• Une nouvelle historique : 2017, l'année de l'interdiction des armes nucléaires ?

    CategoriesUne nouvelle historique : 2017, l'année de l'interdiction des armes nucléaires ? Mercredi 28 septembre, l'Afrique du Sud, l'Autriche, le Brésil, l'Irlande, le Mexique et le Nigéria ont déposé un projet de résolution à l'Assemblée générale de l'ONU (AGNU) afin d'entamer des négociations pour un traité d'interdiction des armes nucléaires en 2017. Cette résolution historique fait suite à la recommandation émise par un groupe de travail de l'ONU à Genève en août dernier qui avait été adoptée par 107 États rapporte Ican France

    Le ministre des Affaires étrangères autrichien, Sebastian Kurz, avait annoncé qu'il présenterait ce projet de résolution lors d'un discours à l'ONU une semaine auparavant : " le passé montre que la première étape pour éliminer les armes de destruction massive est de les interdire grâce à des normes juridiquement contraignantes." 

    Ce lundi 3 octobre marque l'ouverture de la Première Commission de l'AGNU, qui traite des questions de désarmement. Pendant un mois, seront étudiés et négociés tous les projets déposés par différents États, dont cette résolution intitulée "Faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire". 

    Les armes nucléaires sont les seules armes de destruction massive à ne pas encore être interdites. Ce projet de résolution, qui sera soumis au vote à la fin du mois d'octobre, apporte une solution concrète pour mettre un terme à cette situation. Nous tenons à vous remercier, nous n'avons jamais été si près du but et cela n'aurait pas été possible sans votre engagement et votre soutien.

    DES GOUVERNEMENTS DEMANDENT LA NÉGOCIATION D’UN TRAITÉ D’INTERDICTION

    Un groupe de gouvernements a déposé un projet de résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies pour débuter les négociations d’un traité d’interdiction des armes nucléaires. Le document a été diffusé mercredi par ses principaux parrains, l’Autriche, le Mexique, l’Afrique du sud, l’Irlande, le Brésil et le Nigéria. Il fait suite à la recommandation d’un groupe de travail des Nations Unies au cours duquel la grande majorité des États ont soutenu l’appel aux négociations d’un traité d’interdiction en 2017 précis Ican France.

    Le projet de résolution convoquerait l’organisation d’une conférence des Nations Unies pour « négocier un instrument juridiquement contraignant afin d’interdire les armes nucléaires, menant ainsi à leur élimination totale » qui se déroulerait sur 2 sessions comprenant un total de 20 jours en 2017.

    L’adoption de cette résolution marquerait un tournant sans précédent dans le domaine du nucléaire militaire. Les armes nucléaires sont les seules armes de destruction massive qui ne sont pas encore explicitement interdites par un traité international, à l’inverse des armes chimiques et biologiques. Depuis quelques années maintenant, cela est considéré comme une anomalie et un obstacle à l’avancée du désarmement nucléaire.

    « L’expérience nous montre que la première étape avant même d’éliminer les armes de destruction massive est de les interdire à travers des normes juridiquement contraignantes », a déclaré Sebastian Kurz, ministre autrichien des Affaires étrangères, lors de l’annonce de la résolution à l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York.

    Une féroce opposition à la résolution est attendue de la part des États nucléaires. Ils ont d’ores et déjà envoyé des « démarches », instructions diplomatiques, demandant aux États de retirer leur soutien aux négociations d’un traité d’interdiction. Beaucoup s’attendent à ce que cette pression continue secrètement à être exercée pendant les débats sur la résolution à New York.

    Les négociations du traité d’interdiction vont mettre le groupe d’États qui ne possèdent pas d’armes nucléaires mais qui sont membres d’alliances militaires avec les États qui en possèdent dans une situation très inconfortable. Plusieurs de ces gouvernements ont déjà subi une importante pression interne face à leur opposition à la négociation d’une interdiction des armes nucléaires. L’Australie a récemment vivement été critiquée pour avoir tenté d’entraver la recommandation d’un traité d’interdiction lors des négociations du groupe de travail des Nations Unies à Genève, alors que les gouvernements des Pays-Bas et de la Norvège ont également été réprimandés par leur majorité politique au sein de leurs propres parlements nationaux pour leur opposition au traité d’interdiction.

    « C’est une première historique dans l’histoire de la lutte contre les armes nucléaires. Un traité d’interdiction des armes nucléaires sera d’une importance capitale pour établir un rejet clair et légal de ces armes par la majorité de la communauté internationale. Il a le potentiel de relancer le mouvement du désarmement nucléaire – malgré la résistance déployée par les États qui possèdent des armes nucléaires», a déclaré Béatrice Fihn, directrice exécutive d’ICAN.

    Le vote sur la résolution aura lieu à la fin du mois d’octobre ou au début du mois de novembre.

    Des pressions exercées par la France

    Les puissances nucléaires, dont la France, sont fermement opposées à cette initiative. ICAN France a eu confirmation suite à une réunion avec des conseillers du président de la République et du ministre des Affaires étrangères que la France « envoie des messages faisant part de sa préoccupation concernant l'existence de cette initiative » à divers États. L’agence de presse AP le confirme dans un article publié le mercredi 28 septembre. Selon un diplomate, la France exercerait une pression directe à l’encontre de certains États africains pour qu'ils s'opposent à la résolution. Lire la suite en Anglais

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