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    Nuit debout...

    CategoriesNuit debout... "Merci Patron !" et "Nuit debout" : qui est le controversé François Ruffin ? Son film fait un carton. Le journaliste cherche aujourd'hui un second souffle au mouvement à Nuit Debout. Des critiques émergent rapporte sud ouestHuit jours avant la soirée parisienne qui mènera au mouvement Nuit Debout et neuf jours avant la sortie de son film, François Ruffin était à Agen. Le 16 février, avec un acolyte de Fakir, "journal fâché avec tout le monde ou presque" qu'il a créé en 1999, le journaliste nordiste s'était déplacé dans le Lot-et-Garonne pour apporter son soutien à Rajae Gueffar, agent d'escale de 50 ans,  licenciée fin 2015 pour avoir traversé entre deux nettoyages de trains les voies de la gare d'Agen sur un passage planchéié au lieu d'emprunter le souterrain.

    Devant la caméra de François Ruffin, la Lot-et-Garonnaise revient sur ce licenciement qu'il l'a rendue "malade" après 14 ans de bons et loyaux services. "J'ai toujours fait mon travail comme il faut, j'ai toujours été présente, je ne me suis jamais absentée. Etun jour, j'ai traversé la voie pour gagner du temps. C'est après que je me suis rendue compte que je faisais une erreur", témoigne Rajae Gueffar. La vidéo de 4 minutes a été envoyée par clé USB à la direction de son ancienne entreprise, Onet Services.

    De cette affaire, François Ruffin se sent "capable de faire quelque chose de plus national". Comme ce qu'il a fait avec "Merci Patron !" ?

    Depuis sa sortie le 24 février, ce documentaire humoristique qui égratigne avec dérision le géant du luxe LVMH et son PDG Bernard Arnault est un carton (plus de 300 000 entrées). "Merci Patron ! " raconte le combat du couple Klur au bord de la rupture. Tous deux étaient employés dans l'usine Ecce à Poix-du-Nord, une filiale du groupe LVMH jadis chargée de la confection des costumes Kenzo avant que l'usine ne soit délocalisée en Pologne en 2007.

    De "Merci Patron !" à "Nuit debout"

    Comment est né ce film ? "L'histoire commence à l'automne 2012, au moment où Bernard Arnault réclame la nationalité belge. François Ruffin, qui avait inventé le personnage 'I love Bernard', a décidé de partir en campagne avec sa camionnette, son tee-shirt, tous les gadgets à l'effigie du patron de LVMH, dans les usines fermées par le groupe. Au début, il faisait des vidéos pour YouTube, sans imaginer du tout qu'un jour ça deviendrait un film. Et puis il a fait un bout de chemin avec ce couple, les Klur, très endetté et à deux doigts de l'expropriation après s'être fait licencier par LVMH. Et le film a pris forme", expliquait il y a quelques jours dans nos colonnes Johanna Silva, coproductrice du film

    Financé notamment par une campagne participative, avec un budget de 40 000 euros, ce premier film de François Ruffin ne fait pas trembler Bernard Arnault, pourtant ridiculisé avec malice. L'homme le plus riche de France, habitué dit-il à "être l'objet de critiques de la part de groupes d'extrême gauche", ne s'est pas offert le luxe de regarder le documentaire.

    Pourtant, "le film, c'est lui qui l'a écrit", se plaît à dire le "journaliste militant". "J'espère qu'il ne va pas me réclamer des droits d'auteur", ironise le quadragénaire, fan du cinéaste américain Michael Moore, qui espérait que son film serve de "détonateur" et permette "une convergence des luttes".

    Vidéo: #Nuitdebout : scotche Hollande et Valls au pilori de l'extrême droite

    La veille de la sortie en salle de sa première réalisation, François Ruffin organisait avec ses camarades du journal Fakir, dont il est le rédacteur en chef, une soirée à Paris intitulée : "Leur faire peur". À qui ? À l'oligarchie. C'est l'acte fondateur de la "Nuit debout" lancée le 31 mars sur la place de la République. "Merci patron !" y sera diffusé le soir-même, en présence de François Ruffin, au milieu d'une foule effervescente.

    "Nuit debout" s'interroge sur son avenir

    François Ruffin propose "un coup" pour le 1er Mai

    Aujourd'hui, après une vingtaine de jours de mobilisation, le mouvement se cherche un second souffle. Mercredi 20 avril, François Ruffin a organisé un débat "Nuit debout : et après ?". 

