• Un aberrant désir de guerre

    CategoriesUn aberrant désir de guerre. Le pire n’est jamais garanti dit-on. Certes. Sauf que c’est exactement ce que l’on devait dire avant le déclenchement de la Première, puis de la Deuxième guerre mondiale remarque le portail entre filets.

    Et persiste pourtant cette sorte de naïveté qui fait penser à beaucoup que non, finalement non, «plus jamais ça», plus jamais 20 puis 60 millions de morts au nom de la Patrie, c’est-à-dire pour le profit des industriels et des banksters. Or depuis le coup d’Etat perpétré en Ukraine par les barbouzes de l’OTAN, l’Empire US et ses laquais européens n’ont eu de cesse de créer toutes les conditions d’une guerre majeure contre la Russie (et donc la Chine), utilisant parallèlement toute la vermine médiatique aux ordres de part et d’autre de l’Atlantique pour préparer les peuples à l’inéluctable, à l’indicible, en leur assénant quotidiennement leur dose de haine antirusse. Et les menaces ne cessent de gagner en intensité. Sans parler de l'épisode dérisoire d'un Flanby voulant traîner le Président russe devant la CPI, le Général Mark Milley, chef d’état-major de l’US Army, vient ainsi de déclarer à l'adresse de Moscou: «Je veux être clair pour ceux qui, dans le monde entier, veulent détruire notre façon de vivre, nous vous détruirons» ["We will beat you harder than you have ever been beaten before"] (1). Plus que jamais, le Bloc atlantiste sous commandement US est ainsi saturé d’un aberrant désir de guerre que renforce en lui l’évidence de son déclin.

    La peur du vide

    Deux facteurs principaux se conjuguent et se nourrissent l’un de l’autre pour pousser l’Empire US à vouloir affronter la Russie. D’une part, la restauration de la puissance russe et la crainte grandissante de voir s’opérer à terme une jonction entre Paris, Berlin et Moscou, alliance qui éjecterait de facto l’Empire de l’Eurasie (2) en lui coupant du même coup les vivres, notamment énergétiques.

    Le deuxième facteur étant bien sûr le déclin de l’Empire lui-même, déclin dont l’accélération exponentielle ravage désormais toutes les structures sociales, économiques, militaires et politiques. Menacé de banqueroute, de guerre civile, de dislocation ou des trois à la fois, l’Empire est aux abois. De par son caractère explosif avec le seul choix entre une folle ardemment prête pour la guerre nucléaire et un trublion mondialement conspué, l’élection présidentielle à venir ne fera d’ailleurs qu’intensifier le mécanisme d’autodestruction en cours. Mais quoi qu’il en soit l’Empire n’entend manifestement pas mourir dans son lit (3).

    Les canons prêts à «entamer leur rouge labeur»

    Sur l’échiquier planétaire, le grand jeu prend dès lors une allure de plus en plus sinistre. L’Otan tient littéralement la Russie en tenailles et a déployé des dizaines de milliers d’hommes ainsi qu’un fantastique arsenal en Europe de l’Est. En Roumanie, les Etats-Unis viennent même d’inaugurer une installation de lance-missiles conçue pour une attaque nucléaire de première frappe. Du côté de la Mer de Chine, Washington souffle en même temps sur toutes les braises possibles entre Pékin, Taipeh, Tokyo, Séoul et Pyongyang.

    Mais c’est d’une Syrie déjà ravagée par les flammes que se propagera manifestement l’incendie. L’Empire US et ses laquais y entretiennent sciemment une boucherie depuis plus de 5 ans, s’associant aux pires groupes terroristes qu’ils prétendent combattre, avec pour seule obsession de renverser Bachar al-Assad, et contrer ainsi la Russie et ses alliés iraniens ou du Hezbollah libanais.

