le maire d'Orléans, Olivier Carré (LR), chez qui Macron est allé honorer Jeanne d'Arc. Des élus socialistes aussi comme Pascal Terrasse, Richard Ferrand en tête, suivis d'autres moins connus (Nicolas Bays, Florent Boudié, Jean-Jacques Bridey, Alain Calmette, Corinne Erhel et Stéphane Travert).

    Un dîner avec le couple Hollande-Gayet

    Macron est-il dans la duplicité ? « Je ne connais qu'un seul Macron, celui qui soutient le président », assure Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS. François Hollande s'est rendu récemment, en compagnie de Julie Gayet, à un dîner organisé à Bercy par Emmanuel et Brigitte Macron. Preuve que tout va bien entre les deux hommes ? « Hollande se leurre comme il s'est leurré sur les intentions de Ségolène Royal en 2006, analyse un élu socialiste. Il croit pouvoir se concilier Macron par un dîner. Mais il n'a pas du tout les codes ni le logiciel du président. C'est un homme pressé. »

    En attendant, les apparences d'une candidature à la présidentielle sont toutes réunies. Son staff a mis au point un story-telling d'enfer entamé par la création accélérée d'un mouvement autonome, En marche !, qui revendique 50 000 adhérents (gratuits). Puis, une campagne de porte-à-porte de marcheurs qui mobiliserait 12 000 personnes à travers la France. Les remontées du terrain sont censées nourrir le « diagnostic » – en fait, un livre-programme – qu'Emmanuel Macron publierait prochainement. Le timing même de sa sortie éventuelle du gouvernement à l'été correspond matériellement à la nécessité pour lui d'aller chercher auprès des élus les 500 signatures nécessaires à sa candidature. Impossible d'attendre décembre 2016, l'échéance fixée par François Hollande pour annoncer ou renoncer à sa propre candidature. Décembre, ce serait trop tard pour Macron, surtout sans l'appui du Parti socialiste.

    Chercher un bon motif de sortie

    Pour sortir du gouvernement, Emmanuel Macron doit aussi trouver une bonne raison. L'abandon de l'article 2 de la loi travail – l'inversion des normes – face aux revendications de la CGT lui fournirait un prétexte de rupture. Mais, pour l'heure, le gouvernement Valls tient bon, même s'il est envisageable que l'article 2 soit légèrement amendé pour sauver la face à la CGT. Autre point de friction possible : l'abandon de l'article 43 de la loi Sapin 2, inspiré par Macron et qui veut abaisser le niveau de qualification des artisans de France. La Capeb est partie en guerre contre le gouvernement le 27 mai. Devant le nombre de fronts sociaux ouverts et l'hostilité d'une partie des députés PS, le gouvernement Valls pourrait renoncer face à la colère des artisans, un public plutôt acquis à la droite. Macron s'agite comme un beau diable en coulisse pour défendre son article, mais le vent ne lui est pas très favorable à l'Assemblée nationale ni à Matignon... Il y a du clash dans l'air.

    Au PS, il y a aussi tous ceux qui attendent son départ avec impatience. Qu'il s'agisse de Benoît Hamon ou d'Arnaud Montebourg, tous misent sur la candidature Macron pour disqualifier celle de François Hollande et ainsi récupérer à leur profit l'appareil du PS à l'issue d'une primaire dont Macron ne serait pas. Mais ce pari repose sur un postulat : que François Hollande renonce devant la popularité de son protégé. Le chef de l'État est plus têtu qu'on ne le pense. Et le départ de son jeune ministre n'aura pas une grande incidence sur sa propre détermination à aller jusqu'au bout de sa démarche, avec tout l'appui de l'appareil d'État et une armée de flingueurs professionnels contre l'outrecuidant « Brutus »...

    par EMMANUEL BERRETTA

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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