    Dans une salle où tout le monde n'a pu rentrer, il propose un "coup" : "Je souhaite qu'on fasse un très gros 1er Mai, à la fois festif et politique, que la manif' se termine à République et qu'on fasse un meeting commun avec les syndicats qui sont opposés à la loi El Khomri". Certains voient cette proposition d'un mauvais oeil : "François Ruffin et ses soutiens  sont (...) accusés d'entraver "la conquête de la souveraineté populaire" en jouant la carte des syndicats, écrit Streetpresse. Sur place, l'ambiance était tendue : 

    "Malgré un large soutien du public à la proposition François Ruffin, plusieurs participants de Nuit debout n'apprécient pas l'image d'une avant-garde éclairée se réunissant à l'écart de la place. 'On n'a pas attendu les intellectuels pour avoir l'idée de se mobiliser massivement pour le 1er mai', lance quelqu'un."
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    "Dans la salle, les esprits s'échauffent. Benjamin Ball, membre du Média Center de Nuit debout, prend la parole. Il dénonce le mépris des orateurs du jour."
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    "Vous verrez, il finira patron"

    Si son premier long-métrage est un succès, François Ruffin ne fait pas l'unanimité. Certains de ses confrères n'apprécient pas ses méthodes.

    La sortie de son livre en 2003 "Les Petits soldats du journalisme", dans lequel il dénonçait le formatage des écoles de journalisme, avait fait l'effet d'une petite bombe dans le milieu, notamment au sein du prestigieux Centre de formation des journalistes (CFJ) dont il a fréquenté les bancs.  Si "certaines critiques étaient justifiées, c'est sa manière de procéder avec nos propos retranscrits hors contexte, sans nous prévenir, qui nous avait choqués", témoigne l'un de ses anciens camarades de promotion.

    La vérité : C'est qu'on se fout de notre gueule... La preuve en image...

    Dans un article plutôt critique, L'Express va plus loin. Sur la base de témoignages de personnes l'ayant côtoyé, l'hebdomadaire le décrit comme un individu ayant "une haute opinion de lui-même et volontiers mégalo". 

    "Son narcissisme fait sa force" renchérit de manière anonyme un de ses anciens amis dans Le Monde. Le portrait du journal du soir finit avec cette citation : François Ruffin est un homme "à l'ego surdimensionné, au combat obsessionnel... Vous verrez, il finira patron..."

    Des participants de "Nuit debout" bloquent le gala de Sciences Po. Ils sont venus protester contre "l'école des élites". En début de soirée ce vendredi 22 avril, des étudiants et des manifestants venant de la Nuit debout sont venus avec l'intention de bloquer le gala de Sciences Po Paris, prévu au Palais Brongniart, dans le IIeme arrondissement de la capitale selon le huffington post .

    Sur Twitter, de nombreuses images (pour le moins cocasses) ont été partagées, montrant des étudiants de l'IEP de Paris sur leur 31 et médusés face à des manifestants, qui ont fini par être évacués par les forces de l'ordre, accueillies par des applaudissements par les étudiants de Sciences Po.

    Ci-dessous, quelques photos prises par des témoins de la scène (ou des confrères deL'Obs dont la rédaction donne également sur la place de la Bourse).

    Cette manifestation a été organisée par des étudiants "de plusieurs facs" et des participants de Nuit debout qui sont venus protester contre "la reproduction des élites". Dans le viseurs des manifestants également, la présence d'Emmanuel Macron, invité d'honneur du Gala ce soir.

    Selon L'Obs, était aussi dénoncé par les "bloqueurs", "un des masters de Sciences Po, reposant sur un partenariat avec la Société générale", banque citée dans le scandale des Panama Papers. "Votre violence est symbolique, notre violence est légitime", pouvait-on aussi lire sur une banderole. Finalement, les manifestants sont retournés sur la place de la République et les étudiants de Sciences Po ont pu aller à leur soirée.

    Après trois semaines d’existence, Nuit debout suspendu à son processus de vote. La commission Démocratie s’est donné rendez-vous à 16 heures, place de la République à Paris, mercredi 20 avril rapporte Violaine Morin du journal le monde. Sous un grand soleil, les militants se retrouvent pour discuter de la construction des « outils démocratiques » de Nuit debout. Et ce n’est pas tâche aisée : avant même de lancer la réunion, le rappel de l’ordre du jour provoque déjà des débats. Doit-on prendre le temps de tout réexpliquer aux « nouveaux » qui n’étaient pas là la veille ? « Cela me paraît très compliqué, cette discussion… », soupire déjà un participant.

    Quarante minutes plus tard, on en est toujours à l’ordre du jour. Après lecture d’un projet de texte qui définirait les pouvoirs des différents organes, long de plusieurs pages, on propose de se concentrer sur l’aspect « processus de vote ». Mais pour ça, comme toujours, il faut d’abord voter.

    « Qui veut participer au vote ?

    – Mais au vote de quoi ?

    – Au vote pour se concentrer sur le vote. »

    Un rire parcourt le groupe. Puis les propositions du texte sont égrenées : l’assemblée devra avoir un rôle consultatif ou de proposition, mais il faudrait aussi des assemblées votantes, des assemblées des commissions, des… « C’est interminable ! », s’écrie quelqu’un. « On n’avance pas, et les gens vont déserter la place ! », s’inquiète un autre.