    En face, Vladimir Poutine avance méthodiquement ses propres pions, apparemment convaincu que l’Empire US est bel et bien décidé à l’affrontement final. Dans l’enclave de Kaliningrad, Moscou a donc déployé des missiles Iskander à capacité nucléaire. Dans ses deux bases syriennes, ses systèmes anti-missiles S300V4 «Antey-2500» (4) sont désormais opérationnels et sont capables de détruire aussi bien les avions prétendument furtifs des américains que leurs vieux missiles de croisière Tomahawk.

    En attendant l’étincelle

    Tout est donc en place pour le grand suicide final et ne manque que l’étincelle.

    Or en matière d’étincelle, la bataille d’Alep en cours pourrait bien faire l’affaire. Devant l’efficacité de l’offensive lancée conjointement par le Président syrien et la Russie, le Bloc atlantiste est passé en mode panique. Pour protéger ses gentils terroristes qui s’y font littéralement désosser, l’Empire menace désormais de frapper directement les troupes du Président syrien. Or les Russes ont déjà prévenu qu’en ce cas ils riposteraient immédiatement (5).

    Un affrontement direct entre les deux principales puissances nucléaires de la planète est donc désormais envisagé de part et d’autre (6).

    Pour mémoire, la Première Guerre mondiale a coûté la vie à 1,15% de la population mondiale.

    La Deuxième guerre mondiale a coûté la vie à 2,5% de la population mondiale.
    Rapporté en 2016, ce pourcentage correspond à 200 millions de morts.

    Se détacher de l’Empire, vite

    Le pire n’est jamais garanti, dit-on. C’est vrai. Mais il est toujours possible. Et le présent texte n’a d’autre ambition que de le rappeler.

    Car nous avons atteint aujourd’hui un point qui n’est peut-être pas encore celui du non-retour, mais qui commence à y ressembler fortement.

    Reste à savoir si dans un Bloc occidental où la pègre dirigeante et son clergé médiatique semblent désormais possédés par le désir de guerre, les peuples accepteront une nouvelle fois d’être conduits à l’abattoir sans broncher.

    En Europe, sur 500 millions d’âmes, seule une poignée de riches hallucinés placés aux postes clés sont prêts à suivre l’Empire US dans sa folie suicidaire.

    N’est-il pas devenu urgent de les congédier ?

    "Nous abattrons" les avions américains: la 3e Guerre mondiale a déjà commencé... à la télévision russe

    Troisième Guerre mondiale n'aura probablement pas lieu mais pour quiconque allume son téléviseur en Russie, elle a déjà commencé selon Dakaractu.

    Sur la première chaîne d'Etat, c'est le présentateur de l'émission phare du dimanche soir qui annonce que les batteries antiaériennes russes en Syrie vont "abattre" les avions américains. Sur la chaîne d'informations en continu Rossia 24, c'est un reportage sur la préparation des abris antinucléaires à Moscou. A Saint-Pétersbourg, le site d'informations Fontanka croit savoir que le gouverneur veut rationner le pain pour une future guerre malgré les explications des autorités qui affirment vouloir simplement stabiliser le prix de la farine. 

    Et à la radio, on discute des exercices de "défense civile" mobilisant, selon le ministère des Situations d'urgence, 40 millions de Russes pendant une semaine. Au programme: évacuations d'immeubles et exercices d'incendie. Pour celui qui aurait éteint son téléviseur pour se promener dans les rues de Moscou, il est fort possible de tomber sur un des immenses graffitis "patriotiques" des artistes pro-Poutine de l'organisation "Set" qui tapissent désormais les immeubles comme cet ours, symbole de la Russie, distribuant des gilets pare-balles à des colombes de la paix.

    La rupture des négociations entre Washington et Moscou

    La cause d'une telle fièvre, de cet emballement pour l'imminence d'une "Troisième guerre mondiale"? La rupture le 3 octobre des négociations entre Washington et Moscou sur le conflit syrien après l'échec d'un cessez-le-feu que les deux puissances avaient âprement négocié à Genève en septembre. Dans la foulée, les bombes russes et syriennes ont transformé Alep en "enfer sur Terre" selon l'ONU et suscité les critiques des Occidentaux.

