• Quand les amis de Sarkozy voudraient faire croire que sa mise en examen prouve son honnêteté

    Quand les amis de Sarkozy voudraient faire croire que sa mise en examen prouve son honnêteté

    CategoriesQuand les amis de Sarkozy voudraient faire croire que sa mise en examen prouve son honnêteté. À en croire les proches de l’ancien chef de l’État, la mise en examen de Nicolas Sarkozy tiendrait presque du soulagement, voire d’une séquence positive pour le probable futur candidat à la présidentielle de 2017. Plus c’est gros, plus ça passe ? Selon Hugo Valerine du magazine Marianne.

    Pour un peu, être mis en examen serait cool.  Et ouvrirait une voie royale pour tout (re)présidentiable en puissance. C’est peu ou prou le message que tentent de faire passer les proches de Nicolas Sarkozy sur les réseaux sociaux depuis pour le chef de "financement illégal de campagne électorale (la présidentielle de 2012, ndlr), pour avoir en qualité de candidat dépassé le plafond légal de dépenses électorales". L’ex-chef de l’Etat, entendu toute la journée par le juge financier Serge Tournaire, est en effet mis en cause pour avoir pulvérisé ce montant autorisé de 22,5 millions d’euros.

    Gros coup dur pour celui qui ne cache guère sa volonté de se représenter en 2017 ? Non, bien au contraire, tweetent en cœur ses soutiens, à l’aide d’éléments de langage d’ailleurs directement postés en ligne – pourquoi se fouler – par le sénateur de Paris Pierre Charon : 

    Avec un poil moins gros dans la main, Edouard Courtial, député de l’Oise et fidèle sarkozyste, prend la peine de recopier le texte dans son tweet :

    Tout va bien donc pour le futur candidat dont la "probité " et "l’honnêteté" seraient, alors même qu'il est passible d'un procès en correctionnelle, "très justement rétablies". Du coup, la mer s’ouvre comme par miracle pour l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, avec vue dégagée sur 2017 ! 

    Dans un grand numéro de contorsionnisme, les proches de Nicolas Sarkozy veulent absolument marteler le fait que leur poulain n’a été mis en examen que pour dépassement de compte de campagne, hors de tout lien avec la fameuse et infamante affaire Bygmalion. Comme si l'un valait bien mieux que l'autre et surtout, comme s'il n'y avait aucun rapport entre les fausses factures de Bygmalion et le fait, justement, de devoir financer par des biais présumés crapuleux une campagne dont le plafond a (illégalement) été explosé

    Autre technique de com’ : faire croire que le statut de témoin assisté blanchit celui qui en fait l'objet. Quand bien même on parle, comme dans le cas de l’ancien président de la République, des chefs d’usage de faux, escroquerie et abus de confiance. Mais le témoin assisté est celui "à l’encontre duquel il existe des indices rendant vraisemblable qu’il ait pu participer à la commission des infractions dont le juge est saisi". Pas des indices suffisants, certes, pour le mettre en examen, mais assez pour s'en garder la possibilité.

    Faisant fi de tous arguments juridiques, d'autres jugent indispensable de rappeler que Nicolas Sarkozy, forcément, est victime d’une vaste machination juridico-politique. Pour cela, l'ex-chef de l'Etat peut toujours compter sur le fidèle député et président du département des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti. Une théorie du complot validée par le patron de Valeurs actuelles, Yves de Kerdrel :

    En dernier recours, le secrétaire général adjoint des Républicains Sébastien Huyghe tente tout simplement d’éclabousser la concurrence avec le scandale de son parti, en balançant tranquillement de accusations purement gratuites, et diffamantes :

    Ce "non-événement" passé, donc, et en attendant les développements futurs de la procédure, les proches de Nicolas Sarkozy peuvent déjà commencer à rédiger de nouveaux éléments de langage pour la prochaine étape judiciaire de leur grand persécuté : le 22 mars, la Cour de cassation doit se prononcer sur . Si la procédure est validée, un procès pourrait avoir lieu dans les mois à venir. On a hâte de lire en quoi cela prouverait que Nicolas Sarkozy est blanc comme neige…

    La Sarkozie vue du code pénal: 32 personnes mises en cause

    Outre les deux mises en examen qui visent l’ancien président de la République, 32 proches de Nicolas Sarkozy sont mis en examen ou condamnés par les juges anticorruption dans une douzaine de dossiers politico-financiers différents selon le journaliste Fabrice Arfi de mediapart.

    Nicolas Sarkozy est un homme en bande organisée. Et la bande est grande, de plus en plus grande. Outre les deux mises en examen qui visent actuellement l’ancien président de la République à titre personnel (dans l'affaire Bismuth et pour financement illégal de campagne électorale), 32 de ses proches sont également mis en cause par les juges anticorruption dans une douzaine de dossiers politico-financiers différents, selon le dernier décompte de Mediapart.

    Il y a, dans la liste, de tout : d'anciens ministres, des avocats, des policiers, des conseillers, des hommes d’affaires… Au fil des dossiers d’instruction, ballotés entre les concepts juridiques de « corruption », « trafic d’influence », « blanchiment », « favoritisme » ou « escroquerie en bande organisée », jaillit la description d’un système politico-financier d’une ampleur inégalée sous la Ve République.

