• Saint-Denis : un prof de la Sorbonne va porter plainte pour «agression» contre des policiers

    Saint-Denis : un prof de la Sorbonne va porter plainte pour «agression» contre des policiers

    CategoriesSaint-Denis : un prof de la Sorbonne va porter plainte pour «agression» contre des policiersIl devrait porter plainte mardi. Avoir été «insulté» et avoir reçu un coup de taser de policiers jeudi soir, un enseignant de la Sorbonne a dénoncé lundi soir lors d'une conférence de presse avoir été «agressé». Son tort ? Avoir filmé «l'interpellation d'une femme noire» à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Selon le site d'informations en ligne Mediapart, outre la plainte, l'enseignant-chercheur devrait saisir le Défenseur des droits.

    Guillaume Vadot, 28 ans, a raconté avoir été témoin, à la sortie du RER D, de «l'interpellation d'une femme noire» par des policiers. Selon lui, la femme «poussait des cris stridents de douleurs à cause des menottes», pour ce qu'il a interprété être, à l'origine, «un problème de ticket». Il décide alors de filmer la scène, à l'aide de son téléphone portable selon le Parisien. C'est là qu'il raconte s'être trouvé «nez à nez avec un agent de police», qui l'informe qu'il va procéder à «un contrôle d'identité». Cette scène avait d'abord décrite de manière anonyme sur le compte Facebook d'un maître de conférence de la Sorbonne. Le récit, censuré par le réseau social, a depuis éte repris sur un blog de Mediapart.

    Deux vidéos «effacées»

    Guillaume Vadot dit avoir été alors immobilisé contre une porte par des policiers qui, selon lui, l'ont «insulté» et ont menacé de le «tuer». Il a dit avoir reçu des coups notamment à la cheville et à la cuisse, ainsi qu'une décharge de taser au niveau du bras, les policiers lui demandant «si ça piquait». Il a évoqué également «des attouchements répétés aux fesses», rapporte «Libération». Avant de le relâcher, un des policiers a pris soin d'«effacer les deux vidéos» que l'enseignant venait de prendre, a-t-il poursuivi.

    Interrogée, la préfecture de police (PP) a confirmé qu'un contrôle avait été effectué ce soir-là. «Des vérifications sont en cours pour vérifier si les faits décrits peuvent correspondre à cette interpellation», a-t-elle ajouté. «Le cas échéant, la préfecture de police saisira l'IGPN (Inspection générale de la police nationale, NDLR) pour faire la lumière sur les circonstances», a précisé la PP.

    Disant ne pas avoir voulu porter plainte, pour ne pas avoir à le faire auprès du commissariat auquel sont rattachés les agents qui, selon lui, l'ont agressé, Guillaume Vadot a précisé s'être rendu chez un médecin. «Ce qui est arrivé à mon avis est banal. Ce qui n'est pas banal, c'est que ça me soit arrivé à moi», a dit l'enseignant.

    Lundi, l'enseignant s'est exprimé dans les bureaux du VIIIe arrondissement parisien de son avocat Slim Ben Achour, mais aussi de sa directrice de thèse à Paris-I Panthéon-Sorbonne et d’Alain Krivine, figure du NPA et fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), précise «Libération» sur son site. Il espère retrouver la femme entravée. Son conseil a de son côté évoqué «un souhait de policiers de détruire toute preuve d'un contrôle qui s'avère illégal».

    Des vérifications en cours

    Interrogée par l'Agence France-Presse (AFP), la préfecture de police (PP) a confirmé qu'un contrôle avait été effectué ce soir-là rapporte BFMTV. "Des vérifications sont en cours pour vérifier si les faits décrits peuvent correspondre à cette interpellation", a-t-elle ajouté. "Le cas échéant, la préfecture de police saisira l'IGPN (Inspection générale de la police nationale, NDLR) pour faire la lumière sur les circonstances", a précisé la PP.

    Disant ne pas avoir voulu porter plainte, pour ne pas avoir à le faire auprès du commissariat auquel sont rattachés les agents qui, selon lui, l'ont agressé, Guillaume Vadot a précisé s'être rendu chez un médecin. 

    "Ce qui est arrivé à mon avis est banal. Ce qui n'est pas banal, c'est que ça me soit arrivé à moi", a dit l'enseignant. 

    Me Slim Ben Achour, son avocat, a de son côté évoqué "un souhait de policiers de détruire toute preuve d'un contrôle qui s'avère illégal".

    "ON VA TE VIOLER..."

    En l’espace d’un instant, il est brusquement mis de côté par deux des nombreux policiers. C’est là que les choses dérapent. "Ils se mettent à deux sur moi, chacun me faisant une clé à l’un des bras. Une douleur énorme me traverse les articulations. J’ai les deux bras torsadés dans le dos, avec ces deux hommes dans des positions qu’ils ont apprises, qui pèsent de toute leur force pour me plaquer contre le mur."

    Vadot dépeint les deux agents comme "surexcités" : "Crânes rasés, les yeux brillants, j’ai du mal à croire que la scène qui suit est réelle. «On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer, je te crève là sur place dans dix minutes». Et au fur et à mesure que les cartilages s’étirent sous la torsion, ils remontent mes poignets dans mon dos, et augmentent la torsion. Celui de gauche me met la main sur les fesses. «T’as cru que t’allais jouer avec la police ? Regarde comme on va jouer avec toi». Et il me met une première béquille. Puis il remet sa main sur mes fesses. Avec les clés de bras, je ne peux plus respirer normalement." Nouvelle béquille, les menaces se poursuivent "On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police", lui lâche l’un deux. "« Maintenant on va te mettre des coups de taser, tu vas voir comment ça pique ». Et, toujours celui de gauche, m’envoie une décharge dans le bras. Je sursaute, et je me mets à trembler."

    UNE PLAINTE BIENTÔT DÉPOSÉE

    D’autres insultes et menaces fusent encore, relate l’enseignant : "«T’es prof ? Quand l’État islamique viendra à la Sorbonne tu vas les regarder en te branlant ». Celui de gauche : «Regarde-moi sale pédé. Sale pute. Tu habites là-bas hein ? (il montre mon immeuble). Je vais venir chez toi, je vais mettre une cagoule et je vais te violer »." Jusqu’à ce que les policiers, après l’avoir forcé à déverrouiller son téléphone et à effacer les photos, repartent en courant.

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

    Source URL de l'article

    "Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d'auteurs et d'organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens."

    Categories

    « L'Union européenne distribue des cartes de paiement aux migrants en TurquieDécouvrez les 7 premières minutes du film qui s'oppose au nouvel ordre mondial »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , ,