• Tout savoir sur le salaire à vie

    DR - Nuit Debout

    CategoriesTout savoir sur le salaire à vie. SALAIRE A VIE Le 22 mai dernier la commission Économie politique recevait Bernard Friot, économiste, sociologue et professeur émérite, théoricien du salaire à vie. Gazette Debout a rencontré Stéphane, de l’association Réseau salariat, qui nous explique en quoi consiste ce salaire à vie.

    Le salaire à vie implique un bouleversement des choix politiques, des choix de société, des modes de production et la sortie du capitalisme. Une vraie révolution. Le principe est d’instaurer un droit politique qui nous reconnaît tous comme producteurs de valeur économique, d’où la mise en place d’un salaire à vie.

    Le salaire s’échelonnerait entre 1 500 et 6 000 euros selon les qualifications. Ces qualifications ne sont pas des diplômes, mais la reconnaissance d’un niveau de production de valeur économique. Comme pour les conventions collectives, sauf que les qualifications ne sont plus attachées au poste de travail, mais à la personne. Celle-ci devient propriétaire à vie de sa qualification, qui ne pourra qu’augmenter.

    La détermination de qui crée la valeur économique est un choix de société, car la création de valeur économique est politique. Cela n’a rien de naturel. Par exemple, la rédaction d’un compte rendu de réunion est aujourd’hui rémunérée en entreprise mais pas en association, alors que le contenu du travail est le même. Le salaire irrévocable attaché à la personne, et donc à vie, reconnaît nos activités comme étant du travail, et donc abolit de fait le chômage. Nous manquons d’emploi, mais sûrement pas de travail.

    Aujourd’hui le capital dans l’entreprise ponctionne notre production, mais puisque nous seuls créons la valeur, le salaire à vie propose d’y mettre fin en instaurant la propriété d’usage de nos outils de travail. La propriété lucrative est ainsi abolie.

    Quid de l’investissement, dans ce nouveau système ? L’investissement par crédit bancaire est remplacé par des subventions. Comment finance-t-on ? Actuellement, le PIB est de 2000 milliards environ dont 60% sont attribués aux salaires et 40% aux profits; sur ces 40%, une part est réinvestie, le reste constitue les dividendes et l’épargne.

    Dans le système mis en œuvre avec le salaire à vie, le travailleur serait payé par une caisse des salaires. Les entreprises cotiseraient à cette caisse sur leur valeur ajoutée. 60% iront aux salaires, 30% aux investissements et 10% pour les coûts des services publics gratuits comme les transports, l’énergie, le logement, etc.

    Ainsi, en cas de projet de création d’entreprise, la caisse le financera sans demander à être remboursée car elle fait le pari de la création de valeur future, comme les banques actuelles. Et ça peut marcher ! Si révolutionnaire que le système puisse paraître, il s’inspire pourtant d’un exemple qui a fait ses preuves : notre régime général de sécurité sociale créé en 1945. Ces grandes caisses et leurs cotisations sociales étaient gérées par les salariés eux-mêmes, ils ont géré jusqu’à l’équivalent d’une fois et demie le budget de l’État.

    La mise en œuvre du salaire à vie serait possible dès demain : on sait déjà le faire. Reste à convaincre nos hommes politiques. « Pour ce faire, l’éveil des consciences est nécessaire, d’où l’association Réseau salariat », conclut Stéphane.

    par Magalie

    Illustration Nuit Debout / DR Sans langue de bois

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