    De deux choses l’une : soit Nicolas Sarkozy et tous ceux qui composent ou ont composé à un moment donné la Sarkozie sont victimes du plus grand complot judiciaire de l’histoire de France ; soit le sarkozysme peut s’entendre dans les mots de Jean Gabin, dans Le Président : « Ce n’est pas un parti, c’est un syndicat d’intérêts. » Celui-ci fut à la tête du pays pendant cinq ans.  

    Voici, par ordre d’affinités, la liste des 32 :

    Dans l’affaire Bygmalion, qui porte sur un système de fausses factures ayant permis de masquer l’explosion des comptes de campagne de Nicolas Sakrozy en 2012, on trouve le préfet Guillaume Lambert (directeur de campagne), le député européen Jérôme Lavrilleux (directeur adjoint de la campagne), l’avocat Philippe Blanchetier (président de l’association de financement de la campagne), Philippe Briand (trésorier de la campagne), Éric Césari (ancien directeur général de l’UMP), Fabienne Liadzé (ancienne directrice financière du parti), Pierre Chassat (directeur de la communication du parti).

    Dans le volet non ministériel de l’affaire Karachi, qui porte sur un vaste système de commissions occultes sur les ventes d’armes de l’État français, on trouve Thierry Gaubert (ancien conseiller ministériel de Sarkozy à Bercy), Nicolas Bazire (ancien directeur de cabinet de Balladur à Matignon et témoin de mariage de Sarkozy), Ziad Takieddine (marchand d’armes préféré des balladuriens). 

    Dans l’affaire des sondages de l’Élysée, qui porte sur des marchés dispendieux sans mise en concurrence, on trouve Patrick Buisson (ancien conseiller à l’Élysée), Emmanuelle Mignon (ancienne directrice de cabinet à l’Élysée), Julien Vaulpré (ancien conseiller “opinion” du président), Pierre Giacometti (sondeur chouchou de Sarkozy), Jean-Marie Goudard (publicitaire, inventeur du slogan sarkozyste “Ensemble, tout devient possible”).

    Dans le dossier du Kazakhgate, une affaire de corruption et de trafic d’influence sur fond de vente d’hélicoptères au Kazakhstan supervisée par l’Élysée, on trouve l’ex-sénateur Aymeri de Montesquiou (ancien représentant personnel de Sarkozy) et Jean-François Étienne des Rosaies (ancien conseiller diplomatique du président).

    Dans l’affaire Bismuth, qui porte sur des faits de corruption et de trafic d’influence, on trouve Me Thierry Herzog (l’avocat personnel de Nicolas Sarkozy) et le magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert.

    Dans l’affaire de l’arbitrage truqué ayant alloué plus de 400 millions d’euros à Bernard Tapie, on trouve, outre le célèbre homme d’affaires, l’ancienne ministre de l’économie et actuelle présidente du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, renvoyée depuis pour être jugée devant la Cour de justice de la République.

    Dans l’affaire Bettencourt, qui, elle, a été jugée (voir notre analyse après la relaxe d'Éric Woerth), on trouve les homme d’affaires Stéphane Courbit (proche de Sarkozy) et Patrice de Maistre (ancien membre du Premier cercle de l’UMP).

    Dans l’affaire Balkany, qui porte sur un système de dissimulation fiscale et de corruption, on trouve outre les élus de Levallois-Perret Patrick et Isabelle Balkany, l’avocat Me Arnaud Claude, associé historique de Nicolas Sarkozy, soupçonné par les juges d’avoir participé aux montages frauduleux dans les paradis fiscaux.

    On peut également citer l’ancien secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant, condamné avec le préfet Michel Gaudin dans l’affaire des primes en liquide du ministère de l’intérieur et actuellement mis en examen dans l’affaire Kadhafi. Mais aussi Bernard Squarcini, qui a été condamné dans l’affaire des fadettes d’un journaliste du Monde, le sénateur et industriel Serge Dassault, mis en en examen dans l’affaire de corruption électorale à Corbeil-Essonnes, le préfet Alain Gardère, mis en examen dans une autre affaire de corruption, ou encore Guy Wildenstein, ancien représentant de l’UMP mis en examen et renvoyé pour être jugé dans une gigantesque affaire de fraude fiscale.

    Sans parler de l’ancien conseiller diplomatique de l’Élysée Boris Boillon qui, bien que non mis en examen, avait été arrêté avec plus de 350 000 euros en liquide gare du Nord en juillet 2013 – nous ne l’avons pas comptabilisé dans les 32.

    En 1995, dans Au bout de la passion, l’équilibre (Albin Michel), un livre d’entretiens avec le journaliste Michel Denisot, Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget, faisait part de ses graves préoccupations sur les questions de moralité publique. À l’époque, la chronique de France était déjà rythmée par le bruit des “affaires” (Carrigon, Noir, HLM de Paris…). « Pour la première fois depuis très longtemps dans l’histoire politique française, les affaires sortent », affirmait alors Sarkozy. Il ajoutait : « Jamais un gouvernement n’a laissé agir la justice dans une telle indépendance. Nous sommes en train de purger le système. Il devrait en résulter une plus grande confiance dans nos institutions. » Pas si sûr.

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