• Réseaux sociaux : quand les responsables politiques n’ont pas lu la notice

    Réseaux sociaux : quand les responsables politiques n’ont pas lu la notice

    CategoriesRéseaux sociaux : quand les responsables politiques n’ont pas lu la notice. Mardi, l’équipe de François Hollande s’est décidée à tester Periscope, la nouvelle application à la mode. Résultat ? Un énorme fiasco. L’occasion de revenir sur les plus grosses bévues de la politique 2.0.

    C’est un peu le conflit de génération. La plupart des responsables politiques à l’échelle du globe sont nés dans un monde dépourvu d'internet ou de smartphones. Ils ont fait leurs premières armes sans Facebook, Twitter et autres Periscope. Mais comment ignorer ces outils devenus armes de communication ? Hors de question lorsque l’on ambitionne de convaincre les foules. Alors doucement mais sûrement, nos hommes et femmes de pouvoir se sont mis à jouer du clavier… et du tactile. Mais parfois, les choses ne se passent pas comme prévues. L’utilisation de ces nouvelles technologies ne se fait pas sans accrocs. RT France vous a listé cinq «fails» de politiques qui n’ont pas bien lu la notice.

    François Hollande se fait étriller sur Periscope

    Avant de se lancer dans un test grandeur nature, l’équipe qui gère la communication de François Hollande aurait dû mieux se familiariser avec Periscope. Mardi, le chef de l’Etat rencontrait les salariés de Showroomprivé. L’occasion de diffuser l’échange en direct. Sauf que sur l’application vidéo, les commentaires s’affichent sur l’écran et restent. Même lorsque l’on regarde à nouveau l’enregistrement.

    Des internautes se sont demandés si le président était «venu en scooter». Il s’est vu affubler du doux surnom de «flambie». D’autres se sont montrés plus virulents : «On est en guerre et il tchat», «Vivement 2017 que le menteur à teinture dégage» faisaient partis des saillies repérées.

    Le pauvre community manager a bien tenté de filtrer les commentaires assassins. Mais submergé par le flot, il a vite dû se rendre à l’évidence. Le bad buzz était à la sortie. Le plus fou dans toute cette histoire reste encore le manque de maîtrise de l’outil. Un simple clic aurait suffi à éviter le désastre. Periscope permet de restreindre les commentaires à ceux que l’on «follow». Autrement dit, peu de comptes dangereux pour l’Elysée.

    David Cameron suit une agence de call-girls de luxe

    En novembre 2013, David Cameron s’est retrouvé dans l’embarras. Son compte Twitter suivait une agence d’escort girls de haut vol. Carltons of London's proposait «les plus belles» call-girls de luxe pour «les gentlemen distingués». Pas sûr que le chef du gouvernement ait apprécié le compliment.

    Pour se justifier, le service de communication du 10 Downing Street a rejeté la faute sur un système datant de 2009. A l’époque, la maîtrise de Twitter semblait faire défaut. L'algorithme suivait en retour tous les comptes qui s’abonnaient au Premier ministre.

    L’héritage de cette stratégie plutôt étrange avait fait monter le nombre de comptes suivis aux alentours de 370 000. Depuis, elle a bien sûr été abandonnée et un tri massif a pu être effectué. Pas sûr que les agences de filles de charme soient toujours dans la liste.

    Obama s'abonne à un faux compte de David Cameron

    Si l’agence d’escort girls a réussi à mettre la main (virtuellement) sur David Cameron, Barack Obama a eu un peu plus de mal. En 2015, il décidait de «follow» sur Twitter celui qu’il appelle «son frère». Les deux hommes sont connus pour être très proches. Pourtant, quand le locataire de la Maison Blanche s’est abonné au compte @DavidCameron il n’a pas pu montrer son affection au chef du gouvernement anglais. Le président américain a suivi un habitant de l’Oregon fan de Star Trek ! Peut-être que la prise en compte de la différence entre nom du compte et personne aurait pu aider à éviter cette bévue. Qui sait ?

    Une erreur vite réparée qui a eu le mérite d’amuser des deux côtés de l’Atlantique et de donner une belle surprise à l’homonyme du leader britannique. Imaginez-vous vous réveiller, allumer votre téléphone et constater qu’un des hommes les plus puissants du monde vous a suivi sur Twitter. Une bonne manière de commencer la journée avec une certaine dose de confiance !

    Le député PS et son «loulou d’amour»

    Le 16 novembre 2015, un député PS du Pas-de-Calais venait nous offrir une bonne dose de rire dont le pays avait grandement besoin. Guy Delecourt n’avait visiblement pas saisi toutes les subtilités de Twitter. Alors qu’il était en déplacement au château de Versailles pour le Congrès exceptionnel convoqué par le président suite aux attentats, il a souhaité donner de ses nouvelles à sa compagne.

    Un jolie message d'amour. © Capture d'écran du site : www.gqmagazine.fr Un jolie message d'amour. 

    Problème, il a publié le message sur son compte à la vue de tous. Les twittos ont pu se sentir rassurés pour «loulou d’amour» qui avait bien eu des nouvelles de son Guy. Ce «fail» plutôt mignon a déclenché une véritable vague de guimauve sur le réseau aux gazouillis. Trois jours après les sanglants attentats de Paris.

    Hillary Clinton et l'«email-gate»

    Parfois, le manque de maîtrise sur le web peut avoir des conséquences plus fâcheuses. Demandez à la candidate à la Maison Blanche. En mars 2015, Hillary Clinton s’est retrouvée dans l’oeil du cyclone. LeNew-York Times révélait que durant ses quatre ans à la tête de la diplomatie américaine, elle a utilisé une adresse mail personnelle pour ses échanges. Une méthode qui l’exposait aux risques de piratages et donc à la mise en danger de la sécurité nationale. «Ses assistants n’ont pris aucune mesure, à l’époque, pour faire protéger ses courriels personnels sur les serveurs du département d’Etat comme l’impose la loi fédérale sur l’archivage des données» expliquait à l’époque le quotidien.

    Négligence ou stratagème visant à contourner les règles de transparence en vigueur ? Reste que cette affaire n’en fini plus de lui causer du tord. Ses adversaires, Donald Trump en tête, ne se privent pas de l’attaquer sévèrement. De là à lui coûter quelques précieuses voix, il n’y a qu’un pas.

    Certains de ces échanges ont fait les choux gras de la presse. Critiques acerbes de David Cameron, révélations sur les motivations réelles de Nicolas Sarkozy en Libye, ils représentent une mine d’or pour comprendre le fonctionnement de la diplomatie américaine. Une publicité dont se seraient bien passés l’Oncle Sam et sa championne démocrate.

    Illustration Jean-Marc Ayrault/flickr/CC Ce contenu est librement disponible sous les termes juridiques simples Sans langue de bois

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