• Pierre Jacquemain collaborateur El Khomri tire à boulets rouges sur le projet de loi travail

    Pierre Jacquemain collaborateur El Khomri tire à boulets rouges sur le projet de loi travail

    CategoriesPierre Jacquemain collaborateur El Khomri tire à boulets rouges sur le projet de loi travail. Pierre Jacquemain, qui travaillait comme "plume" de Myriam El Khomri au ministère du Travail, explique dans un entretien à L'Humanité pourquoi il a claqué la porte de la rue de Grenelle mi-février. Et tire à boulets rouges sur le projet de loi travail.

    La grogne contre le projet de loi travail a gagné jusqu'à la rue de Grenelle: dans une interview à L’Humanité ce lundi, un ex-proche conseiller de Myriam El Khomri explique pourquoi il a choisi de démissionner, mi-février, du ministère du Travail selon BFMTV

    Pierre Jacquemain, qui travaillait auprès de Myriam El Khomri depuis mai 2015, alors qu’elle n'était encore que secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, souligne l'estime qu'il porte à la benjamine du gouvernement. "C'est une militante de gauche que j’ai toujours respectée", salue-t-il, louant une femme douée d'"une grande ambition".

    Politique décidée "à Matignon"

    Mais celui qui a été sa "plume" confie avoir vite déchanté quant à sa mission au ministère du Travail. En cause? Une politique édictée directement par Manuel Valls, selon Pierre Jacquemain:

    "C’est un beau ministère, qui s’est malheureusement détourné de sa mission première: défendre les salariés, dans un contexte économique troublé. Au départ, je pensais que je serais utile", explique-t-il. "J’ai peu à peu compris que nous perdions la bataille. En réalité, la politique du ministère du Travail se décide ailleurs, à Matignon. C’est le Premier ministre qui donne le ton".

    "Erreur historique", "non-sens économique" et "politique"

    Or, le projet de loi final ne reflète aucune des "avancées" obtenues par la ministre à l'issue de sa "concertation fructueuse avec les partenaires sociaux". Et le résultat est loin d'être à la hauteur, pour ce jeune homme issu de la gauche radicale, aussi ancien collaborateur de Clémentine Autain. "Le compte personnel d’activité n’est qu’une coquille vide", lance-t-il. "A qui veut-on faire croire que la dématérialisation des fiches de paie est une grande avancée sociale?", déplore-t-il encore.

    Pire, "ce projet de loi est une erreur historique. C’est une régression en matière de droits sociaux", s'indigne-t-il. "C’est un non sens économique, parce qu’il n’est pas prouvé que cette loi créera de l’emploi. C’est enfin un non-sens politique: quand on se dit de gauche, quand on s’estime progressiste, je ne vois pas comment on peut soutenir un tel texte."

    Pour la première fois, ce jeune homme issu de la gauche radicale (il a été collaborateur de Clémentine Autain), raconte les raisons de sa démission rapporte l'humanité.

    Quel poste occupiez-vous auprès de la ministre du Travail ?

    Pierre Jacquemain : J’étais en charge de sa stratégie publique: je préparais ses discours et ses entretiens avec la presse. J’étais sa « plume », si vous voulez... J’ai été recruté par Myriam El Khomri en mai 2015, à l’époque où elle était secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville. C’est une militante de gauche que j’ai toujours respectée. Elle a fait un excellent travail en tant que secrétaire d’Etat, elle s’est battue pour obtenir des arbitrages favorables et mener une politique digne de ce nom. C’est pourquoi lorsque, trois mois plus tard, elle m’a proposé de la suivre au ministère du Travail, je n'ai pas hésité. C’est un beau ministère, qui s’est malheureusement détourné de sa mission première : défendre les salariés, dans un contexte économique troublé. Au départ, je pensais que je serai utile.

    À quel moment avez vous déchanté ?

    Pierre Jacquemain: J’ai peu à peu compris que nous perdions la bataille. En réalité, la politique du ministère du Travail se décide ailleurs, à Matignon. C’est le Premier ministre qui donne le ton. Après le rapport Combrexelle, Myriam El Khomri avait pourtant une grande ambition. Elle a mené une concertation fructueuse avec les partenaires sociaux, qui a débouché sur de réelles avancées. Malheureusement, aucune de ces avancées n’apparait dans le projet de loi final. Le compte personnel d’activité n’est qu’une coquille vide, qui n’est que l’agrégation de droits sociaux déjà acquis. Par ailleurs, à qui veut-on faire croire que la dématérialisation des fiches de paie est une grande avancée sociale ?

    Comprenez vous le tollé provoqué à gauche par ce projet de loi ?

    Pierre Jacquemain. Oui. Ce projet de loi est une erreur historique. C’est une régression en matière de droits sociaux, dans la mesure où de nombreux acquis des travailleurs pourront être renégociés à l’échelle des entreprises, où le rapport de force est systématiquement défavorable aux salariés. C’est un non sens économique, parce qu’il n’est pas prouvé que cette loi créera de l’emploi. C’est enfin un non sens politique: quand on se dit de gauche, quand on s’estime progressiste, je ne vois pas comment on peut soutenir un tel texte.

    Illustration Parti socialiste/flickr/CC Ce contenu est librement disponible sous les termes juridiques simples Sans langue de bois

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