• Occident vs Russie: pourquoi la faute revient toujours à Poutine

    Occident vs Russie: pourquoi la faute revient toujours à Poutine

    CategorieOccident vs Russie: pourquoi la faute revient toujours à Poutine. Ici - l'Europe infaillible démocratique, là - la Russie maudite sous le règne d'un diable assoiffé de pouvoir. L'Occident s'accorde sur le fait que le président russe est coupable de tous les maux du monde, et souhaite cultiver cette idée chez ses alliés. Mais une telle approche, ne semble-t-elle pas être trop simpliste, pour ne pas dire absurde?

    On branche l'ordinateur, qui est là? Poutine. On ouvre un journal, le même visage sur les pages. Du conflit ukrainien, de la crise migratoire à Pegida, la communauté internationale semble attribuer tous les problèmes au président russe. Et on en arrive à quoi, à lui reprocher une mauvaise coiffure de Mme Merkel?

    Le Poutine imaginé

    Vladimir Poutine est un fantôme. Mais comme tous les fantômes, ce Poutine qui nous regarde des écrans et des pages des journaux est créé par notre propre imagination, lit-on dans un article du Spiegel Online.

    "Putinversteher" ("celui qui comprend Poutine") est un mot tristement connu en Allemagne. Lors de la crise ukrainienne, les "Putinverstehers" réussissaient toujours à trouver des excuses aux démarches du président russe, une tactique imprudente par rapport aux Occidentaux.

    A l'époque, l'Occident favorisait la vision de Poutine en tant que fou dans la politique internationale. Angela Merkel a estimé qu'il vivait dans son propre monde. Mais c'est déjà du passé, aujourd'hui M. Poutine porte le nom de diable chez les Occidentaux.

    Pourquoi il faut blâmer les Russes

    On est tous maintenant de mauvaise humeur sur la scène internationale. Vous savez pourquoi? Les Russes. La faute aux Russes!

    "Je n'exclus pas personnellement que le terme de +Lügenpresse+ (+la presse menteuse+) a commencé à être utilisé en Allemagne à cause des services secrets russes", a déclaré Ulrich Wickert, présentateur allemand connu pour ses polémiques, dans un entretien.

    Un journaliste perplexe lui a répondu, désignant Pegida en tant qu'auteur initial du mot.

    M. Wickert ne l'a pas contesté. Mais d'où provient cette idée? Est-ce qu'il y a des preuves du soutien russe apporté à Pegida? Non, personne ne le sait au juste. Ce qui n'empêche pas de l'affirmer.

    Dans le cas de Poutine, des Russes, c'est la même chose: personne ne sait s'ils sont derrière les problèmes existants, mais personne n'hésite curieusement à l'affirmer.

    La Russie absurde

    Le monde d'aujourd'hui ressemble à un horrible conte de l'époque victorienne. Voilà l'Europe clairvoyante, dirigée avec raison, et voici la Russie sombre où règnent la violence, l'anarchie, les passions, la Russie qui rêve d'amener l'Europe infaillible au bord d'un précipice. 

    Vraiment, c'est incroyable: le ministre des Affaires étrangères du grand empire, englobant 11 fuseaux horaires, s'emploie à régler l'affaire d'une fille de 13 ans, Allemande russe de Marzahn (quartier de Berlin), qui s'est disputée avec ses parents et n'est pas revenue à la maison dans la nuit. Absurde!

    Et puis, de l'autre côté, publier un rapport de 329 pages, rédigé par les Britanniques, disant qu'il est "probable" que Vladimir Poutine ait consenti à l'assassinat de Litvinenko (un ancien agent des services secrets russes, opposé à M. Poutine), ce n'est pas absurde, c'est bien raisonnable? Et ici toujours pas de preuves, mais accusations, accusations… comme les meilleures traditions le veulent.

    L'Occident n'a pas le droit de moraliser

    Depuis fin septembre, les forces russes se trouvent engagées dans le conflit syrien. En six mois ou moins, les frappes russes ont réussi à renverser le cours des choses dans la région, ayant ouvert la voie aux troupes gouvernementales syriennes.

    "La Russie a réussi à renverser le cours de la guerre qui était qualifié d'irrévocable en Allemagne", écrit-t-on dans une des récentes éditions de FAZ.

    En cela, on s'acharnait à convaincre tout le monde qu'il n'existait pas de solution militaire au conflit. Peut-être s'agissait-il d'une solution qui déplaisait à l'Occident?

    Le sénateur américain Daniel Coats, jadis ambassadeur à Berlin, accuse la Russie d'utiliser les migrations comme une "arme". Ursula Gertrud von der Leyen, ministre allemande de la Défense, déclare en colère que Vladimir Poutine mène un double jeu en Syrie.

    Mais non, que se taisent ceux qui en parlent, et qui évoquent les victimes des frappes! En cinq ans, la guerre a fait au minimum 250.000 morts et a poussé plus de 11 millions de personnes à quitter leur pays natal — et l'Occident n'y a pas remédié, affirme l'auteur de l'article du Spiegel. Non, il regardait calmement, sous l'angle de l'indifférence, de l'incompétence et de l'affairisme, la Syrie brûler. C'est pourquoi ils ont perdu leur droit de moraliser.

    En réalité, cette sorte de rhétorique sert d'excuse de la présence militaire occidentale en Europe de l'est. En clair, cette guerre froide fait le jeu des Occidentaux. Et l'ennemi commun en la personne de Poutine en est indispensable, son image de diable permettant à l'Occident de faire bonne figure.

    Illustration Vladimir Poutine. Ce contenu est librement disponible Sans langue de bois

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