    Syrie: Poutine accusé de "crimes de guerre" par la France...

    Sur le terrain, l'armée russe a continué la semaine à faire cavalier seul en déployant sur sa base navale, dans le port syrien de Tartous, des batteries antiaériennes S-300 aptes à détruire des avions de chasse, mais aussi en envoyant des corvettes équipées de missiles pouvant, en théorie, couler des navires de guerre. Autrement dit, une démonstration de force visant, non pas les jihadistes ou les rebelles syriens, mais bien la Marine et les avions américains.

    "Nous abattrons" les avions américains

    A Moscou, où les journalistes russes et occidentaux se lèvent et se couchent en recevant les communiqués du ministère russe de la Défense, le climat de confrontation est relayé, amplifié par les médias. Le porte-parole de l'armée russe, le général Igor Konachenkov, adresse ses mises en garde à la Maison Blanche, au Pentagone, au Département d'Etat.

    "Je rappelle aux stratèges américains que les missiles antiaériens S-300 et S-400 qui assurent la couverture aérienne des bases russes de Hmeimim et de Tartous ont un rayon d'action qui pourraient bien surprendre n'importe quel aéronef non identifié", a-t-il dit le 6 octobre en une menace à peine voilée contre les Etats-Unis.

    Sur l'antenne de la chaîne d'Etat Rossia 1, le présentateur Dmitri Kissilev, également patron de l'agence de presse Ria Novosti, résume la pensée du général Igor Konachenkov pour "les simples gens comme vous et moi": "nous abattrons" les avions américains. Puis il dévoile le "plan B" des Etats-Unis en Syrie. "Le plan B, c'est en gros que les Etats-Unis vont avoir un recours direct à la force contre les forces syriennes du président Bachar al-Assad et contre l'aviation russe", dit-il.

    "La Russie actuelle est plus que prête"

    "Est-ce qu'il faut craindre des provocations? C'est comme cela que les Etats-Unis ont engagé la guerre au Vietnam", conclut M. Kissilev avant de mettre en garde les Occidentaux: les missiles déployés à Kaliningrad, l'enclave russe proche de la Pologne pourraient emporter des têtes nucléaires. "La Russie actuelle est plus que prête, mais avant tout psychologiquement, à la nouvelle spirale de confrontation avec l'Ouest", résume Gueorgui Bovt dans une tribune sur le site d'informations Gazeta.ru.

    "Si la bagarre ne peut pas être évitée, frapper le premier"

    Le politologue envisage deux scénarios, compte tenu par ailleurs des difficultés économiques de la Russie. Le premier, optimiste, où les deux puissances vont "se mettre d'accord sur de nouvelles conditions de coexistence, en gros un Yalta-2", référence au partage des aires d'influence entre les Etats-Unis et l'Union soviétique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Et le scénario catastrophe: la Russie va réagir selon une loi de la rue bien connue: "si la bagarre ne peut pas être évitée, frapper le premier".

    Le monde flirte "dangereusement avec la zone rouge"

    Dans une interview à Ria Novosti, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et initiateur il y a 30 ans à Reykjavik avec le président américain Ronald Reagan du début de la fin de la Guerre froide, prévenait récemment: le monde flirte "dangereusement avec la zone rouge". Et mercredi, premier signe de détente après des jours d'invectives verbales, Moscou annonçait une réunion internationale sur la Syrie samedi à Lausanne qui a déjà des allures pour le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de rencontre de la dernière chance.  

    Notes

    [1] U.S. Army Chief theatens War with Russia

    [2]  Ukraine-Russie: quand l’Empire tombe le masque

    [3] L’empire, le docteur Kübler-Ross et la Syrie

    [4] S300V4 «Antey-2500»

    [5] Syrie: l’ultimatum passif de la Russie aux Etats-Unis, à un cheveu de la guerre

    [6] Généraux américains : un conflit «extrêmement meurtrier» avec la Russie est «quasiment certain»

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