    Car depuis quelques jours, un problème obsède les participants à Nuit debout : le vote. Déterminer son processus est la condition pour que le mouvement puisse avancer. Et se projeter. L’assemblée générale (AG), que l’on appelle plutôt « assemblée populaire » désormais, n’est pas souveraine de fait, car les participants qui vont et viennent se prononcent parfois sur des points qu’ils ignorent, s’absentent, reviennent, etc. L’assemblée se plaint que les commissions prennent leur autonomie, et les commissions, de leur côté, craignent par-dessus tout que des inconnus viennent organiser des « votes sauvages », improvisés à partir de rien, devant l’assemblée.

    Le piège de l’ultrahorizontalité

    Dans ce casse-tête, les regards se tournent vers la commission Démocratie, chargée d’élaborer un appareil de vote fiable et efficace. Sans lui, aucune décision qui engage le mouvement ne peut être prise, les commissions sont bloquées, les communiqués de presse aussi, sous peine de voir le pôle presse accusé par l’assemblée de communiquer au nom de Nuit debout sans l’avoir consulté.

    Mais pas simple, face à l’infinie possibilité des schémas qui existent, de définir qui peut émettre les propositions, les soumettre, les débattre, les évaluer, puis les voter, si vote il doit y avoir. Et le mouvement arrive désormais à cette phase charnière où deux options s’offrent à lui : il faut soit se structurer, et risquer de faire perdre à Nuit debout son originalité par rapport à un mouvement politique classique ; soit choisir l’horizontalité absolue, au risque de ne jamais rien pouvoir décider. Et de finir par s’essouffler.

    Le « piège » de l’ultrahorizontalité, c’est justement ce que voudrait pouvoir éviter la commission Démocratie. Ses participants savent que c’est cela qui a plombé le mouvement Occupy Wall Street. Pour éviter que les décisions ne soient soumises à la rigidité et à la lenteur du processus de vote, ils proposent donc de le limiter aux questions qui définissent les grandes revendications du mouvement et à celles concernant son fonctionnement interne. Les questions plus thématiques seraient quant à elles laissées à l’appréciation de chaque commission.

    « Le vote est l’un des outils du mouvement, l’un de ses modes d’expression, il n’est pas l’outil, ni le mode d’expression suprême », souligne la commission Démocratie dans une note de synthèse consultée par Le Monde, un document de sept pages, avec plusieurs schémas de vote, dans lequel il est question de « porteurs de propositions », d’« avis consultatifs » ou encore de « souveraineté du vote ».

    Projet de vote expérimental

    Jeudi soir, ce document, sur lequel la commission Démocratie travaillait depuis plusieurs jours, a été présenté en « intercommissions ». Un premier « projet concret de processus de vote expérimental » pourrait être testé à court terme.

    Ce système reposerait ainsi sur trois assemblées : une de propositions ; une de commissions ; une votante. Chacune de ces assemblées pourrait prendre plusieurs formes : prise de parole au micro ; discussion de voisinage ; groupes de travail parallèles pour affiner ou amender les propositions.

    Le schéma du projet de processus de vote expérimental qui a été proposé jeudi 20 avril par la commission Démocratie, selon une note de synthèse consultée par "Le Monde". Les propositions sont toujours en cours de travail et visent à être améliorées, précise la commission.

    Encore faut-il que ces propositions, en cours d’étude et « ayant vocation à être améliorées », soient validées par les autres commissions. Lesquelles, de leur côté, commencent à s’impatienter. « On a la même hâte qu’eux et on comprend l’impatience », répond l’une des participantes de la commission Démocratie. Mais dans cet « immense chantier » démocratique encore en friche, il faut faire preuve de patience et de persévérance pour fabriquer les « meilleurs outils », « solides, fiables et efficaces ». Loin de montrer des signes de lassitude, la jeune femme se réjouit de vivre cette « expérience politique grandeur nature ».

    « Il faut toujours un plan de bataille »

    Face aux risques de stagnation et d’essoufflement, les instigateurs du mouvement, eux, appellent à l’action. « Il faut toujours un plan de bataille », a lancé François Ruffin, le réalisateur de Merci Patron !, le 20 avril à la Bourse du travail. Ce débat organisé par Fakir, journal dont il est le fondateur, avait pour thème « Nuit debout : l’étape d’après ? ».

    Plusieurs intervenants de cette table ronde, qui réunissait des syndicalistes et l’économiste Frédéric Lordon, ont appelé les militants de Nuit debout à travailler à la fameuse « convergence des luttes » avec les syndicats. « On n’arrivera à développer ce mouvement que si on obtient des victoires, et la victoire qui est atteignable, c’est le retrait de la loi El Khomri », a ainsi estimé Leila Chaibi, l’une des instigatrices de la mobilisation.

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