• Vous avez dit pouvoir ?

    Vous avez dit pouvoir ?

    CategoriesVous avez dit pouvoir ? L'éditorial de Patrick Apel Muller : "comment se réclamer de la gauche sans la défigurer quand on déverse des tombereaux d’or sur le grand patronat, quand on prône la déchéance de nationalité et qu’on veut créer des sous-citoyens, quand on s’attelle à la destruction méthodique des protections des salariés..."

    Allez, c’est dit ! François Hollande s’avoue aujourd’hui « social »-libéral dans un entretien à une revue. Et à qui le critique pour ses reniements, il ne sait que répondre : c’est parce que vous refusez « l’idée même d’exercer le pouvoir ». Vieille parade à laquelle Jaurès répliquait déjà : « Non ! La trahison n’est pas la condition suprême du pouvoir.

    Elle n’est pas loi souveraine des démocraties. » Comment en effet se réclamer de la gauche sans la défigurer quand on déverse des tombereaux d’or sur le grand patronat, quand on prône la déchéance de nationalité et qu’on veut créer des sous-citoyens, quand on s’attelle à la destruction méthodique des protections des salariés, quand, après avoir abandonné Florange, on fait mine de découvrir les sinistres projets d’Alstom pour Belfort ?

    Du tréfonds de son impopularité, le président s’est mis en campagne. Son espoir, c’est d’entonner un duo avec Nicolas Sarkozy et, jeudi soir, il attendait avec gourmandise l’émission du rival qu’il s’est choisi. Une telle caricature d’autoritarisme et de climato-scepticisme ferait de François Hollande un moindre mal. Le débat sur l’identité, un climat guerrier, des controverses sur l’État de droit, la stigmatisation des réfugiés permettraient d’éviter les sujets sociaux qui mettent l’Élysée mal à l’aise et la revendication d’égalité qui l’inquiète.

    La quatorzième mobilisation nationale contre la loi El Khomri dément ce rêve. Cette loi de régression sociale est loin d’être appliquée et elle restera tout au long de la campagne électorale comme le rappel de cette rupture avec tous les idéaux de la gauche. Belfort apporte une autre démonstration : aucun crédit n’est accordé aux bonnes intentions présidentielles. Aidons-nous pour forcer le ciel à nous aider !, ont semblé répondre les ouvriers du ferroviaire et la population aux feintes surprises et aux assurances de circonstance délivrées par le pouvoir.

    Leur combat n’est d’ailleurs pas borné à leur protection personnelle. Il vise à garantir l’avenir du rail, la lutte contre le changement climatique, les capacités industrielles de la France et donc son indépendance. Il est d’intérêt général et résolument moderne, loin des vieilles lunes thatchériennes qui prétendent laisser gouverner les fortunes.

    Grand Corps Malade et Richard Bohringer interprètent en live leur duo 'Course contre la honte' dans les Gares de Lyon et de Montparnasse.

    par PATRICK APEL-MULLER

    Illustration CC/flickr termes juridiques simples  Sans langue de bois

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